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Etape 1 : La consultation chez le chirurgien

Etape 1 : La consultation chez le chirurgien© Adobe StockAu moment de la consultation chez le chirurgien, les patients ont été suivis au préalable par un rhumatologue qui aura proposé une intervention chirurgicale pour soulager les douleurs.

Il faut savoir que la gêne quotidienne ressentie est très intense. "On ressent une très forte douleur quand on se lève, quand on s’assoit, on ne peut pas marcher longtemps, on boîte. C’est un véritable handicap pour les personnes souffrant notamment d’arthrose de la hanche", explique le chirurgien orthopédique.

En quelle matière ? Après l’étude radiologique faite par le chirurgien, il sera question de choisir le type de prothèse à appliquer. Le docteur de Courtivron indique qu'il en existe plusieurs : "En métal, en céramique, en plastique mais la plus courante est la pose d’une prothèse en polyéthylène."

Les risques liés à l’intervention seront évoqués. "Les problèmes restent très rares. Un risque de pic de saignement et de décès du patient comme pour n'importe quelle autre opération subsiste tout de même", ajoute-t-il. Selon la DREES, 23% des personnes âgées victimes d'une fracture du col du fémur (hors opération) décèdent un an après. "Sur les personnes de plus de 54 ans qui ont été hospitalisées pour fracture de l'extrémité supérieure du fémur, les femmes en représentaient la grande majorité. En effet, il s'agit d'une complication fréquente de l'ostéoporose. Cependant, les hommes s'en sortent moins bien : 1 homme sur 3 décèdent contre 1 femmes sur cinq."

Pas d'urgence : "Le bilan sur l’état de santé est vite fait lors de la consultation chez le chirurgien. Le médecin se doit de préparer son patient à l’intervention. Il faut le temps de la réflexion. Il n’y a pas de chirurgie en urgence. On ne se fait pas poser une prothèse de hanche dès le lendemain", conclut le docteur de Courtivron.

Etape 2 : Le rendez-vous pré-anesthésie

Notre médecin explique qu’après quelques jours de réflexion, si le patient est toujours partant pour l’opération, il pourra organiser avec le chirurgien un rendez-vous chez l’anesthésiste afin de balayer tous ses antécédents médicaux et ceux de sa famille.

A noter : Deux types d’anesthésies peuvent être choisies, celle par voie générale ou la rachidienne avec une péridurale.

Etape 3 : L’opération chirurgicale

Etape 3 : L’opération chirurgicale© Adobe StockL’opération ne dure pas plus d’une heure aujourd’hui. Elle consiste à faire "une incision au niveau de l’articulation fémorale de la hanche. La prothèse totale remplacera deux surfaces articulaires dont le cartilage est abimé : la tête du fémur, avec le col du fémur et le cotyle qui est la cavité articulaire dans lequel vient s’articuler la tête fémorale. La partie de la tête fémorale sera remplacée la plupart du temps par une bille en métal et la partie du cotyle sera remplacée par une cupule le plus souvent en polyéthylène. La prothèse installée, elle, sera cimentée ou vissée", explique notre expert. L’ouverture sera ensuite refermée.

A noter : en fonction des chirurgiens, la cicatrice peut être partout et sera d’environ 5 centimètres. La chirurgie par voie mini-invasive (avec une toute petite cicatrice) n’est pas forcement mieux car la prothèse peut être mal mise (elle peut être placée de travers par exemple).

Etape 4 : Remarcher après l’intervention

Post-opération, le patient restera entre 3 et 5 jours à l’hôpital. "C’est très tendance est très moderne aujourd’hui, même si ce n’est pas devenu une norme mais il y a des chirurgiens qui opèrent dans la journée. Le patient arrive le matin et repart le soir même. Une infirmière appelle le lendemain pour savoir si tout va bien et ça s’arrête là. C’est sûrement dû au fait que certains pratiquent 300 à 400 interventions de prothèse par an", s’étonne le docteur de Courtivron.
Les résultats sont impressionnants pour le patient. "On remarche très rapidement. L’idée est vraiment de se remettre debout au plus vite. Pour se rassurer, on peut demander l’aide d’un kinésithérapeute. Mais la rééducation n’est pas forcément très intensive."

A noter : Cette opération change radicalement la vie des patients. Au bout de 15 jours après la chirurgie, plus aucune douleur n’est ressentie. Il n’est pas peu fréquent de voir que certaines personnes demandent à se faire poser une deuxième prothèse de hanche. Le taux de satisfaction est très important.

Etape 5 : Le bilan post-rééducation

Etape 5 : Le bilan post-rééducation© Adobe Stock

Le docteur David Bonnet, orthopédiste – orthésiste – podologiste nous explique pourquoi il est important de continuer de voir un médecin même après la rééducation. Dans certains cas, "une prothèse de hanche peut être la cause d’un déséquilibre du bassin. La nouvelle articulation a pu rallonger ou raccourcir la longueur initiale du membre inférieur qui a été opéré".
Cette différence de longueur peut passer inaperçue durant la période de rééducation et même ne poser aucun problème si elle est minime.
Mais quelques fois, plusieurs mois après l’opération, des troubles secondaires au déséquilibre du bassin peuvent se manifester :

  • Douleurs lombaires.
  • Douleurs dans le membre qui a été opéré (cuisse, genou, cheville, pied) :
  • Douleurs musculaires
  • Douleurs articulaires
  • Douleurs similaires dans l’autre membre qui n’a pas été opéré.

Quelles sont les complications post-opératoires possibles ?

  • la luxation, "la tête va sortir du cotyle, en position bizarre en se penchant en mettant la jambe de travers. Attention : il ne faut pas trop croiser trop les jambes, se pencher. Des conseils d’un kinésithérapeute sur les positions à faire ou ne pas faire peut aider à connaitre les gestes à éviter", prévient le chirurgien orthopédique.
  • les infections : quand on ouvre, "les microbes qui croisent le chemin d'une prothèse de hanche vont aller directement se nicher dedans. Les conséquences peuvent être graves et aboutir à un abcès. Mais il y a entre 1% et 2% de risque que cela arrive" rassure-t-il.

A noter : les prothèses s’usent. Au bout de 20 ans on peut devoir la changer. Si on se fait poser très jeune une prothèse de hanche à répétition de son remplacement, l’os est rogné de plus en plus et il est possible qu’il n’en reste plus assez pour pouvoir mettre une nouvelle prothèse. L’opération deviendra beaucoup plus complexe dans ce cas précis.

Les raisons de la pose d’une prothèse de hanche

Les raisons de la pose d’une prothèse de hanche© Adobe StockUne prothèse de hanche est une des opérations les plus courantes en France avec près de 150 000 personnes concernées. Elle permet de remplacer la partie malade de l’articulation de la hanche.
Il y a plusieurs raisons qui poussent des personnes à vouloir se faire poser une prothèse de hanche :

  • Ceux qui ont de l’arthrose (dégénérescence du cartilage au niveau des articulations)
  • Ceux qui ont une fracture de la hanche après une simple chute
  • Ceux qui ont une déformation génétique de la hanche
  • Ceux qui souffrent d’ostéoporose (vieillissement des os)

A noter : Elles ont toutes un point commun. Pour le docteur Benoit de Courtivron, chirurgien orthopédique, "elles souhaitent cette opération car la souffrance est trop importante. Le handicap est devenu très douloureux et les médicaments ne suffisent plus à les soulager".

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Sources

Docteur Benoir de Courtivron, chirurgien orthopédique et Docteur David Bonnet, orthopédiste – orthésiste – podologiste et vice-président SNOF.

Vidéo : Les fractures

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