Faut-il faire doser sa vitamine D chaque printemps ?

Publié par Edouard Korvaul
le 05/04/2026
dosage sanguin vitamine D
Istock
Au sortir de l'hiver, la question du dosage de la vitamine D revient souvent lors des bilans de santé. Est-il utile en avril quand nos réserves sont au plus bas ? Comment bien gérer notre recharge printanière ?

 

Le soleil refait timidement son apparition, mais votre organisme ressent encore les effets de la longue période hivernale. Bien que la vitamine D, majoritairement synthétisée par la peau sous l'action du soleil, manque souvent à l'appel au début du printemps, vérifier systématiquement son niveau sanguin n'apporte pas de bénéfice prouvé pour la grande majorité d’entre nous

Le dosage annuel : un réflexe coûteux et souvent inutile ?

Entre 2015 et 2022, le nombre de dosages remboursés en France a bondi de 76 %, coûtant plus de 40 millions d'euros par an à l'Assurance Maladie. Face à cet engouement injustifié, les autorités sanitaires serrent la vis. Selon une recommandation conjointe de la Haute Autorité de Santé et de la Société d'Endocrinologie publiée en juin 2024, il faut éviter le dépistage systématique chez les adultes en bonne santé de moins de 75 ans. Le résultat du test ne modifie en rien la prise en charge médicale. De plus, la science n'a pas prouvé qu'un dosage régulier permet de réduire les risques de cancer, de maladies cardiovasculaires ou d'infections respiratoires.

Avril : le mois charnière de la vitamine D

C'est précisément en avril que les taux sanguins atteignent leur niveau le plus bas, les réserves estivales étant totalement épuisées. Ce mois marque toutefois le retour de la synthèse cutanée. Sous nos latitudes, l'inclinaison du soleil permet de nouveau aux rayons UVB de traverser l'atmosphère pour activer la production de cette hormone par l'épiderme. Il s'agit du fameux paradoxe printanier : on se sent fatigué à l'instant même où la machine naturelle se remet en route. Une astuce simple permet de vérifier la puissance des UV : si votre ombre est plus courte que vous, les rayons sont assez puissants. Dès les premiers beaux jours, exposer son visage et ses avant-bras 10 à 15 minutes par jour, idéalement entre 11h et 14h, suffit pour reconstituer ses stocks naturels.

Les 6 situations où la prise de sang reste indispensable

Malgré ces restrictions, l'Assurance Maladie maintient le remboursement du dosage dans six contextes cliniques précis. Ces situations médicales spécifiques nécessitent un suivi biologique rigoureux :

  • Une suspicion de rachitisme chez l'enfant.
  • Une suspicion d'ostéomalacie chez l'adulte, cette pathologie se caractérisant par un défaut de minéralisation des os.
  • Le suivi d'une transplantation rénale au-delà de trois mois.
  • Un suivi avant ou après une chirurgie bariatrique.
  • L'évaluation des personnes âgées subissant des chutes répétées.
  • La prescription de traitements médicamenteux ciblés contre l'ostéoporose.

En dehors de ces indications formelles, le médecin doit obligatoirement inscrire la mention Non Remboursable (NR) sur l'ordonnance, laissant le coût financier de l'examen à la charge du patient.

Supplémentation après 50 ans : faut-il continuer en avril ?

Avec l'âge, la capacité de la peau à fabriquer la vitamine D diminue drastiquement. Après 50 ans, une supplémentation peut rester nécessaire au printemps, surtout si votre exposition solaire est très faible ou si vous appliquez une protection solaire systématique. Les directives scientifiques de 2024 conseillent désormais de privilégier de petits apports journaliers (600 à 800 UI) plutôt que de fortes doses trimestrielles sous forme d'ampoules, jugées beaucoup moins physiologiques. Pour renforcer cet apport printanier en toute sécurité alimentaire, consommez régulièrement des poissons gras, comme le saumon ou le hareng, ainsi que des œufs. Consultez votre médecin traitant si une fatigue anormale persiste, il saura adapter votre suivi sans nécessairement exiger un bilan sanguin d'emblée.

Google News Voir les commentaires