Lombosciatique : définition, durée, et traitements pour la soigner

Certifié par nos experts médicaux MedisiteUne vive douleur en bas du dos qui irradie dans une jambe voire jusqu’aux orteils porte le nom de lombosciatique. Plus pénible qu’inquiétante, comment en venir à bout et éviter les récidives ?

Définition : qu’est-ce qu’une lombosciatique ?

Une lombosciatique est une affection du bas du dos souvent hyperalgique (qui provoque une forte douleur), dont la particularité est d’irradier dans les jambes, le long du nerf sciatique, à droite ou à gauche. 

Les chiffres de la lombosciatique

La prévalence annuelle de la lombosciatique commune avoisinerait 2 % dans la population adulte, avec un pic de fréquence entre 40 et 60 ans.

Quels sont les symptômes d'une lombosciatique ?

La douleur initiale siège le plus souvent dans le bas du dos. Si elle descend selon un trajet précis le long d’une des jambes, c’est une lombosciatique. L’analyse du trajet de cette douleur permettra de trouver quel est le disque abîmé. La douleur peut aller du bas du dos aux orteils en passant par la fesse, la cuisse, le genou, le mollet et le pied, du côté droit ou du côté gauche.

D’autres symptômes peuvent apparaître :

  • des sensations de décharges électriques ;
  • des fourmillements avec perte de sensibilité au niveau des doigts de pied ou de la jambe.

5 % des lombosciatiques ne sont pas d’origine discale et s’accompagnent de signes inhabituels :

  • fièvre ;
  • début progressif ;
  • localisation anormale de la douleur ;
  • paralysie...

Quelles sont les causes de la lombosciatique ?

Dans 95 % des cas, la lombosciatique est due à une hernie discale des vertèbres L5 ou S1 (en dessous de la cinquième vertèbre lombaire, au début du sacrum).

Avec l’âge, les disques intervertébraux ont tendance à s ’user, particulièrement au niveau de la charnière entre le bas du dos et le bassin, qui est une zone où les contraintes et les mouvements sont importants. Le matériel du disque intervertébral devient moins élastique et se fissure. À l’occasion d’un effort de soulèvement ou d’un faux mouvement, le disque se déchire et du matériel discal est expulsé en arrière : c’est la hernie discale.

Si la hernie atteint une racine nerveuse, elle provoque une inflammation et/ou une compression du nerf sciatique. Le plus souvent, une douleur irradiant dans un membre inférieur témoignera de la souffrance de cette racine.

Avec l’âge, d’autres causes de lombosciatiques s’ajoutent :

  • arthrose ;
  • déminéralisation osseuse avec tassement d’une vertèbre.

Schéma : trajet du nerf sciatique dans la fesse

Schéma : trajet du nerf sciatique dans la fesse© Creative Commons

© CC - Auteur : Henry Vandyke Carter, 1831–1897 - Licence : domaine public - Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gray1244.png?uselang=fr

Quels sont les principaux facteurs de risque de la lombosciatique ?

Les principaux facteurs de risque de la lombosciatique sont : 

  • les sollicitations mécaniques excessives du rachis, surtout si elles s'accompagnent de mouvements répétés de flexion-extension ou de torsion du tronc ;
  • le surpoids ;
  • le manque d’activité physique ;
  • le port de charges lourdes. 

Lombosciatique :  qui sont les personnes à risque ?

La lombosciatique touche particulièrement certains professionnels qui manipulent des charges lourdes comme les déménageurs, les infirmières, les carreleurs. Les personnes de grandes tailles sont aussi plus à risque. 

Combien de temps dure une lombosciatique ?

Elle est soulagée généralement en quelques semaines (près de 90 % des cas en 3 mois) avec des médicaments contre la douleur et l’inflammation.

La lombosciatique est-elle contagieuse ? 

La lombosciatique n'est pas une maladie contagieuse. 

Lombosciatique : qui, quand consulter ?

La douleur vive conduit naturellement à consulter son médecin pour être soulagé, lorsque les antalgiques courants ne sont pas efficaces.

Cependant, il est vivement recommandé de consulter un professionnel en cas de :

  • fièvre ;
  • déficit moteur d’un ou des deux membres inférieurs ;
  • perte de sensibilité au niveau du périnée ;
  • difficultés à uriner ou besoin urgent d’uriner, pouvant suggérer des troubles de contrôle des sphincters urinaires ;
  • constipation, pouvant suggérer des troubles de contrôle des sphincters anorectaux. 

Comment évolue une lombosciatique ?

Dans la grande majorité des cas, les lombosciatiques sont des maladies bénignes. Elles guérissent donc avec un traitement médical simple. Les récidives sont possibles. Une rééducation doit être envisagée dans cette perspective, ainsi qu’une modification de l’hygiène de vie :

  • perte de poids ;
  • musculation du dos ;
  • rééducation posturale.

Quelles sont les complications possibles de la lombosciatique ?

Il existe une forme grave de lombosciatique qui nécessite une intervention chirurgicale en urgence, c'est ce que l'on appelle le syndrome de la queue-de-cheval.

Celui-ci se manifeste par une perte de force musculaire au niveau des jambes ou par des troubles des sphincters (incontinence urinaire et fécale). À ce stade, il est urgent de libérer le nerf comprimé, sous peine de rester paralysé ou incontinent.

Lombosciatique : quels examens et analyses ?  

L’interrogatoire sur les circonstances de survenue de la douleur et sa localisation, ainsi qu’un examen clinique, suffisent le plus souvent au médecin pour établir le diagnostic et choisir un traitement.

Si l’examen clinique est typique, les examens complémentaires, et en particulier l’examen radiologique, ne sont pas forcément demandés lors d’un premier épisode de lombosciatique. C’est au médecin de juger s’ils sont nécessaires.

L’examen le plus fréquent est une radiographie du rachis lombaire, éventuellement complétée par un scanner et une IRM. 

Traitement : comment soigner une lombosciatique ?

Le repos n’est pas obligatoire, il est même conseillé de maintenir une activité modérée, si les douleurs sont tolérables.

Le traitement est destiné à soulager la douleur, il est constitué de médicaments :

  • anti-inflammatoires ;
  • antalgiques ;
  • myorelaxants éventuels, pour détendre les muscles ;

Si nécessaire, des infiltrations de la colonne par des corticoïdes permettent de soulager la sciatique. Dans les cas les plus invalidants, un corset peut-être proposé pour maintenir la colonne lombaire. 

Quelle est la durée de l’arrêt de travail ?

Suivant le métier exercé, l’arrêt de travail dispensé sera très variable. Pour une activité sédentaire, quelques jours seront suffisants, alors que pour les personnes exerçant un métier très physique, l’arrêt pourra aller jusqu’à plusieurs semaines.

Quand une opération est-elle envisagée ?

En cas d’échec du traitement médical, l’ablation de la hernie discale peut être envisagée. La hernie peut être détruite par nucléolyse ou retirée par une opération chirurgicale. Le choix sera réalisé par votre médecin en fonction de différents paramètres (antécédents, morphologie...).

Lombosciatique : quelle prévention ?

Une bonne condition physique et quelques réflexes simples sont à conseiller :

  • maintenir une alimentation saine et équilibrée ;
  • lutter contre la sédentarité en évitant la position assise prolongée ;
  • lutter contre la surcharge pondérale ;
  • avoir une activité physique régulière ;
  • garder le dos droit, y compris en position assise ;
  • plier les genoux pour ramasser un objet ou lever une charge lourde.

Comment une éducation posturale peut-elle prévenir une lombosciatique ?

La réponse du Docteur Bernadette De Gasquet, auteure de « Pour en finir avec le mal au dos » (éd. Albin Michel) :

"Une éducation posturale reste, à mon sens, la meilleure prévention. Cela passe par une position assise correcte, sans croiser les jambes, en s’aidant d’accessoires de positionnement comme des reposes pieds ou un ballon coussin (appelé galette) sous le bassin ou dans le dos pour la voiture.

Une ceinture sacro iliaque sans baleine pour les positions debout permet une bonne prise de conscience et une stabilisation du bassin et des charnières responsables, sans affaiblir la musculature.

Il existe des postures antalgiques très efficaces pour détendre les tensions dues aux réflexes de défense. Il faut apprendre à  bouger en conscience, étirer la colonne du bassin au sommet de la tête, décomprimer les disques et renforcer les muscles profonds qui nous tiennent dans la gravité."

Sites d'informations et associations

Le site de la Haute Autorité de Santé

Le site de l'Assurance maladie

L'Institut parisien du dos

Source(s):

Vidal, Lombosciatique aiguë commune, vidal.fr

Ameli (Assurance maladie), Sciatique, ameli.fr

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