Diabète : panique après l’annonce de l’arrêt de production de pompes à insuline

Publié le 08 Août 2019 à 12h33 par Agathe Boussard, journaliste santé
Medtronic, leader mondial des technologies médicales, a annoncé vouloir arrêter la production d’un modèle de pompe à insuline en 2020. Deux élus de Charente-Maritime alertent le gouvernement sur les conséquences d'une telle décision sur la vie de centaines de diabétiques.

Le compte à rebours a commencé pour plusieurs centaines de malades diabétiques à travers le monde. Le déclencheur ? La décision du leader mondial des technologies médicales, Medtronic, décide d’arrêter la production d’un modèle de pompe à insuline en 2020. Un choix qui va bouleverser le quotidien de nombreux malades.

Pour rappel, le diabète est une maladie chronique due à un dysfonctionnement du pancréas. Selon la Fédération Française des diabétiques, "il se caractérise par une hyperglycémie chronique, c’est-à-dire un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose (glycémie) trop élevé".

Une très mauvaise nouvelle pour certains malades diabétiques

Il existe deux grands types de diabète : "Le diabète de type 1 qui concerne environ 6% des diabétiques et le diabète de type 2 qui touche 92% des diabétiques", peut-on lire sur le site de la Fédération. Les personnes concernées par l’annonce de l’entreprise américaine Medtronic sont atteintes de diabète de "type 1 complexe", soit environ 1% des 200 000 diabétiques de type 1. Selon l'association de médecins Evadiac (Evaluation dans le Diabète du traitement par Implants Actifs), 200 malades diabétiques en France porteraient le modèle de pompe à insuline qui sera très prochainement retiré du marché. Ils seraient environ 400 dans le monde.

Pour eux, l’arrêt de la fabrication de ce dispositif médical est une très mauvaise nouvelle. Ces diabétiques ont, en effet, besoin que l’insuline leur soit injectée dans le corps. "Ces patients sont particuliers", a ainsi expliqué à l’AFP le Pr Eric Renard.

Le chef du service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition du CHU de Montpellier poursuit : "Contrairement aux autres, leur peau n’absorbe pas l’insuline ou seulement de manière irrégulière. [...] Ils ont besoin d’un traitement qui court-circuite la peau, que l’insuline soit directement injectée dans l’organisme." Les traitements conventionnels du type pompe à insuline externe ou stylos à insuline ne leur permettent pas de "maîtriser" leur diabète.

La pompe à insuline en question est une pompe implantée dans le ventre devant être remplie d’insuline toutes les six semaines.

Les conséquences de l'arrêt de la production

La décision de Medtronic ne susciterait pas tant d'inquiétudes si l'entreprise américaine n'était pas la seule fabricante de ce dispositif médical dans le monde. Le futur arrêt aura un impact majeur sur le quotidien de ces diabétiques. Le chef de service du CHU de Montpellier a déclaré à l’AFP : "les patients les plus gravement atteints devront se faire hospitaliser pour avoir une injection d’insuline par voie veineuse". Quant à "ceux qui repasseront au traitement sous-cutané, ils devront revire les complications de la maladie".

Plusieurs personnes diabétiques ont donc décidé de réagir. C'est le cas d'Alexandra Rousseau, originaire de Charente-Maritime. La quadragénaire a créé, avec d'autres malades, le Collectif des diabétiques implantés. L'association a lancé une pétition "Sauvez les diabétiques implantés avant qu'il ne soit trop tard" dont l'objectif est de parvenir à poursuivre la production des pompes. Elle vise aussi à "faire connaître ce traitement par pompe implantable à des diabétiques qui n’arrivent pas à gérer leur diabète." Jeudi 8 août 2019, à 14h, la pétition recueillait plus de 2500 signatures.

L'association n'est pas la seule à se mobiliser. Des élus de Charente-Maritime ont également tenu à agir. La sénatrice Corinne Imbert a ainsi écrit à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, pour l'alerter sur ce sujet. Olivier Falorni, député membre du groupe Liberté et territoires, devrait également interpeller la ministre prochainement sur la situation de ces malades.

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