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Son histoire a fait le tour de la presse américaine. Âgé de 23 ans, Riley Behrens, domicilié en Arizona, fait partie des nombreuses victimes de la Covid-19. S’il semblait d’abord touché par une forme légère de l’infection, son état a rapidement dégénéré. Le patient a dû être hospitalisé le 29 novembre dernier.

"Je viens d'avoir un accident vasculaire cérébral en raison de complications de Covid-19", partage Riley via son compte Twitter.

Pour rappel, l’AVC est une complication possible liée au coronavirus. De nombreuses études scientifiques ont, à ce jour, déjà démontré que la Covid-19, s’en prenait aussi à notre cerveau. Cette atteinte cérébrale explique notamment la survenue de l’agueusie et de l’anosmie (perte du goût et de l’odorat). Ces symptômes traduisent la capacité du virus à affecter notre système nerveux, en endommageant les zones traitant les informations olfactives (relative à l'odorat).

"Une soudaine faiblesse du côté gauche de mon corps, des vertiges et une vision irrégulière"

A priori, Riley semblait prendre les gestes barrières au sérieux. "Je portais un masque en public, gardait mes distances lorsque j'étais avec les autres, et je me faisais presque toujours livrer mes courses. Malgré cela, j'ai été exposé et suis tombé malade".

En effet, Riley aurait été exposé via une personne qui se serait rendue à un mariage. "J’ai été hospitalisé parce que quelqu’un que je connaissais est allé à un mariage et m’a exposé, poursuit le jeune patient. La Covid-19 n’est pas une blague. C’est un virus potentiellement mortel qui affecte tout le monde. […] Il n’y aucun moyen de prédire comment votre corps réagira".

Si Riley semblait d’abord infecté par une forme légère du coronavirus, son état n’aura pas tardé à dégénérer. "Je suis allé aux urgences après avoir ressenti une soudaine faiblesse du côté gauche de mon corps, des vertiges et une vision irrégulière. J'avais eu des douleurs thoraciques et des maux de tête quelques jours auparavant, mais ceux-ci ont été considérés comme des symptômes légers de Covid-19, raconte-t-il.

"J'ai reçu un supplément d'oxygène et des pilules stéroïdes"

"Je suis passé de symptômes légers à une hospitalisation complète en moins de 48 heures. Mes niveaux d'O2 ont chuté, alors j'ai reçu un supplément d'oxygène et des pilules stéroïdes. Après 24 heures de traitement constant, ils sont revenus à la normale", poursuit Riley.

Le diagnostic est sans appel : Riley a été victime d’une crise ischémique transitoire (AIT), ce qu’on appelle un léger AVC. Sachez que l’AIT est un accident vasculaire cérébral ischémique à la suite duquel la circulation sanguine est rapidement rétablie et dont les symptômes disparaissent dans les 24 heures. C’est pour cette raison qu’on parle d'un léger accident vasculaire cérébral. En principe, la victime récupère rapidement.

Il ne fait, a priori, aucun doute : l’AVC de Riley serait lié à des complications de la Covid-19.

"Le risque d’un deuxième accident vasculaire cérébral sera toujours là" : Riley évoque ses séquelles

"Le risque d’un deuxième accident vasculaire cérébral sera toujours là" : Riley évoque ses séquelles

Riley confie s’être vu administré des infections dans son estomac et plusieurs médicaments. "J’ai pris plus de pilules que je ne peux en compter, tandis que d’autres médicaments ont été injectés de façon intraveineuse, rapporte le jeune patient de 23 ans. J’ai eu des IRM de mon cerveau, des tomodensitogrammes, des rayons X, afin de déterminer le niveau de lésions pulmonaires et cérébrales".

"Je ne retournerai probablement jamais aux sports de contact"

Afin de mettre en garde la population face à la menace de la Covid-19, Riley assure qu’il était sportif et surtout sans antécédents médicaux. Malheureusement, il devrait subir les conséquences de son infection.

"Maintenant, on me dit que je ne retournerai probablement jamais aux sports de contact [sport impliquant des contacts physiques entre joueurs comme le rugby, ndlr], en raison de lésions persistantes aux poumons et au cerveau. Le risque d’un deuxième accident vasculaire cérébral sera toujours là, et un autre traumatisme crânien pourrait être mortel", déplore Riley.

Covid-19 : les AVC plus fréquents chez les patients âgés de 30 à 50 ans

L’histoire de Riley n’est hélas pas un cas isolé. Le 22 avril, le Dr Benoît Guillon, neurologue responsable de l’unité neurovasculaire au CHU de Nantes, rapportait une légère hausse des cas d’AVC dans la population jeune, "sans cause déterminée, sans pouvoir confirmer de lien direct avec le Covid-19". Aujourd’hui, "l’alerte est donnée par les médecins neurologues vasculaires", ajoute le Dr Guillon. "Des patients jeunes positifs au Covid-19, sans facteur de risque, semblent présenter des tableaux atypiques avec des thromboses, des occlusions artérielles relativement diffuses, assez inhabituelles". En outre, il se trouve que ces patients présentent dans certains cas peu de symptômes de Covid-19.

Le Washington Post révélait, le 25 avril, ces mêmes accidents neurologiques à New-York chez des patients âgés de 30 à 50 ans.

Selon les scientifiques, la Covid-19 pourrait favoriser la formation de caillots sanguins.

Covid-19 : quels symptômes en cas d’atteinte cérébrale ?

Covid-19 : quels symptômes en cas d’atteinte cérébrale ?

Dès avril dernier, les scientifiques et nos autorités de santé ont été en mesure de nous alerter sur les risques d’une atteinte cérébrale par la Covid-19. Pour s'attaquer à votre cerveau, le coronavirus pénètrerait via le tronc cérébral par les voies nerveuses. Ce phénomène semble expliquer un certain nombre de symptômes, d’après les conclusions de plusieurs études scientifiques.

Le virus serait capable de se dupliquer à l’intérieur de notre cerveau

Une première étude, parue le 27 février dans le Journal of Medical Virology ont fait un lien entre certains cas d’insuffisance respiratoire survenus chez des patients infectés par le coronavirus et l’atteinte cérébrale.

Une seconde recherche, parue le 13 mars dans le journal Chemical Neuroscience met en avant la perte de l’odorat et du goût, considérée comme un symptôme fréquent du Covid-19. La perte de ses deux sens s'expliquerait par la capacité du coronavirus à s'attaquer à notre système nerveux, en endommageant les zones traitant les informations olfactives (relative à l'odorat).

Une troisième étude publiée le 9 septembre 2020 rejoint aujourd'hui ce palmarès. Dirigée par Akiko Iwasaki, immunologue de l’université de Yale, elle suggère que le virus serait capable de se dupliquer à l’intérieur de notre cerveau. Sa présence prive d’oxygène les cellules du cerveau avoisinantes. Ce phénomène semblerait expliquer les maux de tête, les confusions et délires observés chez certains malades.

Dans les cas les plus graves, le coronavirus peut mener à un accident vasculaire cérébral (AVC) ou à une hémorragie cérébrale. Pour expliquer ce phénomène, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé interviewé par Medisite, évoquait des modifications de la circulation vasculaire cérébrale causées par le Covid-19, "qui serait potentielle chez les patients les plus graves".

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

Twitter Riley Behrens

The Spectrum of Neurologic Disease in the Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 Pandemic Infection, JAMA Neurology, 10 avril 2020

The neuroinvasive potential of SARS‐CoV2 may play a role in the respiratory failure of COVID‐19 patients, Journal of Medical Virology, 27 février 2020

Evidence of the COVID-19 Virus Targeting the CNS: Tissue Distribution, Host–Virus Interaction, and Proposed Neurotropic Mechanisms, Chemical Neuroscience, 13 mars 2020

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