Douleurs articulaires : la balnéothérapie aide à réduire drastiquement votre consommation d’anti-inflammatoires

Publié par S. Coucke-Haddad
le 02/05/2026
photo réaliste de personnes de 50 ou 60 ans qui font des exercices dans une piscine de balnéothérapi
New Planet Media
Photo d'illustration
Face aux douleurs chroniques liées à l'arthrose ou aux rhumatismes, la balnéothérapie en cure thermale offre une amélioration fonctionnelle durable permettant de réduire votre consommation d'anti-inflammatoires jusqu'à 58 %. Le point avec le Dr Millera, médecin thermal.
 

L'arthrose touche environ 10 millions de Français, tout comme d'autres pathologies invalidantes telles que la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante ou la fibromyalgie. Pour apaiser ces affections, la prescription d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est quasi systématique. Malheureusement, ce soulagement s'avère bien souvent limité et éphémère.
De plus, une utilisation prolongée de ces médicaments expose les malades à des risques d'effets secondaires sévères, touchant particulièrement les sphères digestives et cardiovasculaires. Ceci est d’autant plus dommage qu’il existe une façon efficace de soulager ces douleurs sans (ou avec moins de) médicaments : la balnéothérapie. Une méthode naturelle qui réduit l'intensité de la douleur et en améliorant la fonction articulaire sans surcharger l'organisme de produits chimiques.

Comment agit la balnéothérapie

L'efficacité d'une cure thermale sur les rhumatismes repose d'abord sur un principe physique simple : la poussée d'Archimède. Une immersion dans l'eau jusqu'aux épaules diminue le poids corporel ressenti par les articulations de près de 80 %. Cette décharge articulaire autorise une rééducation sans déclencher de souffrance. “Grâce à l’allègement du poids du corps, le mouvement est beaucoup plus facile, constate le Dr Laurent Millera, médecin référent des Thermes de Dax. Ceci est particulièrement vrai pour les gens récemment opérés et pour ceux dont la mobilité est limitée (par une pathologie, par l’âge ou encore par l’obésité).

Ensuite, l'eau chaude, généralement maintenue entre 32°C et 36°C, entraîne une vasodilatation et une relaxation musculaire puissante. La chaleur atténue la transmission du message nerveux douloureux selon le phénomène neurologique du gate control et stimule immédiatement la sécrétion d'endorphines, les analgésiques naturellement produits par le corps. Enfin, la pression hydrostatique associée aux bains thermo-minéraux limite la présence de marqueurs pro-inflammatoires et accélère le drainage sanguin.

La balnéothérapie a un effet antalgique, décontractant (voire sédatif), et permet de travailler le renforcement musculaire, aide à la mobilité articulaire et à la mobilité articulaire et à la mobilité”, nous explique le Dr Millera. Les patients curistes décrivent une nette amélioration aussi de leur qualité de vie, avec les diminutions de douleurs mais aussi sur la mobilité et le sommeil.” Ce qui entraîne de fait, d’après le spécialiste, une diminution de la “consommation médicamenteuse”.

Cure thermale en cas de douleurs articulaires : une baisse prouvée de la consommation de médicaments

Les données scientifiques valident les bénéfices de l'hydrothérapie sur la gonarthrose et la consommation de médicaments. Selon les conclusions de la vaste étude publiée dans la revue Annals of the Rheumatic Diseases, les soins en bassin augmentent d'environ 50 % le nombre de patients observant une franche amélioration de leur mobilité.
Une méta-analyse de la Société Française de Médecine Thermale souligne que l'intensité douloureuse chute de 48 à 71 %. Plus marquant encore, la consommation de pilules antalgiques et d'AINS régresse de 40 à 58 % chez les curistes. Cette diminution salvatrice pour les reins est mesurée chez près d'un patient sur quatre après le traitement. Mieux, cet effet continue d'agir pendant 3 à 6 mois après la fin des trois semaines de soins continus.
Si vous n’avez pas la possibilité de participer à une cure thermale complète, vous pouvez vous orienter dans un premier temps vers de la kinésithérapie dans l’eau, comme Anne, qui nous avait expliqué les bénéfices qu’elle tirait de cette rééducation. De très nombreux cabinets de kinésithérapeutes le proposent aujourd’hui.

Retrouver de l'autonomie et une confiance psychologique : les effets secondaires désirables de la balnéothérapie

On y pense moins mais le handicap physique induit par les raideurs pèse aussi sur la santé mentale. En apaisant le corps, diminuer les antalgiques par la balnéothérapie soulage aussi l'esprit, réduisant nettement l'anxiété et les épisodes dépressifs associés. Les questionnaires d'évaluation médicale attestent d'un bond spectaculaire de la qualité de vie globale, comme le disait plus haut le Dr Millera.
La sensation de flotter librement dans l'eau permet aux personnes souffrantes de s'exercer sans crainte. Ce réapprentissage du mouvement combat la kinésiophobie, cette peur paralysante d'avoir mal en s'activant. Finalement, ces exercices aquatiques guident les patients vers des objectifs fonctionnels simples mais libérateurs, comme réussir à monter un escalier, marquant ainsi un retour durable vers l'autonomie.

Google News Voir les commentaires