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Près de 7.8 millions de Français, soit 18,2% de la population, souffriraient de stéatose métabolique.

"Nous avons pu montrer à partir de la cohorte française Constances de l’INSERM, qu’environ 200 000 individus auraient une stéato-hépatite (NASH) avec fibrose avancée et un risque élevé d’évolution vers la cirrhose et le cancer du foie" expose le Pr Lawrence Serfaty, chef du service hépatologie de l'hôpital Hautepierre de Strasbourg.

À la différence de la stéatose métabolique qui se caractérise par une simple surcharge de triglycérides dans le foie, la NASH, quant à elle, associe à l'accumulation de graisses dans le foie, une inflammation et des lésions hépatocytaires (les hépatocytes sont les cellules du foie) chez des patients qui consomment peu ou pas de boissons alcoolisées. Si la cirrhose est réversible, la NASH est une atteinte hépatique réversible. Néanmoins, elle est susceptible d'évoluer vers une cirrhose et/ou un cancer du foie.

J’ai des troubles du métabolisme (obésité, diabète, cholestérol)

Les personnes les plus à risque de développer une stéatose hépatite non alcoolique ou NASH ? Les hommes d’abord (deux fois plus d’hommes que de femmes ont une NASH : prévalence de 25,8 % chez l’homme contre 11,4 % chez la femme). Le risque augmente également avec l’âge. "Les groupes à risque majeur réunissent les personnes présentant des troubles métaboliques" informe le Pr Lawrence Serfaty.

Les personnes obèses ont 80 % de risque en plus d’avoir le foie gras. Les sujets diabétiques (plus de 60 % d’entre eux ont le foie gras et les diabétiques ont trois fois plus de risque d’avoir une fibrose avancée du foie), et les personnes ayant un taux de transaminases élevé de façon inexpliquée (50 % des personnes d’entre elles ont le foie gras) sont aussi à risque.

Je mange gras et sucré, je bois des sodas

Je mange gras et sucré, je bois des sodas© Istock

"Les autres facteurs de risque de NASH sont liés au mode de vie : consommation d’alcool modérée (1 verre/jour), de tabac, alimentation déséquilibrée grasse et sucrée, consommation de sodas" informe le Pr Lawrence Serfaty.

Quels sont les risques liés au mode de vie ?

Il est démontré qu’une alimentation riche en sucre, en acides gras saturés et en cholestérol (aliments hépato-toxiques) est un facteur de risque de NASH.

Une consommation d’alcool même modérée (moins de 3 verres par jour pour un homme et moins de deux verres par jour pour une femme) est un facteur de risque d’apparition et d’aggravation de la maladie. "Même une consommation minime d’alcool, de l’ordre d’un verre par jour, est un facteur de risque de stéatose métabolique" souligne le Pr Serfaty.

Boire des sodas est un facteur de risque et de sévérité de la maladie. "Un seul soda par jour augmente le risque d’avoir la maladie et d’avoir une maladie plus sévère" informe l’hépatologue. Les sodas représentent une concentration très importante en sucre" explique ce spécialiste.

Enfin, le tabagisme est également un facteur de risque. "10 cigarettes par jour est le seuil de risque de développer une maladie plus sévère" indique le Pr Lawrence Serfaty.

À savoir : il existe en outre des facteurs génétiques de risque. "Des polymorphisme sur plusieurs gènes sont associés à la maladie et à une maladie plus sévère. Ces anomalies génétiques doivent être recherchées en particulier chez 10 % de patients n’ayant aucun facteur de risque métabolique (pas d’obésité, pas de diabète, pas de cholestérol)" précise l’hépatologue. "Le microbiote joue également un rôle" ajoute-t-il.

Foie gras : comment le dépister et comment le prévenir ?

© Istock

Quel dépistage pour qui ?

"Le défi est de dépister les personnes à risque de lésion de stéato-hépatite. Le dépistage des groupes à risque (obèses, diabétiques, avec un taux élevé de transaminases inexpliqué) est un premier objectif" indique le Pr Lawrence Serfaty.

Le dépistage consiste en une échographie du foie pour déterminer la présence de graisses et en la réalisation d’un test simple, le test FIB 4, test de fibrose. Ce test est calculé à l’aide d’une formule incluant l’âge du patient, les transaminases et le nombre de plaquettes.

Si le score est supérieur à 1,3, le patient doit être adressé à un spécialiste hépatologue qui réalisera une batterie de tests, dont le fibroscan, afin d’évaluer le risque de maladie avancée. Une biopsie du foie pourra être proposée afin de confirmer le diagnostic de NASH et envisager un traitement spécifique et adapté.,

Comment prévenir le foie gras ?

"Il existe des facteurs protecteurs de la NASH" enseigne le Pr Lawrence Serfaty.

L’exercice physique en est un, à raison de deux heures par semaine au minimum. "L’activité physique a un effet anti-stéatosique, anti-inflammatoire et anti-fibrosant" explique le spécialiste.

De même, la consommation de café semble protéger le foie. Au moins deux tasses de café non décaféiné par jour préviennent une forme sévère de la maladie du foie gras (tout comme du cancer du foie). Pour protéger son foie, il convient essentiellement de perdre du poids en cas de surpoids et d’avoir une alimentation équilibrée.

Sources

Merci au Pr Lawrence Serfaty, chef du service hépatologie de l'hôpital Hautepierre de Strasbourg.

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