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Le jeûne intermittent, qu’on appelle aussi “fasting” dans les pays anglo-saxons, consiste à ne rien manger pendant une période choisie. Il ne s’agit pas d’un régime, mais plutôt d’un mode d’alimentation, qui permet de revenir à un rythme plus naturel pour le corps.

Le plus répandu est le 16-8 : seize heures sans s’alimenter et une fenêtre de huit heures pour le faire. Vous pouvez choisir de jeûner le soir, le midi ou le matin. Il n’y a pas de règle stricte. L’idée est de faire une pause avec la nourriture 16 heures par jour.

En tant qu’adepte du jeûne intermittent depuis 2 ans, je tiens quand même à vous préciser que jeûner le soir peut être une bonne solution. Pour commencer, cela signifie que sur les 16 heures de jeûne, vous passerez une bonne partie du temps à dormir, ce qui va éviter les tentations. En outre, selon les nutritionnistes, jeûner le soir sera non seulement encore plus bénéfique pour perdre du poids mais aussi pour la digestion. "La nuit, certaines hormones vont venir générer un effet brûle-graisse", m'explique Raphaël Gruman, nutritionniste.

Mais les promesses du jeûne intermittent ne s’arrêtent pas là : amélioration de la digestion, du sommeil, de l’aspect de la peau ou encore de la régulation du poids… Le jeûne intermittent est propice à un meilleur état de santé général. À condition qu’il soit bien mené et fait pour vous. Si de nombreuses études scientifiques vantent les mérites du jeûne intermittent sur la santé, il faut garder en tête que nous sommes tous des êtres humains différents, avec un rapport à la nourriture différent, des antécédents médicaux différents et un métabolisme différent. Ce qui fonctionne chez l’un ne portera pas forcément ses fruits chez un autre. Plusieurs signaux devraient tirer la sonnette d’alarme si vous pratiquez un jeûne intermittent.

Vous vous jetez sur la nourriture aux horaires "autorisées"

Vous vous faites violence pour ne pas "craquer" pendant votre jeûne et vous avez tendance à vous jeter sur la nourriture le lendemain. Attention, ce comportement n’est pas anodin. Avez-vous déjà été sujet aux troubles du comportement alimentaires ?

"Si je n’encourage pas le jeûne intermittent à tous mes patients c’est parce qu’il peut favoriser les TCA [troubles du comportement alimentaire, ndlr]", m’avait expliqué ma diététicienne, Alexandra Retion, lorsque je l’ai consultée.

En effet, si vous n’avez pas un rapport sain avec la nourriture, priver votre organisme de repas pendant plusieurs heures peut être risqué. Vous aurez alors un risque de compenser lors des plages horaires de repas. À termes, cela risque d’être dangereux pour votre poids, mais aussi pour votre santé mentale.

Si vous réagissez de la sorte, il y a surement quelque chose de pas normal. En principe, le jeûne intermittent n’amène pas ses adeptes à compenser.

"Au contraire, nous assure Raphaël Gruman, nutritionniste. Les études tendent à démontrer que l’estomac aurait tendance à se rétrécir grâce au jeûne intermittent. C’est à dire que l’appétit est diminué. De plus, si on jeûne le soir, comme le petit-déjeuner est un repas souvent très calibré (on se resserre rarement à l’inverse des déjeuners et diners), il n’y a que peu de débordements. A contrario, il est vrai qu’en sautant le petit-déjeuner, les repas du déjeuner et du diner seront susceptibles de vous donner envie de compenser. C’est pourquoi je recommande de sauter le repas du soir plutôt que celui du matin".

Vous faites une fixation sur votre jeûne intermittent

Pour porter ses fruits, un jeûne intermittent ne doit pas être trop figé. L’idée est de l’intégrer à votre vie sociale et familiale. Si les premières semaines, je conseille de respecter scrupuleusement les horaires de jeûne, à terme, ce mode d’alimentation ne doit surtout pas devenir une obsession.

Le jeûne intermittent ne doit pas être menée de façon stricte

Le jeûne intermittent peut être suivi régulièrement sans pour autant être un frein à votre vie sociale. L’idée est de prendre soin de votre santé, mais aussi de pouvoir profiter de la vie. Vous êtes invité au restaurant un soir ? Régalez-vous sans culpabiliser. Vous jeûnerez mieux le lendemain. Même si vous décidez de jeûner le soir, ce ne sont pas quelques dîners de temps en temps qui mettront votre santé en péril. Et il faut savoir que faire une fixation sur le jeûne est le meilleur moyen de le faire échouer. Ce comportement peut être propice à la frustration et aux débordements alimentaires.

"Généralement je conseille à mes patients de suivre le jeûne intermittent à raison de 5 jours par semaine et de conserver 2 jours (le week-end notamment) sans jeûne. Cela permet de se faire plaisir, de sortir sans contrainte mais aussi de permettre au corps de ne pas restocker trop vite à la reprise d’une alimentation plus classique", propose Raphaël Gruman.

Il ne fonctionne pas du tout sur vous

Le jeûne intermittent est réputé pour être relativement simple à suivre : il n’implique pas de compter les calories, ni de changer quoi que ce soit à votre alimentation (à condition de manger équilibré). Il faut toutefois garder en tête qu’il peut ne pas fonctionner sur tout le monde. Chaque personne est différente et a son propre métabolisme.

"Ce n’est pas parce que le jeûne intermittent fonctionne très vite chez certains que ce sera le cas chez tout le monde. Chaque corps est différent. Certaines personnes présentent un métabolisme qu’on qualifie de rapide : cela signifie qu’il brûle plus de calories que la moyenne. Or, une personne qui mène le jeûne intermittent et qui a un métabolisme ‘lent’ ne mincira sans doute pas autant, ou du moins pas aussi vite, que les autres, prévient Alexandra Retion, ma diététicienne. Je cite par exemple les personnes qui ont un dérèglement de la thyroïde : l’insuffisance thyroïdienne (insuffisance de production d’hormones thyroïdiennes, ndlr) lorsqu’elle est importante peut entraîner une prise de poids et des phénomènes de rétention d’eau. Je déconseille fortement le jeûne intermittent pour ces personnes".

On souligne aussi que certains métabolismes ont déjà subi des perturbations : elles peuvent être d’origine hormonale, liées au stress ou à l’environnement. Les perturbations du métabolisme peuvent réellement avoir un impact sur la régulation du poids. "Il faut vraiment comprendre que pour perdre du poids, il n’y a pas de formule magique. Ce qui marche chez un patient ne conviendra pas à tout le monde", ajoute Alexandra Retion.

6 questions à vous poser si le jeûne intermittent ne fonctionne pas

Si vous avez l’impression que le jeûne intermittent n’opère pas sur vous, il y a certaines questions à vous poser :

  • Quel âge avez-vous ? On ne perd pas du poids aussi facilement à toutes les périodes de la vie.
  • Avez-vous des antécédents médicaux ? Qu’il s’agisse de diabète, d’insuffisance rénale ou encore d’hypertension, certaines pathologies nécessitent une attention particulière en cas de jeûne intermittent. Certains spécialistes vont même déconseiller ce mode d’alimentation. C’est pourquoi il est recommandé de consulter votre médecin avant de vous lancer.
  • Avez-vous déjà connu plusieurs fluctuations de poids ? Si votre corps a déjà fait le yoyo, les bienfaits du jeûne sur la ligne peuvent mettre plus de temps à arriver. En effet, les personnes qui testent moult régimes et qui perdent du poids avant d’en reprendre affectent leur métabolisme.
  • Avez-vous une alimentation équilibrée ? Vous avez beau jeûner, si vous enchaînez les pizzas, les burgers et si vous avez l’habitude de boire des sodas à chaque repas, votre jeûne risque d’être contre-productif. Oui, il est bénéfique pour la santé, mais si en parallèle vous causez du tort à votre organisme, vous ne ressentirez aucun bienfait.
  • Manquez-vous de sommeil ? Le manque de sommeil est propice au grignotage. En outre, bien dormir est essentiel à la fois pour perdre du poids, mais aussi pour permettre à votre organisme de se régénérer.
  • Êtes-vous sûr de réellement jeûner ? J’ai entendu de nombreuses personnes me dire "j’ai essayé le jeûne, mais ça ne fonctionne pas sur moi". Elles ont oublié de préciser que pendant les horaires de jeûne, elles craquent sur une tablette de chocolat, elles boivent du coca ou des apéritifs. Attention, les jus de fruits industriels ne sont pas conseillés durant les heures de jeûne : pourvus d’additifs et de sucres, ils vont entraver avec le jeûne intermittent. Si vous voulez vous hydrater pendant le jeûne intermittent, misez sur le thé, le café ou le citron pressé maison.

Vous suivez déjà d’autres régimes

Le jeûne intermittent n’est pas considéré comme un régime dans la mesure où il n’implique pas de comptage de calories ni de supprimer d’aliments.

Or, si vous êtes déjà en train de suivre un régime, comme le régime cétogène ou le régime végétalien par exemple, il n’est pas recommandé de pratiquer un jeûne intermittent en parallèle. Vous infligeriez alors beaucoup de bouleversements à votre organisme, ce qui peut conduire à l’échec. Cela peut aussi être risqué pour la santé en impliquant des risques de carence, de constipation, de saute d’humeur et de fatigue.

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Sources

Merci à Alexandra Retion, diététicienne nutritionniste

Merci à Raphaël Gruman, nutritionniste

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