Hémochromatose : les bretons plus à risque d'avoir trop de fer dans le sang

Publié le 28 Mai 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Une mutation génétique d’origine celte est à l’origine de l’hémochromatose, ce qui explique sa prévalence chez les Bretons. Cette maladie se caractérise par un excès de fer dans le sang, qui peut avoir de graves conséquences.
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L’adage “avoir une santé de fer” ne s’applique pas à tout le monde… Une récente étude montre que six personnes sur mille souffrent d'hémochromatose, une maladie génétique qui se caractérise par une surcharge de fer dans le sang. Et les Bretons seraient particulièrement concernés.

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En excès, le fer peut être dangereux pour la santé

Le fer est essentiel à notre organisme. Il permet de fixer l’oxygène dans les globules rouges, afin que celui-ci soit transporté dans les cellules. Mais en excès, ses effets sont délétères sur la santé. L’Hémochromatose est dû à la mutation d’un gène, et provoque une absorption exagérée du fer contenu dans les aliments.

Celui-ci ne s’élimine pas, et s’accumule progressivement dans certains organes. Au bout de quelques années, des symptômes comme une fatigue chronique, une arthrose ou une ostéoporose peuvent apparaître. Plus tard, cet excès de fer peut provoquer une cirrhose, un diabète, un cancer ou encore une insuffisance cardiaque.

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Cette maladie génétique touche particulièrement les Bretons (mais pas que…)

Les Bretons, mais aussi les Gallois et les Irlandais sont plus touchés par cette maladie, car la mutation génétique qui la provoque vient des peuples celtes. Il suffit que deux parents soient porteurs (même sains) de ce gène mutant pour le transmettre à leurs enfants.

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Jusqu’alors, on pensait que l’hémochromatose ne touchait que 3 personnes sur 1000. Mais une récente étude anglaise, portant sur plus de 450 000 sujets, montre qu’elle concernerait le double de personnes. Dans l’hexagone, elle concernerait 1 Français sur 300, soit plus de 200 000 patients.

Un diagnostic précoce permettrait d’éviter les complications

Cette pathologie reste pourtant assez méconnue, alors qu’elle est la première maladie génétique en France. Mal détectée - voire pas du tout, dans certains cas - son diagnostic est tardif, et survient entre 3 et 10 ans après l’apparition des premiers symptômes.

“Les premiers signes apparaissent autour de 25 – 35 ans. Lorsque les malades consultent, rares sont les médecins qui pensent en premier lieu à la surcharge en fer. Ils les orientent généralement vers le spécialiste du signe clinique le plus évident : rhumatologue, cardiologue, psychiatre, sexologue, diabétologue… Le patient se fait ainsi soigner pour un des symptômes et non pour la cause réelle”, peut-on lire sur le site de l’Association Hémochromatose de l’Ouest.

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Du 4 au 10 juin aura lieu la Semaine Nationale de sensibilisation à l’hémochromatose. Celle-ci vise à mieux informer les professionnels de santé et le grand public sur cette maladie, et à encourager son dépistage. Celui-ci consiste en une simple prise de sang, et permet de démarrer rapidement un traitement, pour faire disparaître les symptômes et éviter de futures complications.

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