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Contre les troubles de l'érection : Viagra®, Cialis®...

Les produits contre le dysfonctionnement érectile - Viagra®, Cialis®, Levitra® (sildanéfil, tadalafil, vardénafil) - font fréquemment l'objet de contrefaçons. Le Viagra® arrive en tête des médicaments les plus contrefaits au monde.

Un sondage réalisé en 2011 par Pfizer, son fabricant, montre que 80 % du Viagra acheté au hasard sur Internet est contrefait. Rien qu'en 2008, 881 205 boîtes de médicaments de Viagra® et Cialis®, deux stimulants sexuels, ont été saisies par les douanes françaises au port du Havre, soit 62% de plus qu'en 2004 ! Depuis, des saisies ont régulièrement lieu. Les produits contre la dysfonction érectile représentent la moitié des médicaments saisis, selon les estimations.

Quels sont les risques : Au pire, des problèmes cardiaques graves en fonction des lots contrefaits, au mieux une absence d'effets (pas de principe actif).

Attention : ces médicaments ne doivent être pris que sur avis médical (risque de grave danger en cas d'associations avec d'autres médicaments).

Sachez-le : 25% des médicaments achetés sur le net sont des produits contre les troubles de l'érection.

Des hormones : DHEA, mélatonine...

Internet permet de se procurer des médicaments n'ayant pas été soumis à l'évaluation des autorités sanitaires françaises. C'est le cas par exemple de la DHEA et de la prégnénolone (hormones présentées comme anti-âge) et de la mélatonine (hormone du sommeil).

Quels sont les risques : la prise de DHEA non contrefaite pourrait stimuler la croissance de cancers hormodépendants (prostate, sein, utérus). Pas d'étude concernant la DHEA, la mélatonine et la prégnénolone contrefaites.

Méfiance, car on les retrouve en vente libre sur la toile, provenant notamment des États-Unis. Administrés depuis l'étranger, ces sites ne sont pas tenus d'appliquer les réglementations françaises. Échappant à tout contrôle, la qualité et la composition des gélules sont très variables. Certaines pilules ne contiendraient pas la moindre molécule, d'autres sont trop dosées. Enfin d'autres recèlent des produits différents de ceux mentionnés sur l'étiquette.

A noter : Selon l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), en l’absence d’un suivi médical adapté, leur utilisation est fortement déconseillée, contrefaçon ou pas.

Le nouveau médicament anti-obésité Alli®

Le nouveau médicament anti-obésité Alli®© Istock

Retiré du marché français en 2013, le médicament Alli® destiné à la perte de poids a fait parler de lui. Le 18 janvier 2010, la Food and Drug Administration aux États-Unis a mis en garde les consommateurs au sujet d'une version contrefaite.

Quels sont les risques : Au lieu de l'ingrédient actif initial (orlistat), cette copie contiendrait dans certains cas de la sibutramine, un principe actif utilisé dans d'autres médicaments anti-obésité qui peut provoquer de graves problèmes cardiovasculaires (hausse de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque...) sans suivi médical.

Méfiance : Surtout si la date de péremption indique le jour, le mois et l'année (et non uniquement le mois et l'année comme c'est la règle) ; et si sur l'opercule de la bouteille n'est pas mentionnée "Sealed for your protection" (scellé pour votre protection). Le plus prudent reste de ne pas acheter ce médicament, étant donné son retrait du marché français en raison de ses effets indésirables.

D'autres médicaments anti-obésité contrefaits : Reductil, Xenical...

D'autres médicaments anti-obésité contrefaits : Reductil, Xenical...© Istock

Selon une étude de 2009 menée par le laboratoire Pfizer, 45% des médicaments les plus achetés sur le net concernent la perte de poids.

Attention car selon l'ANSM, des contrefaçons de Reductil® et Xenical®, deux médicaments contre l'obésité, ont été repérées sur le marché européen.

Quels sont les risques : Il n'existe aucune étude sur les risques de ces lots contrefaits. Toutefois, certains produits amaigrissants contrefaits ou illicites peuvent contenir de la sibutramine, un anorexigène qui sans surveillance médicale, peut générer des risques cardiovasculaires graves.

Méfiance : D'autres produits sous forme de compléments alimentaires peuvent contenir des substances interdites telles la plante Ephédra, l'éphédrine ou la synéphrine dangereuses pour la santé.

Contre la grippe : Tamiflu®

Contre la grippe : Tamiflu®© Istock

A l'automne 2009, des escrocs du Web ont mis à profit la panique liée à la pandémie de grippe A H1N1 en commercialisant des contrefaçons de Tamiflu® sur la toile.

Quels sont les risques : Aucune étude sur les risques des lots contrefaits n'est encore disponible. Au pire : de graves problèmes de santé, au mieux l'absence d'efficacité.

Méfiance : Il suffisait de taper "acheter du Tamiflu®" sur un moteur de recherche pour voir apparaître des dizaines de sites proposant d'acquérir le produit sans ordonnance. Les cybermarchands regorgeaient d'astuces puisqu'il suffisait de remplir un "formulaire médical" pour recevoir plusieurs boîtes de Tamiflu®. D'autres jouaient la carte du générique, tout en sachant qu'aucune version générique de cet antiviral n'est homologuée sur le marché.

Sachez-le : En France, le Tamiflu® n'est prescrit par les médecins que dans les formes les plus graves de la grippe A, et non pas en prévention.

Contre l'alopécie : Propecia®

Contre l'alopécie : Propecia®© Istock

Méfiez-vous des ventes de médicaments contre la chute de cheveux ! Une étude allemande menée en 2007 a tracé 24 commandes en ligne de Propecia® (médicament prescrit pour les hommes en début d'alopécie). Les vendeurs n'ont demandé d'ordonnance pour aucune d'entre elles. La moitié des sites internet suivis ont juste empoché l'argent sans rien envoyer, la moitié des autres ont fourni des produits contrefaits (2/3 dépourvus de principe actif et 1/3 avec une quantité de principe actif inférieure à ce qui était indiqué).

Quels sont les risques : Que le produit n'agisse pas... et/ou se faire voler.

Méfiance : Pace que le médicament est cher en pharmacie et n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie, certains sites le proposent sans marque et sans ordonnance sous le nom de la molécule "Finastéride". Impossible de savoir ce que vous achetez vraiment... Plus globalement, le Propecia® a fait l'objet d'une alerte de la part de l'ANSM en raison de ses effets indésirables.

Et aussi, les lentilles de contact, les préservatifs...

Et aussi, les lentilles de contact, les préservatifs...© Istock

En 2004 ont été repérées sur la toile des lentilles de contact Proclear® et Surevue® contrefaites provenant du laboratoire Johnson&Johnson Vision Care et Coopervision. Les saisies de lentilles restent toutefois rares.

Quels sont les risques : En plus d'être inconfortables car mal "faites", elles ne sont pas stériles et peuvent entraîner des problèmes infectieux au niveau de l'oeil.
Idem pour les préservatifs. En 2006, près de 200 000 préservatifs contrefaits qui seraient poreux et ne protégeraient pas ont été interceptés par les douanes françaises à un péage de la région d'Aix-en-Provence dans un semi-remorque en provenance d'Espagne et immatriculé en Hongrie. Ils étaient destinés à des circuits parallèles hongrois. En 2018, la police italienne a intercepté 600 000 préservatifs contrefaits de la marque Durex® et Via-Ananas® fabriqués en Chine.

En France, le seul risque d'acquérir ce genre de produits reste la toile ou les circuits parallèles.

Ce que vous risquez vraiment

Ce que vous risquez vraiment© Istock

En l’absence de visite médicale, du conseil du médecin et du pharmacien, le médicament acheté sur internet peut ne pas être adapté à la pathologie du patient, être contre-indiqué, et provoquer des interactions médicamenteuses dangereuses pour sa santé.

De plus, selon l'IRACM (Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments), certains médicaments contrefaits peuvent contenir des ingrédients nocifs, comme de la mort-aux-rats, de l'acide borique et de la peinture à base de plomb. Ils sont généralement fabriqués par des personnes ne possédant pas les qualifications requises et dans des conditions sanitaires souvent lamentables. Ils peuvent contenir une dose nulle, trop faible ou trop forte de l'ingrédient actif. Les médicaments contrefaits peuvent ainsi entraîner des échecs thérapeutiques, voire la mort, pour les patients qui les consomment.

14 % des Français prennent le risque...

14 % des Français prennent le risque...© Istock

En France, pas de risques en pharmacies mais sur la toile, c'est une autre histoire ! Selon une étude datant de fin 2009 demandée par Pfizer, 14 % des Français, soit 6,9 millions de personnes, reconnaissent acheter des médicaments de prescription sans ordonnance, principalement sur Internet. Un problème car selon l'EAASM (L'Alliance européenne pour un accès à des médicaments sûrs), près de 62% des médicaments vendus par ce biais seraient des contrefaçons.

On sait que 32 % des personnes interrogées choisissent ce réseau pour gagner du temps et par commodité, 32 % par souci d'économies, et 27 % pour obtenir un médicament sans avoir à présenter une ordonnance, précise l'étude.

Le risque : Au mieux, ces produits ne sont pas efficaces, ne contenant pas de principes actifs, au pire, ils sont toxiques et peuvent entraîner la mort.

Comment éviter les contrefaçons ?

Comment éviter les contrefaçons ?© Istock

Vous pouvez avoir affaire à de faux médicaments uniquement si vous les achetez sur le net à partir de sites étrangers. Les sites de vente en ligne de compléments alimentaires et de tonifiants en France sont très contrôlés par les autorités.

Un conseil : Pour éviter les fraudes, il est déconseillé d'acheter des médicaments chez un cybermarchand. Il est d'ailleurs interdire d'en vendre en France quand on n'est pas pharmacien. Pour les produits de santé autres que les médicaments (gélules de plantes...), préférez toujours les sites qui ont pignon sur rue, avec adresse postale et numéro de téléphone. Il faut aussi fuir les sites qui n'exigent pas d'ordonnance pour les médicaments soumis à prescription, qui proposent leur "propre" ordonnance selon les réponses à un questionnaire en ligne ou bien sûr, qui proposent un "remède miracle" à un problème de santé grave.

Le mieux : ne jamais vous hasarder à répondre à un spam proposant du Viagra à prix cassé ou des pilules amincissantes à tarifs imbattables.

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