Intestin : les aliments à base de céréales favoriseraient les maladies

Vous êtes de plus en plus nombreux à être concernés par les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. On retrouve la maladie de Crohn ou encore les colites. Une équipe de chercheurs de l’INRAE et de l’Ecole d’Ingénieurs de PURPAN vient de mettre en cause la mycotoxine déoxynivalénol, que l’on retrouve fréquemment dans les céréales et aliments à base de céréales.
Intestin : les aliments a base de cereales favoriseraient les maladies

"Ces dernières décennies, le nombre de personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin est en augmentation, à la fois dans les pays développés et ceux en voie de développement", partage l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) dans un communiqué. Ces maladies peuvent être provoquées par de multiples facteurs, dont l’exposition à certains contaminants alimentaires.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique (une forme de colite), se manifestent par l’inflammation et l’ulcération de la paroi intestinale, un déséquilibre du microbiote, une réponse exacerbée du système immunitaire digestif et de la douleur viscérale. "Elles dégradent sévèrement la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes. Les causes de ces maladies sont multiples et dépendent à la fois de facteurs génétiques et environnementaux", ajoute l’INRAE.

Une équipe de scientifiques de l’INRAE et l’Ecole d’Ingénieur de PURPAN vient de publier les résultats d’une récente étude qui est parvenue à identifier une potentielle cause à ces maladies intestinales : les céréales et aliments à base de céréales. Ces derniers augmenteraient le risque de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et amplifieraient les symptômes. On énumère ces aliments dans notre diaporama.

Les résultats de l’étude ont été publiés le 3 juillet 2020 dans la revue Archives of Toxicology.

MICI : le rôle du déoxynivalénol, contaminant alimentaire le plus répandu

Les causes des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent être liées à la fois à des facteurs génétiques et environnementaux. "Parmi les facteurs environnementaux, figure l’exposition aux contaminants alimentaires, explique l’INRAE. Les mycotoxines sont des toxines produites par les champignons et qui peuvent se retrouver dans une grande variété d’aliments. Parmi elles, le déoxynivalénol (DON), produit par les moisissures de type Fusarium1, fait partie des contaminants alimentaires les plus répandus. On le retrouve en particulier dans les céréales et aliments à base de céréales (farine, pain, pâtes…), indiquant une exposition régulière pour l’Homme et l’animal".

Des études antérieures avaient déjà démontré que le DON pouvait altérer la fonction de l’intestin en provoquant une réponse inflammatoire. Or, son rôle dans la survenue de MICI n’avait jusqu’alors jamais été exploré ni confirmé.

L’exposition au déoxynivalénol induit une inflammation plus importante de la paroi intestinale

Les chercheurs ont étudié l’effet de l’exposition à du déoxynivalénol dans l’alimentation sur le développement d’une maladie inflammatoire de l’intestin chez le rat.

"Pendant quatre semaines un groupe d’animaux a été nourri avec des aliments contaminés avec de faibles doses de déoxynivalénol dépourvues de toxicité aigüe. L’induction de la colite a eu lieu pendant la quatrième semaine", décrivent les chercheurs qui ont constaté une apparition plus rapide et plus sévère des symptômes chez les animaux développant une maladie inflammatoire intestinale et exposés au déoxynivalénol comparé au groupe contrôle nourri avec un aliment non contaminé. 

Chez les animaux concernés par la colite, une inflammation de la muqueuse du gros intestin, "l’exposition au déoxynivalénol induit entre autres une augmentation de la perte de poids, une inflammation plus importante de la paroi intestinale et une forte augmentation d’entérobactéries dans le microbiote", indique l’étude.

Ces résultats prouvent que le déoxynivalénol, un des contaminants alimentaires les plus répandus dans les aliments à base de céréales, constitue un facteur de risque dans le développement de maladies inflammatoires de l’intestin

"Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer ces effets chez l'homme afin de formuler des conseils diététiques aux patients atteints de MICI", tempèrent les chercheurs.

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