Maladies intestinales, obésité et diabète : bientôt un vaccin ?

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Des chercheurs viennent de mettre au point un vaccin capable d’éviter les maladies inflammatoires chroniques et les troubles métaboliques comme le diabète et l’obésité. Si cette découverte s’applique chez les animaux, elle est néanmoins porteuse d’espoir.

Des chercheurs de l'Institut Cochin ont réussi à protéger des animaux contre des maladies inflammatoires chroniques, comme la maladie de Crohn, le diabète ou l'obésité, annonce l’Inserm le 11 décembre 2019.

"Chez l’animal, un vaccin modifiant la composition et la fonction du microbiote intestinal permet de protéger contre l’apparition des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et contre certaines dérégulations métaboliques, telles que le diabète ou l’obésité, annonce l’Inserm. Ces travaux sont menés par l’équipe de Benoît Chassaing, chercheur Inserm au sein de l’Institut Cochin".

Bonne nouvelle ! Ce vaccin semble envisageable chez l’Homme, d’après le chercheur. En effet, des "anomalies de microbiote ont été observées chez les patients atteints de maladies inflammatoires et métaboliques. Pour cela, nous travaillons actuellement sur un moyen d'administrer localement la flagelline au niveau de la muqueuse intestinale" a déclaré Benoît Chassaing.

La flagelline neutralisée

Les maladies inflammatoires de l’intestin sont liées à des anomalies du microbiote intestinal chez l’animal comme chez l’Homme. "Les sujets concernés présentent le plus souvent un excès de bactéries exprimant une protéine appelée flagelline, qui favorise leur mobilité. Cela leur permet notamment de pénétrer dans la couche de mucus qui recouvre la paroi intestinale et qui est normalement stérile", détaille l’Inserm.

Or, cette couche est normalement censée former un "mur hermétique" aux bactéries pour protéger l’organisme du risque d’inflammation.

"De précédents travaux avaient déjà démontré qu’au sein de cette couche de mucus, on trouve naturellement des anticorps, dont certains dirigés contre la flagelline, explique encore l’Inserm. Cela signifie que l’organisme développe spontanément une protection immunitaire contre la flagelline, qui permet de contrôler la présence des bactéries qui l’expriment".

Avec son équipe, Benoit Chassaing, a stimulé cette production d’anticorps anti-flagelline afin de réduire la présence de bactéries exprimant la protéine dans le microbiote intestinal, afin de diminuer le risque d’inflammation chronique.

Les souris vaccinées exposées à un régime gras ne sont pas devenues obèses

Les tests ont été menés sur des souris et ont prouvé que cette "immunisation contre la flagelline permettait de protéger significativement les animaux contre l'inflammation intestinale".

En outre, l'excès de flagelline est aussi responsable de pathologies telles que le diabète ou l'obésité. Les chercheurs ont également vacciné des souris "exposées à un régime riche en graisse". Contre toute attente, les rongeurs vaccinés ne sont pas devenus obèses contrairement aux non vaccinés.

Des tests bientôt menés sur des sujets déjà malades

Actuellement, les chercheurs réfléchissent à un moyen de pouvoir administrer cette production d’anticorps anti-flagelline aux êtres humains.

"Enfin, au-delà de l’aspect préventif, ils souhaitent maintenant tester cette vaccination en mode curatif, chez des animaux présentant déjà une maladie inflammatoire chronique ou des dérégulations métaboliques", annonce l’Inserm.

Maladie inflammatoire de l’intestin : les symptômes qui altèrent le quotidien

"Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (ou MICI) regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Toutes deux se caractérisent par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif", décrit l’Inserm. Dans la maladie de Crohn, cette inflammation peut être localisée à tous les niveaux du système digestif, de la bouche à l’anus. Dans la rectocolite hémorragique, elle est localisée au niveau du rectum et du côlon.

Ces maladies évoluent par poussées inflammatoires. La durée et fréquence peuvent varier selon les patients.

Lors des poussées inflammatoires, les MICI se caractérisent le plus souvent par des douleurs abdominales, diarrhées fréquentes, parfois sanglantes, ou encore une atteinte de la région anale (fissure, abcès). "Ces symptômes font peser sur la maladie un certain tabou. Ils s’accompagnent souvent de fatigue, d’anorexie et de fièvre, voire de manifestations extra-intestinales (articulaires, cutanées, oculaires, hépatiques)", ajoute encore l’Inserm.

Photo : microphotographie montrant l'inflammation du gros intestin.

Photo : microphotographie montrant l'inflammation du gros intestin.© Creative Commons

©Nephron (https://commons.wikimedia.org/)

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