Le Botox pourrait soigner la dépression !

Les injections de Botox ne feraient pas uniquement disparaître les rides, semble-t-il. Selon une nouvelle étude scientifique, elles pourraient également venir à bout de la dépression. On vous en dit plus !
Le Botox pourrait soigner la dépression !Istock

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime le nombre de personnes souffrant de dépression à plus de 264 millions. On parle de dépression en cas de trouble mental caractérisé par des épisodes de baisse d'humeur, accompagnée d'une faible estime de soi, d'une perte de mémoire ou encore d'une perte ou prise de poids plus ou moins importante.

Pour traiter cette maladie mentale, on a recours à la psychothérapie ainsi qu'aux médicaments antidépresseurs.

Or, les traitements actuels s'avèrent efficaces chez seulement un tiers des patients, d'après les estimations des scientifiques à l'origine d'une nouvelle étude parue dans la revue Nature.

C'est la raison pour laquelle les médecins ont exploré des traitements alternatifs pour soigner la dépression. Il y avait les doses de psilocybine (l'ingrédient actif des champignons psychédéliques), les infusions de kétamine et, plus récemment, on parle des injections de Botox. Des études antérieures menées les 15 dernières années avaient démontré que ces injections pouvaient avoir des effets antidépresseurs. C'est sur le Botox que portait la dernière étude visant à soigner la dépression. Il se trouve que de nouveaux éléments nous permettent de considérer cette alternative comme efficace contre cette maladie.

Dépression : comment le Botox peut-il influer l'humeur ?

Le Botox pourrait venir à bout des expressions faciales négatives situées au sein de la région glabellaire [entre les sourcils et au-dessus du nez, ndlr]. C'est d'ailleurs à cet endroit qu'on reconnaît une émotion négative. Chez l'humain, la glabelle fait partie de l'os frontal et se situe entre les arcades sourcilières, et au-dessus du nez.

Le Botox agit en paralysant les muscles qui activent les sourcils et les font froncer. De précédentes études avaient démontré que les expressions du visage avaient un impact sur le moral (moins on fronce des sourcils -signe d'inquiétude et de soucis- moins on ressent ces sentiments négatifs).

C'est pour cette raison que les précédentes études utilisaient principalement des injections frontales pour tenter de traiter la dépression.

Dépression : 40 % à 88 % de cas en moins au sein du groupe de patients ayant reçu des injections de Botox

Les scientifiques ont mené leur étude sur plus de 45 000 patients. Ils les ont divisés en huit groupes, selon leurs symptômes. On retrouve notamment les rides, les migraines, les spasmes ou spasticité des membres (lorsque les muscles se raidissent ou se contractent et empêchent le mouvement, la parole et la marche), les douleurs au cou, les clignements involontaires des paupières, ou encore la transpiration excessive.

Chaque cohorte a ensuite été séparée en deux groupes, dans lesquels une partie s'est vu administré du Botox et l'autre non.

D'après les résultats, on trouvait 40 % à 88 % de dépression en moins chez les patients ayant reçu des injections de Botox pour traiter la transpiration excessive, les rides du visage, la migraine, la spasticité et les spasmes que chez les personnes ayant subi des traitements différents pour les mêmes symptômes.

"L'effet ne dépend pas du lieu de l'injection"

Contrairement aux études précédentes, les chercheurs se sont aperçus que ce n'était pas nécessairement les injections faites au sein de la région glabellaire qui soulageait la dépression.

"Nous avons constaté que l'effet ne dépend pas du lieu de l'injection", a déclaré Ruben Abagyan, l'auteur principal de l'étude et professeur à la Skaggs School of Pharmacy and Pharmaceutical Sciences de l'Université de Californie à San Diego.

"Les effets du Botox sont fascinants car cela signifie que la dépression peut être guérie avec différents moyens et pas nécessairement par injection dans l'un des muscles faciaux, ce qui peut être indésirable dans certains cas", a ajouté le chercheur.

L'hypothèse des injections faites au sein de la région glabellaire reste néanmoins un "mécanisme plausible et justifié", selon les scientifiques, or, leurs résultats ont aussi suggéré qu'il existait d'autres moyens plus complexes par lesquels le Botox pourrait avoir un effet antidépresseur.

Le Botox pourrait être injecté vers les structures du système nerveux central qui sont impliquées dans la régulation de l'humeur et des émotions. Une précédente étude de 2019 allait déjà dans ce sens et expliquait que le Botox pouvaient modifier l'activité neuronale.

En outre, elle explique aussi que la tension musculaire dans diverses régions du corps est un symptôme courant de la dépression et peut être à la fois une manifestation physique du trouble et un rappel d'une humeur dépressive. Les injections de Botox pour les spasmes musculaires pourraient donc aussi porter leurs fruits.

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