Décès de Nathalie à Baye de la maladie à corps de Lewy : 5 signes précoces qui doivent alerter

Publié par S. Coucke-Haddad
le 18/04/2026
Nathalie Baye
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L’annonce du décès de l’actrice Nathalie Baye, ce vendredi 17 avril 2026 des suites de la maladie à corps de Lewy est un choc. Elle met en lumière une pathologie neurodégénérative peu connue, souvent confondue avec la maladie d'Alzheimer. Qu’est-ce que cette maladie ? Quels signes doivent alerter ? Réponses.

L’actrice aux quatre César, Nathalie Baye, s'est éteinte à l'âge de 77 ans des suites de la maladie à corps de Lewy, dans son domicile parisien. C’est un communiqué de la famille, notamment par la voix de sa fille Laura Smet, publié aujourd’hui qui annonce la triste nouvelle. Suite à l’annonce en juillet dernier des problèmes de santé de l’actrice, elle s’était totalement retirée de la scène médiatique. La comédienne avait fait le choix d'affronter son déclin en toute intimité, à l'abri des regards publics.

Qu’est-ce que la maladie à corps de Lewy ?

Touchant plus de 200 000 personnes en France selon l'Inserm, cette affection se situe au carrefour de la maladie de Parkinson et d'Alzheimer. On estime que 67 % des patients subissent une erreur de diagnostic initiale, orientant faussement la prise en charge vers la psychiatrie. Mieux identifier les tout premiers signes de la maladie éviterait l’utilisation de médicaments inadaptés, comme les neuroleptiques.

Signe 1 : les hallucinations visuelles

Contrairement à de simples confusions passagères, le patient aperçoit des images très détaillées d'animaux ou d'enfants qui n'existent pas dans son environnement direct. Au début de la pathologie, la personne garde conscience que ces visions demeurent irréelles, ce qui facilite grandement l'analyse médicale. Les aidants remarquent souvent cette lucidité précoce chez leur proche. Une tendance marquée à la paréidolie, qui consiste à percevoir durablement des visages dans des objets familiers comme les plis d'un tissu, constitue également un marqueur fort selon la Fondation Vaincre Alzheimer.

Signe 2 : les troubles du sommeil paradoxal

La nuit devient particulièrement mouvementée car l'atonie musculaire normale, qui empêche de bouger en dormant, disparaît totalement. Le malade vit physiquement ses rêves : il crie, donne des coups et risque de tomber de son lit. Selon une étude publiée dans The Lancet Neurology, ces agitations nocturnes apparaissent fréquemment 10 à 15 ans avant l'émergence des premiers problèmes de mémoire. L'épuisement du conjoint face à ces comportements imprévisibles représente souvent la principale raison d'une première consultation médicale, bien avant que le patient ne s'inquiète pour sa santé.

Signe 3 : les fluctuations d'attention

La personne atteinte subit un véritable effet on/off cognitif tout au long de la même journée. Parfaitement lucide et présente le matin, elle sombre soudainement dans une somnolence excessive ou une confusion marquée l'après-midi. L'entourage observe régulièrement des épisodes de regard fixe où l'individu paraît complètement déconnecté de la réalité pendant plusieurs minutes. La Haute Autorité de Santé indique que cette évolution en dents de scie diffère fortement du déclin régulier observé dans d'autres démences. Pour aider le spécialiste à poser un diagnostic exact, les familles ont grand intérêt à tenir un journal détaillant ces diverses variations quotidiennes.

Signe 4 : l'instabilité motrice précoce

Des modifications physiques symétriques s'installent rapidement, associant une lenteur globale des mouvements, une altération de l'écriture et une raideur corporelle. La survenue répétée de chutes inexpliquées, causées par une perte soudaine d'équilibre sans aucun obstacle matériel apparent est un signe majeur. La pathologie se distingue aussi par une règle temporelle précise appelée la règle de l'année : ces altérations motrices émergent moins d'un an avant ou de manière totalement simultanée aux premières défaillances intellectuelles.

Signe 5 : les anomalies du système nerveux

Le dérèglement de la pression artérielle provoque régulièrement une hypotension orthostatique, entraînant des malaises intenses lors du passage à la position debout. Des atteintes non-cognitives sévères, comme une très forte constipation ou une perte totale de l'odorat, peuvent aussi être des indicateurs précoces, l'atteinte touchant en premier lieu le bulbe olfactif cérébral. Enfin, une désorientation spatiale marquée complique rapidement la vie quotidienne en faussant l'évaluation des distances. Cette perte de repères pousse les médecins à utiliser un test simple consistant à dessiner une horloge pour déceler très tôt ces atteintes visuospatiales spécifiques.

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