Dermatite : les crèmes à base de cortisone peuvent aggraver vos problèmes de peau

Selon des chercheurs canadiens, plus des trois quart des corticostéroïdes topiques contiennent des allergènes, qui pourraient annuler les effets du traitement, voire empirer les problèmes cutanés.

Les personnes qui souffrent fréquemment de plaques rouges et autres démangeaisons cutanées sont généralement habitués aux crèmes à la cortisone. Mais saviez-vous que ces dernières pouvaient en fait aggraver les problèmes de peau ? Environ trois quart de ces produits possèdent des ingrédients réputés pour être allergènes

“76 % de ces crème contiennent au moins un ingrédient au fort potentiel allergène”

Ce sont pas moins de 140 corticostéroïdes topiques qui ont été analysés par des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université de Laval, au Canada. Ces produits sont couramment utilisés contre des affections de la peau, tels que la dermatite atopique, l’urticaire, le psoriasis ou encore l’eczéma.

Selon leurs résultats, publiés dans le Journal of Cutaneous Medicine and Surgery, 76 % de ces crèmes contiennent au moins un ingrédient au fort potentiel allergène. Pas loin de la moitié d’entre eux (43 %) en contiennent même deux ou plus. “Je savais qu'on en retrouverait, mais pas autant”, estime la Dre Marie-Claude Houle, dermatologue à la tête de l’étude.

Propylène glycol et agents de conservation sont en cause

L’allergène le plus couramment observé dans ces traitements locaux est le propylène glycol, présent dans 43 % des produits. Cet excipient issu de la pétrochimie facilite l’absorption des crèmes par la peau. Arrivent ensuite les parabènes (28 %), le chlorocrésol (11 %) et les libérateurs de formaldéhyde (7 %), qui sont des agents de conservation.

Ces allergènes peuvent amplifier les problèmes de peau

“La présence de composés allergènes dans ces médicaments peut avoir deux répercussions”, explique la Dre Houle. “D’abord, la dermatite pourrait ne pas répondre au traitement. Ensuite, ces allergènes pourraient amplifier le problème. Par exemple, des dermatites qui ne touchaient que le genou au départ peuvent s’étendre à la cuisse et à la jambe”.

Bien sûr, seules les patients allergiques à l’un de ces ingrédients risque de voir leur problème s’aggraver. Mais au vu du nombre important d’allergènes dans les dermocorticoïdes, et de la facilité avec laquelle on les prescrit, la spécialiste souligne qu’il est “assez fréquent” de rencontrer des personnes allergiques.

Des efforts à fournir du côté des laboratoires, comme des médecins

Elle reconnaît néanmoins qu’il est presque impossible pour les laboratoires pharmaceutiques de mettre au point des formules sans aucun allergène. “Il est toutefois possible de faire mieux. Nous présentons en annexe de notre article scientifique une liste de produits qui [en] contiennent moins”.

En parallèle, elle invite les médecins à être plus attentifs à la composition des produits qu’ils prescrivent, et de toujours vérifier les antécédents allergiques du patient. « Si le patient ne répond pas au traitement ou si son problème s’amplifie, il faut envisager la possibilité que le médicament soit en cause”, ajoute-t-elle.

Si les crèmes examinées par les chercheurs de Laval sont celles vendues au Canada, il convient de rappeler que des ingrédients comme le propylène glycol, les parabènes ou le chlorocrésol sont également autorisés en France et largement utilisés par les industries pharmaceutique et/ou cosmétique. Avant d’utiliser toute crème, n’hésitez pas à consulter sa composition.

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