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Transaminases : qu’est-ce que c’est ?

Les transaminases (ou aminotransférases) sont des enzymes qui assurent une activité d'inter conversion métabolique des acides aminés. "On les trouve essentiellement dans trois types de tissus : au niveau du foie dans les cellules parenchymateuses que l'on appelle ici les hépatocytes, au niveau des globules rouges et au niveau des muscles", explique le professeur Pascal Crenn.

Mais ce sont dans le foie que les transaminases sont les plus nombreuses, et la plupart du temps, "lorsqu’elles sont élevées, cela signe un dysfonctionnement hépatique. C’est ce que l’on appelle une cytolyse, c’est-à-dire une souffrance et une destruction plus ou moins importante des cellules du foie."

Erreur n°1 : trop de boissons avec du fructose industriel

En moyenne, on considère que le taux de transaminases - dont il existe deux types, ALAT et ASAT - est élevé lorsqu’il dépasse 40 UI/l chez les hommes et 35 UI/l chez les femmes. Si les raisons de l’élévation de ces taux sont nombreuses, "l’alimentation joue un rôle important", assure le Pr Crenn.

Elle est en effet l’une des causes principales de stéatose, qui correspond à "une accumulation anormale de graisses sous forme de triglycérides, au niveau des cellules du foie. Elle peut se compliquer d’hépatite et/ou de fibrose."

En pratique, l'excès d'accumulation de triglycérides provient essentiellement "de glucides, c’est-à-dire de sucres et tout particulièrement du fructose que l’on retrouve de plus en plus dans l’alimentation industrielle transformée et notamment dans les boissons sucrées", sous le nom de sirop de maïs à haute teneur en fructose le plus souvent. Si le fructose qu’il y a naturellement dans les fruits est bénéfique car associé aux fibres qu’ils contiennent également, ce n’est pas le cas du fructose ajouté. Il est absorbé rapidement par l’organisme et favorise le stockage des graisses tout particulièrement dans le foie.

La bonne attitude à adopter : limiter au maximum la consommation de produits qui en contiennent, et pour les boissons sucrées (type soda ou jus de fruits) en particulier, s’en tenir à un verre par jour selon les recommandations des autorités sanitaires.

Erreur n°2 : trop de graisses animales

Autres aliments dont il faut se méfier : ceux des fast-foods et les viandes qui, consommés en trop grandes quantités, peuvent avoir un impact sur le taux de transaminases. Ces produits sont en effet riches en "mauvais" lipides, les acides gras saturés et les acides gras trans, qui vont être directement stockés dans les cellules hépatiques.

Une récente étude néerlandaise a d’ailleurs démontré qu’un régime riche en protéines animales augmentait le risque de développer une stéatose.

Si le Pr Crenn confirme cette association, il tient toutefois à la nuancer : "Il faut vraiment un excès très important de graisses animales pour que cela s’associe à des troubles métaboliques et à une surcharge pondérale. Indirectement, les lipides peuvent en effet être une cause d’augmentation des transaminases, mais c’est nettement inférieur à la responsabilité des sucres rapides et du fructose."

La bonne attitude à adopter : ne pas négliger les lipides puisqu’ils doivent constituer 35 à 40% de nos apports énergétiques, mais simplement privilégier les bons, c’est-à-dire les aliments riches en acides gras insaturés comme l’huile d’olive, les oléagineux (noix, noisettes, amandes, etc.), l’avocat ou encore les poissons gras (maquereau, sardine, etc.).

Au contraire, il convient de diminuer sa consommation de viandes grasses, de charcuterie, de plats préparés, de fromages, de beurre, de pâtisseries et de viennoiseries notamment. "L'autre point majeur est de prévenir au mieux la surcharge pondérale et d'avoir une activité physique adaptée", ajoute le Pr Crenn.

Erreur n°3 : plus de deux verres d’alcool par jour

Le Pr Crenn est catégorique : "l’une des choses les plus importantes à retenir concernant le risque hépatique d’augmentation des transaminases, c’est l’excès d’alcool".

Pour être éliminé, l’alcool doit passer par le foie où il y est transformé en une substance toxique, contribuant ainsi à une altération du fonctionnement des cellules hépatiques qui peut être à l’origine d’une stéatose alcoolique. Une consommation de plus de 20 grammes d’alcool par jour (soit deux verres) chez la femme et de plus de 30 grammes par jour (trois verres) chez l’homme suffit pour entraîner ces risques.

La bonne attitude à adopter : limiter sa consommation d’alcool à deux verres par jour maximum chez la femme et à trois verres chez l’homme, en privilégiant les alcools qui contiennent des antioxydants comme le vin rouge et le champagne.

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Sources

Remerciements au professeur Pascal Crenn, hépato-gastro-entérologue et médecin nutritionniste.

"Les erreurs qui vous empêchent de maigrir", Pierre Van Vlodorp, Véronique Liesse et Magali Castro. 2017, Alpen Editions.

"Les lipides". Anses. Mis à jour le 24 janvier 2017.

"Le traitement de la stéatose hépatique et de la stéatohépatite non alcooliques". Ameli.fr. 6 février 2019.

"Alcool et foie". Centre hépato-biliaire Paul Brousse. Mis à jour le 10 novembre 2014.

"Toxicité de l'alcool sur le foie". Ramsay Générale de santé.

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mots-clés : Graisses saturées
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