Aujourd’hui, près d’une femme sur cinq donne naissance à son enfant par césarienne en France. Cette intervention chirurgicale réalisée en urgence ou de manière programmée sauve chaque année des milliers de vies. Toutefois, si cette technique est désormais courante, il n’en a pas toujours été ainsi.

Un éleveur de porc à l’origine de la première césarienne réussie

Pendant des siècles en Occident, la césarienne a été une intervention réalisée post-mortem sur la mère pour tenter de sauver le bébé, ou au moins son âme. En effet, pour les catholiques du Moyen Âge, toutes les personnes non baptisées rejoignaient les armées de Satan. L’église encourageait donc la réalisation de l’opération lors du décès de la mère afin de permettre le baptême du fœtus ou de l’enfant.

Selon les écrits recueillis, il faudra attendre l'année 1500 pour voir une césarienne réalisée et réussie sur une femme vivante. Il ne s’agissait pas de l’expérience d’un chirurgien, mais de la tentative d’un homme pour sauver son épouse et son enfant.

Jacques Nüfer, un châtreur suisse a, en effet, décidé de sortir ces ustensiles - normalement réservés aux organes reproducteurs des porcs - pour venir en aide à sa femme Elisabeth Alepaschin.

En travail depuis plusieurs jours, elle ne parvenait pas à accoucher naturellement malgré l’aide de 13 sages-femmes. Désespéré, l’éleveur de cochons a demandé l’autorisation à la magistrature locale d’ouvrir lui-même le ventre de sa moitié pour en sortir l’enfant. Les chances de survie de la parturiente étant jugées quasiment nulles, il a obtenu l'accord des autorités. Et l’intervention se révèle être un succès. La mère ainsi que l’enfant ont survécu. Selon les écrits rapportés en 1582, Elisabeth Alepaschin serait même parvenue à avoir 5 autres enfants ensuite, dont des jumeaux, tous nés par voie basse. Le bébé miraculé aurait pour sa part vécu jusqu’à 77 ans, un très bel âge pour l’époque.

Césarienne : de la chance et quelques connaissances pour cette première réussie

Une telle réussite à cette époque où les règles d’asepsie et les anesthésies n’étaient pas de la partie, peut surprendre. Toutefois, le couple semble avoir eu de la chance. En premier lieu, de par son métier, le châtreur devait connaître certaines sutures et précautions ayant permis d’éviter les infections post-opératoire.

Par ailleurs, certains éléments connus de l’opération font penser qu’il s’agissait d’une grossesse abdominale. Jacques Nüfer n’aurait donc pas eu besoin de découper l’utérus de sa femme pour extraire l’enfant. Ce point conduit certains scientifiques à contester la paternité de la césarienne à l’éleveur de porcs. Ils avancent de leur côté plusieurs noms de médecins comme l’Italien Cristophores Bainus ou le Français François Rousset. Ces docteurs indiquent dans leurs écrits avoir pratiqué des césariennes sur des patientes vivantes, respectivement en 1540 et 1581.

Par contre, l’invention de la suture hystérotomie fait moins polémique. Elle a été introduite en 1882 par le chirurgien et gynécologue allemand Max Sänger. Elle a permis alors de faire chuter de 90% la mortalité maternelle.

Sources

Une brève histoire de la césarienne, la lettre du gynécologue n°321, avril 2007

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