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Alors que les beaux jours sont là, nous sommes tous pressés de vaquer à nos occupations printanières. Ballade, farniente sur la terrasse ou jardinage… Toute la famille y trouve son compte et le jardin devient notre nouveau cocon. Prudence néanmoins. Si se rapprocher de la nature est très enrichissant, on peut aussi croiser la route de certains parasites. Que risque-t-on exactement dans son jardin ? Avec le Pr Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg, on évoque les maladies que nous sommes susceptibles d’attraper une fois le nez dehors.

Borréliose de Lyme : les activités en plein air exposent aux tiques

La maladie de Lyme est la première pathologie que nous cite notre infectiologue. La borréliose de Lyme -ou maladie de Lyme- est une maladie infectieuse due à une bactérie du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato transmise à l’être humain par piqures de tiques infectées.

Il s’agit de la maladie transmise par les tiques la plus fréquente en France. Elle est causée par une bactérie du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato transmise à l’homme par piqures de tiques.

Sans surprise, ce sont les activités en pleine nature, conduisant à des contacts avec les tiques, qui représentent le principal facteur de risque de développer une maladie de Lyme. C’est pour cette raison que chaque année, à l’arrivée des beaux jours, les autorités de santé nous mettent en garde. Être en forêt sans se protéger des morsures de tiques vous expose à la borréliose. Certaines régions sont plus à risque, en raison d’une infestation plus grande par les tiques. L’incidence de cette maladie est plus élevée dans le centre et l’est de la France.

"Si la plupart du temps, l’infection évolue de manière asymptomatique, elle peut dans certains cas entrainer une maladie invalidante (douleurs articulaires durables, paralysie partielle des membres, troubles neurologiques et cardiaques…), avertit le Ministère de la Santé. Dans les 30 jours qui suivent une piqûre, peut apparaître un érythème migrant, sous la forme d’une plaque rouge et arrondie qui s’étend en cercle autour de la zone piquée puis disparaît en quelques semaines à quelques mois".

Maladie de Lyme : les principales mesures préventives

Les mesures préventives de base sont surtout à prendre dans les régions infestées par les tiques.

  • Porter des vêtements qui recouvrent les bras, les jambes et le cou ;
  • inspecter soigneusement la peau, à la recherche de tiques, après une promenade en forêt. Il est nécessaire d’extraire les tiques dans un délai de 24 à 48 heures, en prenant soin de bien retirer la tête et de désinfecter la zone touchée ;
  • les animaux domestiques (ex.: chats, chiens, chevaux) doivent être traités à l’aide de poudres anti-tiques par mesure de prévention.

Tétanos : les personnes habituées à jardiner sont davantage exposées

On trouve le germe du tétanos (appelée Clostridim tetani) au sein de notre environnement général : terre, plante, etc. Pour que le germe atteigne notre organisme, il faut qu'il y ait une coupure de la peau générant une plaie. Fatalement, les personnes qui sont habituées à jardiner sont davantage exposées. Une simple épine sous la peau ou une griffure avec une branche d’arbre peuvent être sujets à la contamination.

Pour cette raison, les jardiniers devraient veiller à être à jour pour le vaccin contre le tétanos. Il existe un vaccin contre le tétanos, obligatoire en France depuis 1952. Cette vaccination a démontré son efficacité à condition que les rappels, soient réalisés, ce qui a considérablement fait baisser la prévalence de la maladie.

Tétanos : les complications cardiaques et respiratoires sont les principales responsables de la mortalité

Le tétanos génère entre 0 et 5 cas mortels tous les ans en France. Il se manifeste par des contractures musculaires au niveau du visage puis partout ailleurs.

De graves complications peuvent survenir en cas de tétanos, pouvant mener au décès. Les complications cardiaques et respiratoires sont les principales responsables de la mortalité qui est de l’ordre de 20 % dans les services de réanimation. Parmi les complications, on retrouve :

  • la paralysie respiratoire ;
  • les troubles du rythme cardiaque ;
  • des blocages articulaires ;
  • des ruptures tendineuses et musculaires qui peuvent être à l’origine de séquelles.

Jardin : les piqures d’insectes les plus dangereuses

Le Pr Gayet nous met également en garde contre les piqûres de certains insectes susceptibles de vous mettre en danger. On cite notamment les piqures d’aoûtas, de moustiques et moustiques tigres.

Piqûre d’aoûtat : vous pouvez subir des démangeaisons une semaine après la piqûre

L'aoûtat désigne la larve d'un acarien de la famille des Trombicula autumnalis. C’est la larve qui pique : elle sévit entre la fin de l'été et l'automne dans les jardins, les forêts et les prairies. L'aoûtat se nourrit des tissus situés sous la peau des mammifères. Animaux et humains sont donc potentiellement concernés par les piqûres. Ce parasite, également connu sous le nom de rouget en raison de sa couleur rouge, mesure entre 0,2 et 0,4 mm ce qui le rend difficilement visible à l'œil nu. La piqûre d'aoûtat se manifeste par l'apparition d'une éruption cutanée avec quelques petites plaques de 2 à 3 mm de diamètre. Vous êtes susceptibles de subir des démangeaisons une semaine après la piqûre.

Moustiques tigres : attention s’il y a de l’eau stagnante dans votre jardin

"S’il y a de l’eau stagnante à proximité de votre jardin, vous pouvez être exposés aux moustiques et moustiques tigres", explique le Pr Gayet. A ne pas confondre avec les moustiques, les moustiques tigres sont désormais sont présents dans la majeure partie de la France. "Mais le risque de transmission de dengue ou de chikungunya reste très faible", rassure notre infectiologue.

Le moustique tigre provient d’Asie du Sud Est. Connu scientifiquement sous le nom de "Aedes albopictus", il peut transmettre trois virus par sa piqûre, à savoir, le chikungunya, mais aussi la dengue et le virus Zika.

Après une piqûre, certains symptômes doivent vous alerter. On note :

  • la forte fièvre ;
  • les douleurs articulaires invalidantes ;
  • les maux de tête ;
  • les éruptions cutanées ;
  • et parfois les douleurs musculaires, nausées et vomissements.

Le jardin propice aux lombalgies

L’activité de jardinage soumet les articulations vertébrales sont à de nombreuses pressions. C’est pour cette raison que le Pr Gayet nous met aussi en garde par rapport à la lombalgie ainsi qu’à la cervicalgie.

Les articulations pâtissent de nos mauvaises positions et du port de charges, lorsqu’ils sont répétés. Et, les vertèbres cervicales sont endommagées par des mouvements répétitifs.

Lombalgie : une douleur intense au niveau des vertèbres lombaires

La lombalgie est une douleur située au niveau des vertèbres lombaires, c'est-à-dire située en dessous de la dernière vertèbre qui porte une cote. Elle est fréquente en cas d’efforts intenses, au même titre que la cervicalgie (douleurs au cou), prévient notre expert.

La lombalgie est appelée communément "mal de dos", "lumbago" ou "tour de rein". C’est une douleur, souvent intense, au niveau des vertèbres lombaires, situées en bas du dos. En cas de lombalgie, on peut aussi ressentir un sentiment de blocage ou des difficultés à faire certains mouvements.

Sources

Merci au Pr Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg

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