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La dengue a encore frappé en métropole ! Ce lundi 24 août, la préfecture du Lot-et-Garonne a rapporté la détection de deux nouveaux cas dans le département. Les personnes contaminées ont récemment voyagé dans les territoires d’Outre-mer. À leur retour, elles ont séjourné dans les communes suivantes : Agen, Passage d’Agen, Saint-Pierre-de-Clairac, et Villeneuve-sur-Lot.

Une opération de démoustication a été effectuée dans le Lot-et-Garonne

Suite à ce diagnostic positif, une enquête a été menée par l’entreprise Altopictus, pour le compte de l’Agence régionale de la Santé, indique la préfecture dans son communiqué. Celle-ci a permis d’identifier la présence de moustiques-tigre dans le secteur.

Une opération de démoustication donc été réalisée dans le quartier de résidence des individus infectés, dans la nuit du 25 au 26 août 2020. Le but : éliminer tous les moustiques adultes, pour éviter que le virus ne se propage. “Seule une zone réduite autour du lieu de résidence [devait] être traitée étant donné que le moustique-tigre vit dans un rayon de 150 mètres”, précisent les autorités.

Quels sont les symptômes de la dengue ?

Pour rappel, la dengue est une maladie tropicale qui se transmet par la piqûre d’un moustique du genre Aedes porteur du virus. Elle entraîne des symptômes de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) qui se manifestent dans les 3 à 14 jours suivant la piqûre. “Le plus souvent bénigne bien qu’invalidante, la dengue peut toutefois se compliquer de formes hémorragiques”, précise le ministère de la Santé.

Par ailleurs, il n’existe ni vaccin, ni traitement curatif contre la dengue - d’où l’importance de la prévention. Le traitement est symptomatique, il vise à réduire la douleur et la fièvre. La prise d’anti-inflammatoires est, en revanche, contre-indiquée, en raison du risque hémorragique.

Un autre cas dengue en juillet dans ce département français

Le Lot-et-Garonne n’en est malheureusement pas à son premier cas de dengue cet été. Mi-juillet, la préfecture avait déjà annoncé la contamination d’une autre personne qui, elle aussi, revenait d’Outre-mer. Elle avait ensuite séjourné dans les communes de Sainte-Livrade-sur-Lot et Villeneuve-sur-Lot, où la présence de moustique-tigre avait également été mise en évidence.

Cela avait conduit à une première opération de démoustication, s’inscrivant dans le dispositif national de prévention et gestion des maladies vectorielles. En outre, la préfecture rappelle que cet insecte est présent dans le département depuis 2012, mais qu’en “adoptant quelques gestes simples, on peut réduire de 80 % le risque de présence du moustique à proximité de son domicile, et donc de piqûre”. Nous les détaillons dans la page suivante.

Carte de l'implantation du moustique-tigre en France en 2020

Carte de l'implantation du moustique-tigre en France en 2020© Service de presse

© Ministère des Solidarités et de la Santé

Moustique-tigre : comment réduire vos risques de piqûre ?

Moustique-tigre : comment réduire vos risques de piqûre ?© Istock

Le moustique-tigre est présent en France métropolitaine depuis 2004 et, depuis, il s’y est considérablement développé, puisqu’il est désormais implanté dans 58 départements. Cet insecte peut être vecteur de plusieurs maladies graves, comme la dengue, le chikungunya et zika, c’est pourquoi il est ciblé par le gouvernement dans son plan de lutte antivectorielle.

Du 1er mai au 21 août 2020, 155 cas importés de dengue et 4 cas importé de chikungunya ont été confirmés par Santé Publique France.

À l’échelle individuelle, il est aussi possible d’agir pour éviter sa prolifération. La première étape étant de signaler sa présence sur le site dédié, dès lors que vous l’avez identifié près de chez vous. Voici les détails caractéristiques qui vous permettront de le reconnaître :

  • Son corps est rayé noir et blanc ;
  • Il est très petit (environ 5 mm) ;
  • Il pique durant la journée (les autres espèces piquent davantage la nuit) ;
  • Sa piqûre est douloureuse.

Supprimez toutes les eaux stagnantes, lieux de ponte des moustiques

Par ailleurs, quelques bons gestes permettent de limiter sa présence près de votre domicile. Supprimez ou videz tous les endroits et objets pouvant retenir l’eau de pluie, et où celle-ci peut stagner : seau, gouttière, soucoupe des pots de fleurs, bâches, toboggans, bidons, citernes… En effet, le moustique-tigre pond ses œufs à proximité des points d’eau. Et de très petites quantités, comme l’équivalent d’un bouchon renversé, suffisent !

Quelques astuces vous permettent de conserver ces objets sans qu’ils deviennent un gîte larvaire. Versez du sable dans les soucoupes des pots de fleurs, tendez une moustiquaire entre la gouttière et la surface de l’eau sur vos récupérateurs d’eau de pluie, couvrez les réservoirs d’eau avec un tissu…

Supprimez toutes les eaux stagnantes, lieux de ponte des moustiques© Istock

Protégez-vous lorsque vous voyagez

Si les cas de dengue sont relativement limités dans l’Hexagone, les territoires d’Outre-mer sont, quant à eux, confrontés à une véritable épidémie. Il est donc important de vous protéger lors de vos voyages, pour éviter de tomber malade et de ramener ces infections en métropole. Placez des moustiquaires aux portes et fenêtres de votre lieu de résidence, portez des vêtements couvrants en balade et utilisez éventuellement un répulsif.

En cas d’apparition de symptômes caractéristiques dans les deux semaines qui suivent votre retour, consultez votre médecin traitant sans tarder.

Des Français construisent une “usine à moustiques” contre la dengue

Des Français construisent une “usine à moustiques” contre la dengue© Istock

Certaines entreprises se sont aussi lancées dans la lutte contre les maladies vectorielles. C’est notamment le cas de la start-up française InnovaFeed, qui a annoncé, ce mercredi 26 août 2020, la construction prochaine d’une usine d’élevage de moustiques à échelle industrielle, en Australie. Son objectif : lutter contre les infections transmises par ces insectes, telles que la dengue.

Leur projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec le World Mosquito Program (WMP), un programme de recherche australien à but non-lucratif. Ce dernier a développé un procédé permettant d’inoculer une bactérie dans les femelles moustiques, présente à l’état naturel dans “60 % des insectes à travers le monde” et de “supprimer la transmission de ces virus à l’être humain”, explique Bruno Col, porte-parole du WMP.

Ces lâchers de moustiques peuvent réduire de 77 % l’incidence de la dengue

Plusieurs lâchers de moustiques porteurs de cette bactérie ont déjà eu lieu dans plusieurs pays (Australie, Brésil, Nouvelle-Calédonie…), ce qui a permis aux scientifiques de mener une étude d’impact sur une population d’environ 300 000 individus. “Au bout de trois ans, nous pouvons démontrer scientifiquement que nous avons réduit l’incidence de dengue dans les régions où nous avons introduit la Wolbachia de 77 %”.

Leur partenariat avec la société InnovaFeed leur permettra de passer à la vitesse supérieure. "L’idée, c’est de pouvoir aider des villes de plus grande ampleur, de plusieurs millions de personnes", souligne Aude Guo, co-fondatrice de la start-up.

Sources

Deux cas de dengue diagnostiqués en Lot-et-Garonne chez des personnes revenant d’outre-mer, communiqué de la préfecture du Lot-et-Garonne, 24 août 2020. 

Communiqué de presse : Un cas de dengue diagnostiqué en Lot-et-Garonne, communiqué de la préfecture du Lot-et-Garonne, 16 juillet 2020. 

La dengue : information et prévention, ministère de la Santé, 5 août 2019. 

Moustique tigre « Aedes albopictus » et lutte anti-vectorielle, ARS Nouvelle-Aquitaine, 12 août 2020. 

Pour contrer la dengue, des Français construisent une usine à moustiques en Australie, Sud-Ouest avec AFP, 26 août 2020. 

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