Clitoris trop proéminent, lèvres vaginales trop longues... Les femmes regardent de plus en plus leur sexe... mais peut-être trop in fine. Du moins trop sur un plan esthétique. Dans certains pays comme en Suisse, les chirurgiens observent une augmentation des demandes d'intervention au niveau de la vulve, dans le but d'avoir des mesures parfaites. Or, y-a-t-il vraiment une vulve "type" ? Pas vraiment si l'on en croit les conclusions de l'équipe du Dr Anne Kreklau de l'Hôpital cantonal de Lucerne. "La description précise et détaillée d'une «vulve normale» est rare, même si quelques études traitent du sujet des mesures des organes génitaux féminins externes. Cela conduit à un large éventail de diagnostics concernant la morphologie vulvaire «normale»" ont expliqué les auteurs.

Ils ont ainsi voulu en savoir plus et ont suivi 657 femmes âgées de 15 à 84 ans, d'avril 2015 à avril 2017, dans leur clinique. Ils ont mesuré les lèvres internes et externes, l'ouverture vaginale, le clitoris et le périnée de toutes les participantes. "Avec nos données, nous présentons une base de l'apparence d'une vulve caucasienne normale, qui pourrait établir des normes pour l'indication en chirurgie esthétique gynécologique." Ils ont observé de grandes variations dans leurs mesures mais ont pu établir des moyennes :

- Pour l e clitoris : la longueur moyenne observée par les auteurs est de 7 millimètres, avec des variations allant de 0,5 mm à 34 mm.

- Pour les lèvres vaginales : elles faisaient 80 mm en moyenne pour les lèvres externes (avec des variations allant de 12 mm à 180 mm de longueur) et 43 mm en moyenne pour les lèvres internes (avec des variantes de 5 à 10 mm).

- Pour l'ouverture vaginale variait de 6 à 75 mm.

"Il est normal qu'une petite lèvre soit plus grande que l'autre"

Cette étude prouve que le sexe féminin ne répond à aucun standard. Le recours à la chirurgie - par exemple la "nymphoplastie" ou "labioplastie" pour réduire la taille des lèvres vaginales- ne doit donc pas céder à un effet de mode. "Lorsqu’elles sont trop volumineuses, elles peuvent occasionner une gêne lors de certains mouvements, comme lors de la pratique de certaines activités sportives (bicyclette en particulier, équitation, etc.) ou lors de la marche. Ce sont les raisons officielles pour une prise en charge de cette intervention par la sécurité sociale", rappelle le Dr Thierry Ktorza sur E-santé.fr. Dans le cas de motivations purement esthétiques, il conseille d'envisager la consultation d'un sexologue : "Il est en effet tout à fait normal qu’une petite lèvre soit plus grande que l’autre et la très grande majorité des cas ne justifie pas une opération. Les motivations visant à augmenter le désir de son partenaire sont ainsi souvent déçues et nécessitent d’autres approches."

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Sources

Measurements of a "normal vulva" in women aged 15-84: A cross-sectional prospective single centre study. Kreklau A1, Vaz I1, Oehme F2, Strub F1, Brechbühl R1, Christmann C1, Günthert A1. BJOG. 2018 Jun 25. doi: 10.1111/1471-0528.15387.

Vidéo : Ce que vous ne savez pas sur le clitoris

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