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Sentiment fréquent, la jalousie peut parfois devenir envahissante, pathologique et nuire à la relation de couple. Dans certains cas, elle peut aussi pousser à commettre l’irréparable : de nombreux crimes passionnels sont ainsi effectués dans un accès de jalousie.

Pour autant, ce sentiment est-il toujours nocif, dans une relation ? À partir de quel degré peut-on parler de jalousie maladive ? Et, surtout, comment s’en sortir ? Nous avons posé ces questions au Dr Sébastien Garnero, psychologue, psychothérapeute et sexologue.

Quand peut-on parler de jalousie "maladive" ?

Avant toute chose, il convient de distinguer la jalousie de l’envie. “Nous pouvons la définir comme une émotion à valence négative, qui résulte bien souvent d’une menace liée à une perte réelle, imaginaire ou symbolique, ou à un potentiel rival”, explique le spécialiste. Elle se réfère donc à quelque chose que l’on a, et que l’on a peur de perdre.

“À l’inverse, l’envie est le désir d’obtenir quelque chose que l’on n’a pas, mais que quelqu’un d’autre possède”. Ces deux sentiments peuvent se combiner chez une même personne, mais pas nécessairement.

La jalousie ordinaire est fondée sur des faits concrets

Ensuite, des distinctions sont à faire, au sein même de la jalousie. Dans le couple, on en perçoit deux grands types : la jalousie que l’on pourrait qualifier de sexuelle et une autre de l’ordre affectif/émotionnel. Elles sont, néanmoins, souvent concomitantes.

La première se réfère à la crainte que son partenaire ait une relation intime en dehors du couple, mais sans sentiment. La seconde, au fait d’entretenir une relation sentimentale affective, complice, mais sans rapport sexuel, avec une autre personne que son conjoint.

“Bien souvent dans les processus de jalousie ordinaire, on perçoit deux grandes formes de souffrance psychique : la crainte de perdre le lien relationnel avec l’objet aimé au profit d’un autre, et la perte de toute estime de soi”, précise le Dr Garnero.

Il précise que le rival est, bien souvent, réellement présent. La crainte de perdre l’autre est donc plus ou moins fondée, s’appuyant sur de réels changements de comportements ou d’attitude dans la relation.

Jalousie maladive : souvent infondée, toujours envahissante

“La jalousie maladive, en revanche, se base la plupart du temps sur de fausses interprétations dans la relation, avec un rival potentiel, mais le plus souvent imaginaire. Elle va d’ailleurs s’étendre à toutes les situations et devenir extrêmement envahissante, rendant la vie impossible pour le partenaire”.

Le doute permanent, la suspicion, la recherche de preuve, les crises de jalousie, la vérification millimétrée de l’emploi du temps, des personnes rencontrées dans tous les espaces de socialisation du partenaire (professionnel, personnel, familial...), vont accaparer le jaloux maladif ; et son conjoint va vivre un enfer au quotidien.

S’il peut y avoir une forme de continuité entre la jalousie ordinaire et la jalousie maladive (autrement dit, l’une peut succéder à l’autre), elles diffèrent néanmoins par leur nature, le degré de sévérité, la fréquence des crises, le caractère envahissant de la forme pathologique et les conséquences, plus ou moins graves, dans la relation amoureuse.

Sources

Merci au Dr Sébastien Garnero, psychologue, psychothérapeute et sexologue à Paris. 

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