Une revue des études épidémiologiques réalisées entre 2000 et 2018 a permis d’estimer que 1,4% des femmes souffraient d’anorexie au cours de leur vie. Manon, 25 ans, a été l’une d’elles. Elle s’est confiée sur cette terrible maladie et son combat pour s’en sortir dans l’émission Sept à Huit de TF1 du 7 mars 2021.

Manon, anorexique pendant 5 ans : 33 kilos pour 1,60 mètre

En 2016, Manon avait 20 ans et était épanouie. Avec ses 1,60 mètre pour 58 kilos, elle avait une silhouette et un IMC rentrant parfaitement dans les recommandations des professionnels de santé. Et pourtant... perdre du poids est devenu une obsession pour elle. Devant la caméra de l’émission de la première chaine, la jeune femme se rappelle ses heures sombres : "Je me levais, la première chose à laquelle je pensais, c'était aller sur la balance et me dire : 'Ok, je fais ce poids-là, ce soir quand je rentre il faut que j’aie perdu 200 à 500 g.'" Voir les chiffres effectivement diminuer lui procurait un "sentiment ambivalent de pouvoir et de contrôle", "allant à l’encontre de la vie en règle générale".

Réduction des apports nutritionnels, vomissements, médicaments… Les anorexiques utilisent de nombreux moyens pour tenter de contrôler leur poids. "Je ne me faisais pas vomir, mais je prenais des laxatifs, comme une drogue. J’en prenais jusqu’à 90 par jour. Il fallait que cette nourriture s’enlève de mon corps, c’était le seul moyen que j’avais trouvé à ce moment-là", explique Manon. Elle a ainsi perdu plus d’une vingtaine de kilos en quelques mois pour atteindre finalement 33 kilos.


Ses proches ont tenté de l’aider à enrayer sa dangereuse obsession, mais sans succès. À la caméra, la jeune femme confie émue : "Mes parents m’ont soutenu tout le long et heureusement qu’ils étaient là parce que sans eux, sincèrement, je ne serais plus là. Ils se sont battus pour moi. Ma mère m’a dit qu’elle allait tout faire pour me sortir de là". À force de recherche, sa maman trouve, en effet, un établissement adapté à ses troubles alimentaires pouvant l'accueillir. Elle y sera hospitalisée pendant environ 4 mois afin de retrouver un poids moins dangereux pour sa santé.

Une agression au cœur de ses difficultés

Pendant son hospitalisation, il lui a été demandé d’écrire un récit retraçant toute son histoire depuis l’enfance. Il révèle alors un grave traumatisme : "à ce moment-là, j’écris avec une simplicité extrême que j’ai subi des attouchements à l’âge de 10-11 ans. C’était le mari de quelqu’un de proche de la famille. Je n’en ai parlé que plus tard à mes parents, mais jamais je n’arrivais à poser de vrais mots sur ce qu’il s’était passé. Même encore aujourd’hui, c’est difficile. À partir de ce jour-là, j’ai compris que le corps d’une femme, c’était compliqué. Avoir des formes, je n’aimais pas. Le fait de mincir, ça m’enlevait tout, je me sentais plus en sécurité, dans un corps sans forme."

Manon est finalement autorisée à sortir du centre lorsqu’elle parvient à dépasser la barre des 40 kilos. Mais la jeune fille retombe dans ses anciennes obsessions. Petit à petit, je me suis restreinte à nouveau, et j'ai pris des doses de laxatif de plus en plus extrêmes, je me renfermais beaucoup, je passais mes journées dans ma chambre".

Son poids baisse à nouveau considérablement jusqu’à lui causer de nombreux soucis de santé. "J’avais certaines parties de mon corps qui commençaient à ne plus fonctionner. Je me souviendrai toujours d'une fois où je me suis levée et je me suis urinée dessus". C’est finalement lorsque son père lui confie qu’il a peur de la perdre qu’elle a eu un déclic salvateur. "J’ai réalisé ce que je faisais à ce moment-là, comme une lueur de conscience. J’ai compris que les clés étaient en moi", conclut la jeune femme.

Vous pouvez voir l’intégralité du témoignage bouleversant de Manon sur le Replay de TF1

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Sources

Sept à huit, TF1, 7 mars 2021

Anorexie mentale, Inserm, 8 octobre 2020

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