Deuil pathologique : comment le reconnaître ?

Certifié par nos experts médicaux MedisitePerdre un proche n’est jamais évident. Le chemin vers l’acceptation de la disparition de l’être aimé est souvent compliqué. Pour certains, “faire son deuil” est si difficile qu’il devient une maladie. Comment reconnaître un deuil pathologique ?
Deuil pathologique : comment le reconnaître ?Adobe Stock
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Nous vivons tous le deuil de manière différente, toutefois - malgré nos singularités - des étapes similaires sont franchies pour atteindre l’acceptation. Malheureusement, pour certains le deuil prend une forme dévastatrice jusqu’à devenir pathologique.

Quand le deuil devient pathologique ?

Pleurs, déprimes, apathie… être triste après avoir perdu un être cher est, on ne peut, plus compréhensible. Le deuil est un processus psychologique adaptatif qui nous aide à faire face à un choc qu’on vient de subir. "Et cela quelle que soit la nature, qu’il s’agisse de la disparition d’un être cher, du décès d’un proche, du départ d’un ami qui nous quitte pour aller vivre à l’autre bout du monde", précise le psychologue Boris Charpentier.

Ce processus naturel s’articule généralement autour de trois différentes phases sur une durée inférieure à 1 an. La première phase est la stupeur. Elle survient immédiatement après le décès. La personne endeuillée est sous le choc, abattue. Elle se comporte de manière automatique et alterne entre une recherche de l'être disparu et une prise de conscience progressive du caractère irrémédiable de la perte.

La deuxième étape s’apparente à un épisode dépressif où l’individu draine ses émotions douloureuses. "Dans cette phase, le risque de développer un trouble dépressif caractérisé est élevé, mais le plus souvent cela débouche sur la dernière phase", explique l’expert.

Cette dernière phase marque la résolution du conflit intérieur et l’acceptation de la disparition. Toutefois, environ 5% des endeuillés ne parviennent pas à franchir ces 3 étapes. On parle alors de deuil pathologique.

"Le deuil pathologique qu’on appelle « deuil complexe et persistant », se caractérise par une détresse continue de l’individu qui est dans une incapacité de faire face à la perte de l’être cher pendant une période qui va au-delà de 12 mois", explique le psychologue Boris Charpentier.

Il précise : "avec ce trouble, tout se passe comme si le processus adaptatif n’a pas fonctionné. La personne semble ne pas parvenir à passer de la phase deux à la phase trois. Le patient stagne alors dans cette “phase deux” qui évolue vers un trouble dépressif".

Deuil pathologique : quels sont les symptômes ?

"Les symptômes se rapprochent fortement de ceux d’un trouble dépressif : on constate un ralentissement psycho-moteur qui empêche la personne de fonctionner normalement au quotidien", explique le psychologue.

Cette humeur dépressive est quasi permanente. Elle ne laisse aucune place à des sentiments positifs ou des moments de joie fugaces, comme c’est le cas au cours d’un "deuil normal".

Si la personne endeuillée est très affectée sur le plan comportemental et dans la sphère relationnelle, nous remarquons également plusieurs difficultés sur le plan émotionnel et cognitif :

Sur le plan émotionnel :

  • Une tristesse envahissante et une véritable détresse psychologique.
  • Une culpabilité qui n’est pas nécessairement en lien avec le défunt.

Sur le plan cognitif :

  • Des ruminations pendant une grande partie de la journée qui ne concernent pas seulement les souvenirs du défunt
  • Des idées noires et des pensées suicidaires : il y a ici un risque de passage à l’acte très important. "Ces pensées sont présentes dans le deuil normal, mais elles ont pour objectif de ramener à l’être perdu. Ce qui n’est pas le cas dans le deuil pathologique", ajoute le spécialiste.
  • Une auto-dévalorisation et une perte d’estime de soi : ces derniers ne sont pas présents lors d’un “deuil normal”.

Dans certains cas, le deuil pathologique peut aussi prendre la forme de troubles anxieux. Le patient peut entre autres souffrir d’attaques de panique ou d’un état de stress post-traumatique. Ces troubles apparaissent le plus souvent lorsque la mort est brutale et inattendue comme un accident.

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Source(s):

Merci au psychologue Boris Charpentier. Vous pouvez le retrouver sur son site internet