Témoignage : "Après huit ans de supplice, j’ai surmonté la maladie de Lyme"

Publié le 27 Juin 2019 à 18h00 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Mère de famille pleine d’énergie, Laura Arnal contracte la maladie de Lyme pendant ses vacances en famille. De l’apparition des symptômes au diagnostic, en passant par les douleurs invalidantes, l’incompréhension des médecins, et les répercussions sur sa vie personnelle et professionnelle, elle nous raconte sa lente descente aux enfers… et le retour vers la lumière.

Témoignage :© Istock

C’est lors d’un voyage en famille que Laura Arnal, ingénieure expatriée en Allemagne, a contracté la maladie de Lyme - aussi appelée borréliose de Lyme. Un véritable parcours du combattant a dès lors commencé pour cette maman de trois enfants, qui a dû attendre des années avant d’être diagnostiquée et soignée. Une expérience qui l’a marquée à jamais, et qu’elle raconte dans son livre J’ai surmonté la maladie de Lyme, co-écrit avec Charlotte Guttinger (éd. Odile Jacob). En France, plus de 26 000 personnes seraient touchées chaque année par cette maladie.

Des symptômes variés, changeants… et invalidants

Retour en 2009. Laura Arnal part avec son mari et ses enfants pour un périple en camping-car aux Etats-Unis. Durant ce séjour, la famille traverse une zone où les tiques prolifèrent - près de la ville de Old Lyme - mais personne ne les informe du risque. A ce moment-là, elle ne remarque aucune piqûre de tique sur son corps. Mais quinze jours plus tard, Laura commence à se sentir “bizarre”. “J’ai d'abord eu mal à la gorge et une fièvre légère”, se rappelle-t-elle.

Peu à peu, d’autres symptômes s’accumulent et montent en puissance. Sinusite, mal aux dents, incontinence urinaire, problèmes gynécologiques, douleurs articulaires, maux de tête, eczéma… La liste s’allonge, avec pour particularité de changer en permanence. “Je pouvais consulter un médecin pour des éruptions cutanées, et lorsque j’arrivais au cabinet, j’avais mal à la jambe ou au bras”, raconte la quadragénaire. “C’est extrêmement déstabilisant, tant pour le patient que pour le médecin”.

“Au travail, je confondais les clients, je ne pouvais plus rien porter, je me répétais pendant les présentations…”

Au fil des mois, ces symptômes s’aggravent et deviennent réellement invalidants. “J’avais une tachycardie énorme, mon coeur pouvait monter à 220 battements par minute, et ce pendant plusieurs heures. Mes yeux voyaient un jour sur deux, je ne supportais pas le bruit et j’avais des douleurs tellement fortes que je devais rester alitée plusieurs jours”. Elle ajoute qu’elle “devait faire une liste de tous ces signes pour ne pas les oublier”.

Au bout d’un moment, la bactérie finit même par atteindre les neurones. Laura souffre alors de pertes de mémoire, d’atteintes du langage et de perte de sensations dans les mains. Cela l’oblige à quitter son travail, qui consistait à développer le business d’une entreprise de décoration. “Je confondais les clients, je ne pouvais plus rien porter, je me répétais pendant les présentations…”, explique-t-elle. Sa vie personnelle s’en trouve également affectée. “Je ne pouvais plus lire un livre ou suivre un film car j’oubliais le début avant d’arriver à la fin. Pire encore, il m’arrivait d’oublier les enfants à l’école.”

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