Crèmes solaires : comment faire le bon choix ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteCrème bio, hypoallergénique, sans paraben… Difficile de faire son choix parmi les protections solaires ! Alors que les températures atteignent leur apogée, il est temps de vous équiper pour vous prémunir contre les UV. Mais encore faut-il savoir faire le tri entre les crèmes solaires vraiment efficaces et celles qui ne protègent pas suffisamment ou qui sont toxiques. On vous éclaire, avec les conseils du Dr Paul Dupont, dermatologue et du Dr Isabelle Gallay, Vice présidente du Syndicat National des Dermatologues.

Chaque année en France, quatre-vingt mille nouveaux cas de cancers de la peau sont diagnostiqués. En quarante an, cette maladie a triplé. D’où l’enjeu de vous protéger du soleil en été. "L’excès d’exposition aux UVA et UVB est la principale cause de survenue de cancers cutanés. Il apparaît donc capital de se protéger des excès solaires durant toute la vie pour limiter ces risques", alerte la Société Française de Dermatologie.

Pour être paré contre le soleil, la crème solaire vous sera d’une grande aide. Ce produit doit être appliqué sur l’ensemble de votre corps afin de freiner la pénétration des rayons ultraviolets du soleil dans la peau. Attention premier critère qui doit entrer en jeu : l’indice SPF mesuré en laboratoire qui permet de comparer les écrans solaires entre eux dans leur capacité à protéger contre les coups de soleil (UVB). On considère qu’une crème solaire est protectrice si son indice atteint 30. Le choix optimal s’avère être l’indice 50. Plus il est élevé plus l'action de protection de la crème est élevée.

Or, comment choisir sa crème ? Quelles sont les erreurs à ne pas faire ? Comment l’appliquer ? Explications avec le Dr Paul Dupont, dermatologue et auteur de Soigner sa peau au naturel et Se libérer du psoriasis (éd. Eyrolles) et avec le Dr Isabelle Gallay, dermatologue à Dijon et Vice présidente du Syndicat National des Dermatologues.

Crème solaire : les erreurs courantes

"Je préfère vous mettre en garde concernant les crèmes solaires : d’abord car on n’en met jamais assez, estime le Dr Dupont. Pour couvrir la totalité de la surface corporelle, il faudrait en mettre 50 ml… donc un pot de crème entier ! Ensuite parce qu’aucun écran n’est total. Et surtout car la crème solaire est un faux ami. On a tendance à se croire protéger une fois qu’on l’a appliquée, or on ne l’est pas totalement puisqu’on n’en met pas partout".

Pieds et oreilles : les zones trop souvent oubliées

À titre d’exemple, le dermatologue évoque la plante des pieds. "Lorsque vous êtes couchés à plat ventre, la plante des pieds est exposée au soleil. Ce n’est pas pour rien que le cancer de la peau se manifeste au niveau des pieds le plus souvent. Pourtant, vous êtes peu nombreux à vous enduire de la crème solaire sous la plante des pieds".

"Les plantes de pieds, tout comme les oreilles, sont des zones oubliées, et pourtant, les cancers de la peau ne les épargnent pas !", alerte de son côté le Dr Isabelle Gallay.

Soleil : les heures où il ne faut pas s'exposer

Par ailleurs, le spécialiste nous recommande d’être vigilant quant à l’heure laquelle vous vous exposez au soleil. "Entre 11h et 16h, il vaut mieux limiter l’exposition", préconise-t-il. Et pour cause c’est la période à laquelle le soleil est le plus agressif. "Rien ne vaut la protection vestimentaire à ces heures, car même la meilleure crème solaire laissera passer des rayons nocifs, alors que vous pensez être protégés en ne ressentant pas de coup de soleil", ajoute la Vice présidente du Syndicat National des Dermatologues.

"Avant 11h, vous pouvez vous contenter d’une crème à indice de 10, sauf si vous avez une peau à risque (peau claire), ou si vous avez des antécédents de cancer de la peau", explique le Dr Dupont. Ces personnes doivent miser sur une crème solaire SPF 50.

Crème solaire : il faut en appliquer plusieurs fois par jour

Une autre erreur que nous faisons tous : appliquer une crème solaire SPF 50 en début d’après-midi, se baigner, s’exposer et ne plus en remettre. "On se croit protégé toute la journée, or même si vous choisissez une crème à SPF 50, il faut en mettre plusieurs fois par jour", estime le dermatologue.

"Pour connaitre votre type de peau, ainsi que l’index UV de l’endroit où vous vous trouvez, vous pouvez télécharger l’application "SoleilRisk" qui vous aidera à déterminer la meilleure protection pour vous", suggère le Dr Gallay.

Perturbateurs endocriniens, allergènes, huiles essentielles : attention danger

La capacité de protection d’une crème n’est pas le seul élément à prendre en compte selon le Dr Dupont. Certaines s’avèrent pourvues de perturbateurs endocriniens (ethylhexyl methoxycinnamate sur l'étiquette) et donc potentiellement cancérigènes. En outre, vous n’êtes pas à l’abri de faire une réaction allergique après avoir appliqué votre crème. Si elle contient des allergènes, comme l’alcool benzylique (benzyl alcohol) vous pouvez voir apparaître un eczéma de contact.

"La crème solaire ne doit pas contenir d’huile essentielle (limonène, linalol…), alerte le Dr Dupont. Je ne le conseille pas. Par ailleurs, veillez à ne pas vous mettre au soleil si vous venez de mettre du gel hydroalcoolique sur vos mains. Même après plusieurs minutes, il peut en rester localement et si vous vous frottez le visage, vous pouvez avoir des réactions". L’alcool risque de favoriser la pénétration des substances chimiques.

Quant aux crèmes solaires bio, il faut aussi s’en méfier : "rien ne garanti à 100 % qu’elle ne contient pas de nanoparticule, donc on ne sait pas si elle est réellement bio", poursuit le dermatologue.

Les UVA, responsables d'une grande part des cancers de la peau

"Il faut également tenir compte de la protection contre les UVA, car si les UVB sont nocifs et alertent par la brulure du coup de soleil, les UVA sont plus traitres et responsables pour une bonne part des cancers de la peau car ils pénètrent plus profondément dans la peau : on considère généralement que la protection en UVA dans un produit solaire, est le tiers de la protection en UVB", met en garde Isabelle Gallay.

Ainsi, pour optimiser celle-ci, des filtres minéraux peuvent être rajoutés dans les produits solaires : "vous pourrez par exemple trouver des solaires 50 UVB et UVA, plus performants pour les peaux à risque de cancers cutanés. Les écrans minéraux sont une alternative : non chimiques, ils respectent les écosystèmes (coraux notamment) ; ils seraient à privilégier pour les enfants. Ils n’ont généralement pas bonne presse en raison de leur aspect blanc (leur action est réfléchissante, et non absorbante) ; leur cosmétique s’améliore cependant avec des particules beaucoup plus fines, favorisant leur étalement", ajoute la spécialiste.

Autre intérêt de ces écrans minéraux : ils réfléchissent les UV de façon immédiate contrairement aux filtres chimiques qui doivent être appliqués une demi-heure avant l’exposition.

Vidéo : Soleil : les erreurs les plus dangereuses

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Source(s):

Merci au Dr Paul Dupont, dermatologue

Merci au Dr Isabelle Gallay, dermatologue à Dijon et Vice présidente du Syndicat National des Dermatologues.

Crème solaire, protéger la mer aussi, UFC Que Choisir, juillet/août 2020

Crèmes solaires bio : des résultats très inégaux, 60 Millions de Consommateur, 2019

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