Définition : qu’est-ce qu’une mycose du gland ? 

Généralement bénigne, la mycose du gland est une infection qui se développe au niveau des parties génitales masculines. En cause ? La prolifération en excès d’un champignon microscopique de la famille des Candida naturellement présent dans le corps humain, notamment au niveau de l’appareil digestif. Dans la grande majorité des cas, il s’agit du Candida albicans.

Pour autant, cette infection génitale n’est pas souvent rencontrée dans la population générale masculine. "Les champignons microscopiques ne s’attaquent qu’à un certain type de cellule, et l’homme en a peu au niveau du gland", explique l’infectiologue Jean-Marc Bohbot, expert des maladies uro-génitales à l’Institut Fournier.

Adepte du sucre et des endroits chauds et humides, cette levure va se développer préférentiellement chez les hommes atteints de diabète, non circoncis, dépositaire d’un prépuce un peu long ou encore d’une mauvaise hygiène. "Les champignons microscopiques, c’est comme les cèpes de Bordeaux : ça ne pousse que dans les milieux chauds et humides", image le médecin.

Chiffres : quelle est la fréquence de la candidose du gland ?

La mycose du gland étant une maladie assez rare, il n’existe pas de données très précises sur la prévalence de cette infection chez l’homme. "C’est une pathologie peu fréquente, donc il n’existe pas de répertoire officiel et les études sont très partielles", atteste le spécialiste. 

Quels sont les symptômes de la mycose du gland ?

Les symptômes de la candidose du gland sont facilement identifiables. Ces derniers débutent généralement autour du frein puis s’étendent au gland et au prépuce.

Visuellement, cette infection du gland du pénis se caractérise par :

  • La présence d’une rougeur au niveau du gland ;
  • Des petites pustules blanches (boutons blancs) pouvant évoquer des picots blanchâtres.

Comme pour la mycose vaginale, la mycose du gland peut entraîner des démangeaisons et des brûlures. "Mais, cela n’a rien d’obligatoire", indique l’infectiologue.

À noter que la présence d’une rougeur sur le pénis n’est pas forcément induite par cette infection génitale. "Bien souvent quand il y a des rougeurs sur le gland, ce n’est pas une mycose, mais un problème dermatologique comme les psoriasis ou de l’eczéma", atteste le Dr Jean-Marc Bohbot.         

Quelle est la cause de cette infection génitale ?

La mycose du gland est une infection induite par la prolifération d’un champignon microscopique naturellement présent dans l’organisme, notamment dans l’appareil digestif. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une levure nommée Candida albicans. C'est la raison pour laquelle on parle de "candidose".

La contamination à cette infection est endogène – c’est-à-dire qu’elle n’est pas due à une cause extérieure. Chez l’homme, la prolifération de ce champignon est généralement provoquée par une mauvaise hygiène intime ou bien encore le diabète.

Image d'une Candida albicans au microscope

Image d'une Candida albicans au microscope© Creative Commons

Crédit : Y tambe Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Candida_albicans.jpg

Quelle est la différence entre une balanite du gland et une mycose du gland ?

La balanite du gland et la mycose du gland sont deux affections souvent confondues. Pourtant, il ne s'agit pas de la même pathologie. "La balanite du gland désigne une inflammation du gland", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.

Une balanite du gland du pénis peut être induite par la prolifération du champignon Candida Albicans. On parlera alors d’une balanite mycosique.  Pour autant, la balanite du gland peut également être d’origine :

  • bactérienne ; 
  • allergène ; 
  • herpétique.

En cas de balanite bactérienne, balanite à herpès ou encore balanite allergique, on ne parlera pas de mycose, car la candidose est exclusivement provoquée par la prolifération de champignons microscopiques.

À l’instar de la candidose du gland cependant, les balanites peuvent se manifester par des rougeurs, des brûlures, des démangeaisons et des irritations au niveau des parties intimes. Elle peut également provoquer des mauvaises odeurs, ainsi que des lésions.

Quelle que soit l’origine de la balanite, il convient de se rendre chez un spécialiste dès l'apparition de l'inflammation du gland afin qu'il puisse en diagnostiquer la cause, et ainsi la traiter. 

Quels sont les facteurs de risque de la candidose du gland ?

Les facteurs de risque pouvant favoriser l’apparition d’une mycose du gland sont :

  • une mauvaise hygiène intime favorisant la macération ;
  • un excès d’hygiène intime. "Il faut se laver maximum deux fois par jour, à raison d’une fois le matin et d’une fois le soir", rappelle le Dr Jean-Marc Bohbot.

Mycose du gland : quelles sont les personnes à risque ?

Cette infection génitale du gland du pénis n’est pas une pathologie répandue. Certains hommes, cependant, sont plus à risque que d’autres. Parmi eux, on peut citer :

  • les hommes non-circoncis disposant d’un prépuce un peu long ;
  • les diabétiques. "Les hommes diabétiques font souvent des mycoses génitales, car cette pathologie induit l’accumulation de sucre au niveau des tissus. Or, le sucre est le carburant de ce champignon microscopique", indique le Dr Jean-Marc Bohbot. 

Combien de temps dure une candidose du gland ?

La mycose du gland est une pathologie bénigne. Pour autant, il convient de la traiter. Les cas de guérison spontanée sont, en effet, extrêmement rares. Si elle est soignée avec la posologie adéquate, cette infection génitale peut disparaître en moins d’une semaine.

Dans certains cas de figure, la mycose du gland peut persister et mettre plus temps à guérir. La raison est simple : le champignon à l’origine de l’infection peut être autre que le Candida albicans habituellement rencontré. "Ce n’est pas grave, mais ça met plus de temps à guérir, car il faut utiliser un traitement différent", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.

Contagion : comment attrape-t-on une mycose du gland ?

Le développement d’une candidose du gland étant due à des facteurs endogènes, cette infection n’est donc pas une pathologie contagieuse.         

Doit-on proscrire les rapports sexuels lorsqu’on est victime d’une mycose du gland ?

La candidose du gland n’est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible (IST). Arrêter les rapports sexuels peut cependant être indiqué afin d’éviter d’ajouter une irritation mécanique à l’irritation de l’infection.

Si un homme a une relation sexuelle avec une femme présentant une mycose vaginale, une irritation peut également se faire sentir. "Non pas à cause des champignons, mais parce que les sécrétions d’une femme ayant une candidose vulvaire sont plus acides que la normale. Comme c’est juste une irritation, ça guérit sans intervention", précise l’expert.   

Qui et quand consulter ?     

Dès qu’on observe une rougeur au niveau du gland, il peut s’agir d’une candidose.

Il est alors possible de se rendre chez son pharmacien et de lui décrire les symptômes. Si ces derniers correspondent, le professionnel pourra vous fournir une crème antifongique à appliquer quotidiennement. Et cela, sans ordonnance ! "C’est une option qui peut être prise si on n’a pas les moyens d’aller voir le médecin généraliste", indique le spécialiste.

Attention cependant : les mycoses du gland ne sont pas les seules pathologies qui peuvent provoquer l’apparition d’une rougeur au niveau du gland. Si la crème antifongique ne fonctionne pas au bout de maximum trois-quatre jours, il convient d’en cesser immédiatement l’application et de se rendre chez son médecin généraliste. "Il ne faut jamais persister au-delà de quatre-cinq jours un traitement qu’on s’est auto-prescrit. Si ça ne marche pas, c’est que ce n’est pas le bon traitement et sûrement pas le bon diagnostic", prévient le Dr Jean-Marc Bohbot.

Dans ce cas de figure, l’application prolongée d’une pommade antifongique – aussi appelée antimycosique - peut, à terme, causer une irritation supplémentaire. "Ce qui compliquera le traitement ultérieur", prévient le docteur.

Quelles sont les complications de la candidose du gland ?

"Il n’y a pas de complication, si ce n’est le fait d’utiliser n’importe quelle crème", indique le Dr Jean-Marc Bohbot.

Les principales complications de cette infection génitale du gland du pénis sont, en effet, souvent liées à l’utilisation de traitements inadaptés. "Par exemple, une crème anti-inflammatoire à la cortisone sur une mycose n’est vraiment pas conseillée", ajoute l’expert.

Mycose du gland : quels sont les examens et analyses nécessaires au diagnostic ?

En général, seul un examen clinique suffit au médecin généraliste pour poser le diagnostic de la mycose du gland.

Des examens complémentaires peuvent cependant être indiqués dans certains cas de figure. Il est en effet parfois nécessaire de procéder à un prélèvement au niveau de la peau du gland à l’aide d’un coton-tige. Une opération qui n’est pas douloureuse et qui permet de rechercher au microscope le champignon responsable de l’infection. Comme dit précédemment, la mycose du gland peut en effet être parfois causée par un autre champignon que le Candida albicans ou être confondue avec d’autres pathologies.

Comment la traiter ?

Si elle est traitée, la mycose du gland est une maladie qui se soigne facilement et rapidement.

L’application locale d’une crème antifongique est généralement préconisée pendant quatre à cinq jours. Il peut par exemple s’agir de :

  • la crème éconazole à 1% ;
  • la crème fenticonazole (Lomexin) à 2% ;
  • la crème sertaconazole (Monazol).

En cas de récidive notamment chez les hommes diabétiques, il est également possible de préconiser un traitement par voie orale à base de Fluconazole. "On le prescrit en complément d’un traitement local", précise le Dr Jean-Marc Bohbot.

Comment prévenir une candidose du gland ?

Afin d’éviter de contracter une candidose du gland, une hygiène méticuleuse est de rigueur. Il s’agit de se laver soigneusement les parties intimes en pensant à bien décalotter le gland afin d’éviter le phénomène de macération.

Quels produits utiliser pour éviter la mycose du gland ?   

Les conseils du Dr Jean-Marc Bohbot : "pour la toilette intime, l’utilisation d’un produit doux est conseillée afin d’éviter les irritations induites parfois par le gel-douche. Il faut utiliser de préférence des produits dédiés à la zone génitale. Cela permettra de respecter l’hydratation naturelle".

Sites d’informations et associations

Association canadienne de dermatologie

Fédération française d’infectiologie

Sources

Le site de l'université de Lorraine 

https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01732702/document [consulté le 31 octobre]