Vessie : ce geste simple diminue de 65 % le risque de cancer
Le cancer de la vessie reste largement ignoré du grand public. Il s'agit pourtant du cinquième cancer le plus fréquent en France, se plaçant juste derrière la prostate pour les affections urologiques. Selon l'Association Française d’Urologie, plus de 20 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année sur le territoire. Cette maladie entraîne environ 5 000 décès annuels. Une disparité importante existe entre les sexes. La maladie touche de façon majoritaire les hommes, chez qui la fréquence est quatre fois supérieure à celle observée chez les femmes.
Cancer de la vessie : ce geste simple peut vous sauver
Fumer n’abîme pas uniquement le système respiratoire et n’est pas seulement impliqué dans le cancer du poumon. Le tabagisme est aussi une cause directe de cancer de la vessie. L'arrêt du tabagisme représente même la meilleure prévention, car cette addiction est responsable de 50 à 65 % des cas. Comment expliquer ce lien ? Les substances chimiques de la cigarette circulent dans le sang, sont filtrées par les reins et finissent par stagner dans les urines, endommageant la paroi vésicale.
Un fumeur voit son risque multiplié par 5,5 par rapport à une personne n'ayant jamais fumé. Cette vulnérabilité s'aggrave fortement si la consommation a commencé durant la jeunesse. Les données de l'AFU précisent que la cigarette cause 53 % des tumeurs vésicales masculines et 39 % des cas féminins. Pour se prémunir, il faut également se protéger des produits toxiques professionnels, notamment dans l'industrie chimique, la manipulation de goudrons ou de peinture, en respectant les normes et en portant des équipements de sécurité adéquats.
Sang dans les urines : un symptômes à ne jamais négliger
Le signe d'alerte le plus évident du cancer de la vessie est l'hématurie, c'est-à-dire la présence visible de sang lorsque vous allez aux toilettes. Présent dans 80 à 90 % des cas, ce symptôme ne doit jamais être ignoré. Malheureusement, les patients le confondent souvent avec une simple infection urinaire ou n'osent pas en parler par pudeur, retardant la prise en charge.
Ceci est d’autant plus regrettable qu’un dépistage rapide augmente considérablement les chances de guérison. Pris à temps, le taux de survie à cinq ans dépasse les 80 %. En revanche, il tombe à 50 % si la détection tarde, et s'effondre à seulement 5 % au stade métastatique. En cas de saignements, de troubles persistants de la miction ou d'infections à répétition, consultez immédiatement votre médecin traitant qui saura vous orienter.
Des traitements ciblés et moins invasifs
La prise en charge médicale connaît une véritable révolution grâce aux nouvelles immunothérapies. L'usage d'inhibiteurs du checkpoint immunitaire à la suite d'une chirurgie diminue fortement les risques de rechute. Par ailleurs, de nouvelles approches agissent comme des missiles ciblés contre les cellules malades.
“Les avancées thérapeutiques dans le cancer de la vessie sont aujourd’hui majeures et transforment profondément la prise en charge des patients. Nous disposons désormais de traitements plus efficaces, parfois plus précoces, qui permettent non seulement d’améliorer la survie, mais aussi d’envisager des approches moins invasives”, explique le Dr Benjamin Pradère, urologue et membre du comité de cancérologie de l’AFU. L'objectif global de la recherche actuelle reste de préserver l'organe et la qualité de vie en évitant, grâce à des stratégies combinées, l'ablation complète de la vessie.
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