Jalousie : peut-on s’en sortir ?

"Tu étais où ? Avec qui ? "  Vivre avec un partenaire jaloux, peut très vite tourner au cauchemar. Pourtant il en souffre autant que vous. Comment mettre des limites ? Comment bien réagir ? Le couple est-il voué à l'échec ? Medisite fait le point avec Renaud Da, psychologue clinicien.

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Un couple peut-il vivre sans jalousie ?

La jalousie est tout à fait normale au sein d’un couple. Etre jaloux prouve que l’on tient à l’autre, que l’on a peur de le perdre. Un couple ne peut ainsi pas vivre sans jalousie. "C’est valorisant et stimulant", explique Renaud Da. Le tout est de ne pas laisser la jalousie devenir excessive jusqu’à harceler son partenaire. "La jalousie est une façon d’aimer l’autre. Mais attention ! Trop aimer c’est mal aimer" souligne le spécialiste.

Quelles sont les limites de la jalousie ?

Il arrive que quelques crises de jalousie perturbent l’harmonie du couple. Mais lorsque la personne devient trop possessive et que les crises sont constantes, la jalousie est nocive pour le couple. Pire, elle se transforme en maladie psychologique.
Quand devient-elle malsaine ? "La jalousie est malsaine lorsqu’elle fait souffrir les deux membres du couple et nuit à leur quotidien", explique Renaud Da. Par exemple, "des attitudes intrusives dans la vie de l’autre, des doutes constants, de l’agressivité verbale voire physique, une volonté obsessionnelle de savoir les faits de l’autre", détaille-t-il. Dans ce cas, il vaut mieux consulter un psychologue clinicien ayant de l'expérience sur la prise en charge de ce problème.

Une question de confiance ?

"Tu ne me fais pas confiance !" Si votre partenaire est jaloux(se), ce n’est pas forcément parce qu'il n'a pas confiance en vous (même si cela fait partie des motifs de jalousie). Cela peut venir de l’enfance. "On peut avoir du mal à faire confiance parce que nos parents ne nous faisaient pas confiance", explique le psychologue Renaud Da. "Il arrive aussi qu’on ne se sente pas à la hauteur de l’autre, on voit alors des rivaux(les) partout. Parfois, on doute de pouvoir être fidèle soi-même et on projette ce doute sur l’autre", ajoute notre interlocuteur.
Que faire ? Le mieux est de "trouver un psychologue professionnel du mal-être et des difficultés relationnelles" conseille le spécialiste.

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Se justifier ne sert à rien

"Tu étais où ?" "Avec qui parlais-tu au téléphone ?" Il peut arriver que l’on se pose des questions sur son conjoint. Dans ce cas, se justifier rassure la personne jalouse et permet de retrouver l’harmonie relationnelle. Mais lorsque les questions deviennent intrusives, incessantes et obsessionnelles, elles peuvent faire souffrir l’autre. Inutile alors de chercher à se justifier car cela n’aide en rien la situation. "Plus grave on peut même obtenir l’effet inverse, l’autre va se demander pourquoi on met tant d’énergie à nier une autre relation", explique Renaud Da.

Le risque : pousser l'autre à l'infidélité

Dans un couple, il faut connaître ses limites. Trop surveiller son/sa partenaire risque de l’étouffer. Parfois cela devient un véritable harcèlement qui fait souffrir l’autre. "C’est le meilleure moyen qu’il jette l’éponge et aille voir ailleurs s’il trouve quelqu’un de mieux" prévient Renaud Da. "Parfois cela peut même lui causer des difficultés psychosomatiques comme le mal de ventre ou des troubles du sommeil." Essayez de ne pas en arriver là.

Faut-il rencontrer la personne que l'on jalouse ?

Votre conjoint(e) n’arrête pas de parler d’un(e) collègue ou d’une ami(e) ? Cela fait naître un doute en vous ? Dans le cas d’une situation normale (sans jalousie excessive) et "si tout le monde est d’accord", on peut demander à l’autre de nous le/la présenter, pour apprendre à le/la connaître et rassurer ses angoisses. En revanche, quand la jalousie est déjà omniprésente dans le couple, mieux vaut éviter. "L’obsession peut parfois provoquer des réactions violentes" met en garde Renaud Da.

Arrêter de le/la surveiller

Surveiller son conjoint constamment n’empêche pas le mal ! Il est normal de se poser des questions mais dans un couple chacun doit avoir sa part de jardin secret. "Un peu de distance peut être une solution, laisser l’autre sortir avec ses amis et en profiter soi même pour sortir avec les siens", explique Renaud Da. En revanche, dans le cas d’une jalousie pathologique : le conjoint se crée des scénarios et frôle la paranoïa. Il cherche alors à surveiller son/sa partenaire pour prouver sa culpabilité ou l’inverse.
Que faire ? "Mieux vaut consulter et très probablement faire un travail sur soi-même au cours d’une thérapie", conseille notre interlocuteur.

Ne pas couper les ponts avec son entourage

Garder bon contact avec son ex, ça arrive ! Mais le nouveau conjoint peut être mal à l'aise face à cette situation et préférer que les ponts soient définitivement coupés. "Dans cette éventualité ça reste sain, on peut faire un effort", explique Renaud Da. En revanche, lorsque cela devient excessif, il ne faut pas rentrer dans le jeu d’une personne jalouse. "On ne peut pas accepter d’être pris en otage et faire abstraction de tout le monde" poursuit le spécialiste. Céder c’est non seulement risquer l’isolation mais aussi de rester seul si la relation se termine.

Comment se soigner ?

Vous vivez avec un(e) conjoint(e) excessivement jaloux(se) ? Vous ne devez ni rentrer dans son jeu ni garder votre mal-être pour vous. Même s’il/elle ne le montre pas, un jaloux souffre tout autant de la situation. Parlez-en avec votre conjoint, établissez des limites. En revanche, dans le cas d’une jalousie pathologique "on peut en parler mais mieux vaut entamer une thérapie", conseille Renaud Da, psychologue clinicien.

Sources

Medisite et le docteur Renaud Da, psychologue clinicien www.da-psychologue78.com

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