Les GPS affecteraient-ils notre mémoire ?

Les chercheurs s'inquiètent de notre dépendance excessive aux technologies numériques comme le GPS qui, en travaillant à la place de notre cerveau, pourraient à terme avoir un impact négatif sur nos fonctions cognitives.
a woman drives her car at sunsetIstock

Notre GPS, on le suivrait jusqu'au bout du monde, convaincus de son utilité et de ses performances. Mais selon certains chercheurs, cette dépendance excessive à la technologie pourrait faire des dégâts, notamment en affaiblissant nos fonctions cognitives.

Le "cognitive offloading", ou la cause du manque de stimulation de notre cerveau

Comment ? En contribuant à ce que l'on appelle en anglais le "cognitive offloading" - que l'on pourrait traduire par "déchargement cognitif" -, un phénomène que les scientifiques décrivent comme "l'usage d'une action physique pour altérer les exigences en matière de traitement de l'information d'une tâche afin de réduire la charge cognitive demandée". Autrement dit, se reposer sur la technologie au lieu de faire appel à ses capacités cognitives.

Des études ont montré que les chauffeurs de taxi de Londres, qui doivent être capables de mémoriser toutes les rues de la ville pour détenir leur licence, ont tendance à avoir un hippocampe plus large, une zone du cerveau qui joue un rôle crucial dans le processus de mémoire et d'apprentissage, parce qu'il est très sollicité. D'autres ont démontré qu'en se balladant dans la rue et en choisissant soi-même son chemin, des pics d'activité étaient recensés dans l'hippocampe et le cortex préfrontal, autre zone du cerveau critique dans la mémoire. En revanche, ces signes étaient absents lorsqu'un GPS était utilisé.

Des effets à long terme ?

L'hypothèse selon laquelle les technologies numériques, en contribuant à mettre le cerveau au repos et donc à son manque de stimulation, ont un impact négatif sur nos fonctions cognitives, semble ainsi se vérifier petit à petit. Désormais, les scientifiques cherchent à connaître leurs éventuels effets à long terme sur la mémoire, et même à examiner une potentielle association avec l'apparition de la démence. Car selon le professeur Til Wykes, interviewé par le média britannique Daily Mail, "nous savons que lorsque l'on se repose sur Google et autres GPS, nous perdons certaines compétences". C'est ce qu'on appelle l'amnésie numérique - le fait d'oublier des informations que nos appareils électroniques peuvent enregistrer, comme les numéros de téléphone par exemple.

Pour lui, la solution est non pas d'arrêter complètement l'utilisation de la technologie, mais de repenser notre manière de le faire afin de garder une stimulation cognitive : "Nous devons penser la technologie comme un support et non comme un substitut à nos compétences cognitives. Par exemple, les GPS pourraient proposer plusieurs options pour un trajet ; la décision finale reviendrait au conducteur."

Des pauses technologiques en guise de prévention des risques

Toutefois, d'autres chercheurs tempèrent : "Il n'existe pour l'instant aucune preuve de l'altération des capacités cognitives générales, précise le professeur Petroc Sumner. On peut faire un parallèle avec les lave-vaisselles : nos aptitudes à laver à la main en prennent un coup, mais il n'y a aucune preuve selon laquelle notre coordination et notre dextérité en général souffrent également."

Puisque les effets à long terme ne sont pour l'instant pas connus, certains scientifiques préconisent la prévention des risques et recommandent ainsi de faire occasionnellement des pauses technologiques : "En l'absence de preuve tangible, je conseillerais tout de même aux automobilistes d'éteindre parfois le GPS", affirme le professeur Thom Baguely.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.