Honoraires de dispensation : les pharmaciens, vous font-ils payer leurs conseils ?

"Un le matin, un le midi et un le soir avant le coucher". Ce conseil qui peut sembler anodin cache en fait des sources de revenus insoupçonnées pour les pharmaciens. On parle d’honoraires de dispensation. Ces nouveaux honoraires (qui ne sont pas si nouveaux que ça, puisque mis en place en janvier 2015) suscitent l’interrogation chez les patients, et particulièrement à l’air de la pandémie. Sommes-nous facturés pour chaque conseil reçu en pharmacie ? Réponses avec le Dr Thomas Kassab, pharmacien officinal.
Honoraires de dispensation : les pharmaciens, vous font-ils payer leurs conseils ?Istock

"Les pharmaciens se font rembourser le conseil qu'ils nous donnent quand ils nous donnent les médicaments", clamait une internaute sur Facebook en 2019. Aujourd’hui encore, et particulièrement à l’heure de la pandémie, de nombreux patients s’interrogent quant aux honoraires de dispensation appliqués par les pharmaciens, instaurés en janvier 2015.

Sommes-nous facturés au moindre conseil reçu en pharmacie ? Les recommandations faites en officine, ne sont-elles plus gratuites ? Nous avons posé la question au Dr Thomas Kassab, pharmacien officinal.

"De nombreux assurés ont découvert ces honoraires au dos de leur ordonnance… "

Les honoraires de dispensation ne sont rien d’autre qu’une compensation visant à valoriser le rôle des pharmaciens. "Lorsqu’on délivre un médicament, on s’assure de la validité de l’ordonnance, on analyse les éventuels effets secondaires et on livre aux patients des indications sur la posologie, explique le Dr Kassab. En clair, on s’assure que le médicament délivré fera plus de bien que de mal au patient". C’est pour ce rôle que le pharmacien sera rémunéré grâce aux honoraires de dispensation. Or, quel impact sur le porte-monnaie du patient ? Aucun selon le Dr Kassab.

"Il y a eu très peu de communication là-dessus. De nombreux assurés ont découvert ces honoraires au dos de leur ordonnance. C’est pourquoi il est essentiel de faire une mise au point et particulièrement à l’air de la pandémie où les conseils des professionnels de santé deviennent si précieux, déclare le pharmacien. Le conseil reste gratuit en officine. C’est le seul endroit où vous pouvez bénéficier de conseils sans rendez-vous et ce, tous les jours".

"Il ne s’agit pas d’honoraires supplémentaires"

Les nouveaux honoraires de dispensation instaurés en janvier 2015 ne viennent en réalité que compenser la baisse du prix des médicaments, explique le pharmacien.

"Il faut savoir que les prix des médicaments en France figurent parmi les plus bas d’Europe, voire du monde. En parallèle, le métier de pharmacien est en pleine évolution. Il s’est étoffé de diverses missions d’intérêt général : aujourd’hui on réalise des dépistages de la Covid-19 ou encore des bilans de santé. Pour ces nouvelles missions, nous sommes payés à l’acte, à l’images de tous les professionnels de la santé. À ce jour, la marge commerciale perçue sur les médicaments diminue. Mais elle va être compensée par ce qu’on appelle une marge intellectuelle. Ce sont les honoraires de dispensation. Il ne s’agit pas d’honoraires supplémentaires. Ils viennent uniquement compenser la marge commerciale qui diminue. Et c’est pour permettre de valoriser le rôle du pharmacien par le conseil".

En clair, pour vous patients, ces honoraires de dispensation n’auront aucun impact. Votre porte-monnaie ne verra pas la différence. La prise en charge reste identique.

"Prendre un Advil 400 peut engendrer des drames en réanimation"

Ce nouvel honoraire doit amener à nous rendre compte qu’aucun médicament n’est anodin.

"Prendre un Advil 400 mg peut engendrer des drames en réanimation en cas de coronavirus. Si la délivrance de médicaments parait banale aux yeux de tous, nous, pharmaciens, avons en réalité pesé tous les risques pour chaque patient. Et c’est qui a été valorisé avec les honoraires de dispensation. Mais que les patients se rassurent : ils peuvent toujours demander conseil gratuitement aux pharmaciens et préparateurs en pharmacie. Il n’y a pas de question bête. On peut tout entendre et tout écouter. Surtout en ce moment", conclue le Dr Kassab.

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Source(s):

Merci au Dr Kassab, pharmacien officinal

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