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Les maladies neurodégénératives se caractérisent par la dégénérescence des cellules nerveuses. Comme leur nom l’indique, elles font dégénérer le cerveau au fil du temps. Parmi elles, le Pr Ayman Tourbah, cite surtout les maladies d’Alzheimer, Parkinson, la sclérose en plaques, ainsi que la maladie de Charcot. Autant de maladies graves, invalidantes et dont on oublie que certaines sont mortelles. Car ces maladies font de plus en plus de ravages. Le nombre de cas se multiplie.

Maladies neurodégénératives : des maladies dont on ne guérit pas

"En France, on compte plus de 200 000 patients atteints de la maladie de Parkinson, 100 000 souffrants de sclérose en plaques, et surtout plus de 850 000 personnes victimes de la maladie d’Alzheimer, avec 1 million en prévision dû au vieillissement de la population, explique le médecin spécialiste. Quant à la maladie de Charcot, elle est nettement moins fréquente".

Le problème c’est que, lorsqu’une maladie neurodégénérative survient, il est difficile, voire impossible de revenir en arrière. "Très souvent, le processus neuro-pathologique a commencé des années avant le diagnostic. Et hélas, à ce moment-là, ce type de maladie a déjà atteint un stade avancé", déplore le neurologue.

"En France, comme à l’international, les maladies neurodégénératives constituent un défi pour le système de santé et la politique de recherche", explique d’ailleurs le ministère des Solidarités et de la Santé. A l’heure actuelle, aucun traitement n’a porté ses fruits.

Des difficultés à marcher et des troubles de l’écriture : des signes de la maladie de Parkinson

Cerveau : les signes qui annoncent une maladie grave

La maladie de Parkinson se manifeste en principe chez des sujets de plus de 50 ans. "Elle se caractérise par la disparition progressive de certains neurones du cerveau, décrit le ministère de la Santé. La conséquence de cette disparition neuronale est la diminution de la production de dopamine dans une région essentielle au contrôle des mouvements. De ce fait, la maladie de Parkinson est avant tout une maladie qui touche les fonctions motrices".

Une définition que corrobore notre neurologue : "Prédire une maladie de Parkinson est relativement difficile, explique le Pr Tourbah. On envisage cette pathologie à la vue de patients présentant rapidement des difficultés à marcher ou à initier des gestes. Une micrographie (écriture de plus en plus petite, ndlr) ou un léger syndrome dépressif peut aussi révéler Parkinson".

Des signes auxquels il faut être très attentif, car malheureusement, la guérison relève de l’impossible, d’après le praticien. "A l’heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de traiter la cause de la maladie, car nous ne la connaissons pas. En réalité, les causes sont multifactorielles, détaille le médecin. Dix pour cent d’entre elles sont d’ordre génétique. Dans ces cas de figure, la maladie survient par la mutation de certains gènes. Mais il y a aussi des facteurs environnementaux qui jouent un rôle, comme certains pesticides. Hélas, les causes ne sont pas encore déterminées".

La médecine d’aujourd’hui traite la conséquence de la pathologie et non la cause. "On va traiter de manière symptomatique phase par phase. Mais plus le temps passe, plus la maladie de Parkinson évolue", rapporte le praticien.

Nier ses pertes de mémoire : un des premiers signes d’Alzheimer

Cerveau : les signes qui annoncent une maladie grave

Le Pr Tourbah débute par une mise au point. "Il va falloir distinguer les troubles de la mémoire de la maladie d’Alzheimer, des simples oublis. En effet, vous êtes nombreux à vous plaindre de problèmes de mémoire. Mais il ne s’agit pas pour autant de la maladie d’Alzheimer contrairement aux idées reçues. Une personne peut souffrir de troubles de la mémoire liés à l’âge".

En clair, cette dernière retrouve la mémoire si elle est stimulée, grâce à des indices. Mais, une victime d’Alzheimer ne pourra pas retrouver les souvenirs perdus. Elle perd progressivement son stock de mémoire, en commençant par les souvenirs les plus récents.

La maladie d’Alzheimer est caractérisée par l’association de deux lésions cérébrales : les dépôts de la protéine beta-amyloïde et les dépôts intracellulaires de la protéine tau. "Ces dépôts débutent au sein des structures de la mémoire qui se nomment les hippocampes, explique le neurologue. Cela explique pourquoi les pertes de mémoire constituent les premiers symptômes d’Alzheimer. Puis, ces dépôts vont se répandre dans l’ensemble du cerveau".

Les individus stockent les souvenirs d’évènements dans leurs hippocampes. Ainsi, pour retrouver un souvenir, vous allez puiser dans ces derniers. "Si vous y parvenez, cela suppose que les hippocampes sont sains, poursuit le spécialiste. Mais un patient atteint d’Alzheimer ne pourra pas y arriver : les souvenirs ont disparu puisque les hippocampes sont endommagés".

Il existe aussi des formes génétiques de cette maladie. "Certains gènes impliquent une forte susceptibilité à développer la pathologie. Chez les personnes dites pré symptomatiques (vous êtes concernés si vos ascendants ont souffert d'Alzheimer, ndlr), on peut être quasiment certains qu’à partir d’un certain âge, la maladie va se déclarer".

Le neurologue évoque enfin un autre signe très fréquent que l’on retrouve chez les sujets atteints d’Alzheimer. "La personne n’est pas consciente de son état, alerte-t-il. Si l’entourage remarque les symptômes et s’en plaint, le malade n’admettra pas qu’il a un problème". En outre, d’autres symptômes viennent s’ajouter aux pertes de mémoire. Le spécialiste parle d’atteinte du langage et de l’exécution de certains gestes.

Fourmillements durables et baisse unilatérale de la vision : un signe de sclérose en plaques ?

Cerveau : les signes qui annoncent une maladie grave

A la fois inflammatoire et neurodégénérative, la sclérose en plaques survient par un processus de dysrégulation auto-immune. "Le système immunitaire présente des anomalies qui vont permettre à l’inflammation de s’installer, décrit le Pr Tourbah. Dans 80 % des cas, on repère un ralentissement de la conduction nerveuse. Petit à petit, la réparation ne se fait plus et la transmission nerveuse va ralentir, jusqu’au handicap chronique irréversible". La maladie commence d’emblée par une incapacité progressive dans 20 % des cas.

"Les origines de la sclérose en plaque sont inconnues : elles sont multifactorielles, associant une susceptibilité génétique à des causes environnementales, détaille le praticien. Dans 25 % des cas, la génétique joue un rôle. Parmi les facteurs environnementaux figure le déficit en vitamine D".

Les premiers signes qui doivent vous alerter peuvent concerner la vision. "Si vous constatez une baisse de vision unilatérale douloureuse inexpliquée et durable, il faut consulter. On retrouve aussi les fourmillements parmi les symptômes, poursuit le spécialiste. Ces derniers peuvent toucher les 4 membres".

Lorsque le handicap est installé, il ne régressera plus. Certains signes peuvent présager une sclérose en plaques plus incapacitante : des troubles urinaires ou sexuels notamment.

Troubles de l’élocution, crampes : des signes de la maladie de Charcot

Cerveau : les signes qui annoncent une maladie grave


Appelée aussi sclérose latérale amyotrophique (SLA), la maladie de Charcot est une affection dégénérative dont la cause exacte est inconnue et pour laquelle, il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement. Elle se caractérise par une atteinte des fibres qui proviennent du motoneurone central et qui cheminent dans la partie latérale de la moelle épinière. Les neurones contrôlant la contraction musculaire sont atteints, ce qui entraîne une fonte des muscles.

Parmi les premiers symptômes, on observe des signes moteurs. "On note le fait de trébucher, laisser tomber des objets, des troubles d’élocution, des crampes et l’affaiblissement des muscles, explique la Fondation Thierry Latran, fondation européenne dédiée à la LSA. Mais il est difficile d’établir des signes à un stade précoce de la maladie". Il n’existe toujours pas de dépistage exclusif de la SLA.

A mesure que la pathologie progresse, les muscles respiratoires s’affaiblissent. Chez certains patients, ce sont les muscles de l’élocution, de la déglutition et de la respiration qui sont les premiers à souffrir. Progressivement, dans la maladie de Charcot, les neurones dégénèrent et entraînent une paralysie. L’espérance de vie des patients est très courte.

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Sources

Merci au Pr Ayman Tourbah, neurologue, spécialiste des maladies inflammatoires et métaboliques du système nerveux, Hôpitaux universitaires Paris-Ile-de-France Ouest, auteur de La sclérose en plaques aujourd'hui et demain, éd. John Libbey

Maladies neurodégénératives, Ministère de la Santé

France Parkinson

France Alzheimer

Fondation Thierry Latran 

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