Les greffes de foie à cause de l’alcool ont augmenté de 50%

Aux Etats-Unis, entre 2002 et 2016, le nombre de personnes ayant subi une greffe du foie a explosé. Les maladies liées à l'alcool sont la cause principale de ce phénomène. Cependant, le pronostic des patients après l'opération ne s'est pas amélioré.

Publicité

Hépatite

, cirrhose, cancer du foie... Les pathologies du foie dues à l'alcool sont nombreuses, et le nombre de greffes de foie en augmentation. Une étude publiée dans la revue JAMA Internal Medicine le 22 janvier 2019 dévoile en effet que le nombre de transplantations hépatiques aux Etats-Unis a explosé de près de 50% entre 2002 et 2016, l'alcool en étant désormais la première raison.

Augmentation du nombre de greffes du foie : un phénomène intimement lié à la perception des maladies hépatiques alcooliques

Les chercheurs ont suivi 32 913 patients : 9438 souffraient d'une maladie hépatique alcoolique et 23 475 étaient touchés par une maladie du foie, sans que l'alcool ne soit en cause. Il a pu être observé que le taux de greffes de foie liées à une consommation excessive d'alcool est passé de 24,2% en 2002 à 27,2% en 2010 et à 36,7% en 2016. De l'autre côté, le nombre de transplantations hépatiques non liées à l'alcoolisme a chuté.

Publicité

Comment interpréter ces résultats ? Pas parce que l'on boit plus d'alcool qu'avant : selon les chercheurs, l'abandon en 2011 du critère selon lequel il fallait respecter six mois d'abstinence avant de subir une greffe du foie explique cette recrudescence. En effet, dans les pays anglo-saxons notamment, l'alcoolisme chronique a longtemps été considéré comme une maladie que l'on s'inflige à soi-même ("self-inflicted") et dont on est responsable, comparée aux maladies génétiques du foie par exemple ; ceci, couplé au manque de greffons et au nombre croissant de personnes sur liste d'attente, imposait aux patients de montrer une certaine motivation pour pouvoir espérer recevoir une greffe.

Plus de greffes, mais une baisse de 11% du taux survie à 5 ans

En revanche, les chercheurs ont également pu observer une baisse de 11% du taux de survie à cinq ans chez les personnes greffées du foie à cause d'une maladie hépatique alcoolique. Des chiffres qui pourraient s'expliquer par le fait que certains patients continuent à boire même après l'intervention, et qui légitimeraient donc le critère d'abstinence.

Mais pour certains médecins, la solution est ailleurs, notamment dans la prévention et le suivi plus poussé du patient : "Avant de conclure que cette augmentation du nombre de décès dus à une rechute est la raison pour laquelle nous devrions revenir au critère arbitraire d'abstinence ou réduire le nombre de transplantations chez les personnes souffrant de maladie hépatique alcoolique, nous devons considérer d'autres options pour améliorer les résultats, notamment à travers de meilleurs tests de dépistage des autres maladies du foie", affirment les docteurs Mack Mitchell et Willis Maddrey.

La rédaction vous recommande sur Amazon :
Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !
X