Pandemie : etes-vous devenu hypocondriaque ?

"L'hypocondrie est une préoccupation obsessionnelle liée à la maladie. Les personnes qui souffrent de ce trouble vont faire preuve d'une hypervigilance à l’égard de leur état de santé. Elles vont notamment sur-interpréter (et dramatiser) toutes leurs manifestations somatiques", décrit Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne, interviewée par Medisite.

Aujourd’hui, alors que nous traversons une pandémie, les hypocondriaques deviennent de plus en plus nombreux. "Les personnes déjà fragiles de ce point de vue-là ont vu flamber leurs symptômes, quand d'autres, dépassés par le climat anxiogène, ont vu leur anxiété se traduire sous une forme hypocondriaque", détaille la psychologue. Selon elle, ce phénomène est directement lié à l’obsession vouée au sanitaire et à la peur de la contamination.

Concrètement, certaines personnes qui n’étaient pas hypocondriaques jusque-là le sont devenues. Ces dernières refusent aujourd’hui de voir leurs proches (de peur d’être contaminées ou de les contaminer), consultent les infos en permanence et montent en épingle chaque prétendu symptôme. On partage à travers notre diaporama, 7 signes qui traduisent un comportement hypocondriaque, avec l’aide de Johanna Rozenblum.

L’hypocondrie peut s’accompagner de rituels tels que des lavages excessifs

Avant toute chose, sachez que l'hypocondrie est un trouble anxieux qui se rapproche du trouble obsessionnel compulsif. "Le diagnostic est posé lorsque le thème des obsessions (crainte de la maladie) ou des compulsions (comportements de recherche de réassurance) est uniquement en lien avec la peur ou l'idée d'être malade, explique l’experte. Si la préoccupation d'avoir une maladie s'accompagne de rituels tels que des lavages excessifs ou un comportement de vérification, la question du trouble obsessionnel-compulsif peut aussi se questionner".

En clair, si vous lavez vos vêtements après la moindre sortie par crainte qu’ils contiennent le coronavirus, il est temps de vous poser des questions pour éviter que ces peurs ne se chronicisent et envahissent vos pensées.

Pourquoi devient-on hypocondriaque ?

"Comme pour les autres troubles anxieux, les causes de l’hypocondrie sont plurifactorielles : un héritage génétique, une personnalité, une éducation et des événements de vie peuvent être autant de facteurs de prédisposition. Dans certains cas on retrouve des événements traumatisants dans l’histoire du patient tel que des décès brutaux ou des maladies graves", nous répond Johanna Rozenblum.

Pour aller mieux, il est essentiel de travailler à la compréhension de ce trouble, à l’histoire de son apparition au regard du vécu propre du patient. Il va s’agir de le rassurer et atténuer les manifestations douloureuses à vivre. "Le traitement de l’hypocondrie repose essentiellement sur un travail avec un psychologue. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont particulièrement indiquées avec au centre de l’attention la réassurance, l’écoute et l’empathie, mais l’Emdr peut aussi être pertinente en cas de trauma", précise la spécialiste.

Sachez que dans certains cas d’hypocondrie grave et invalidante, un traitement médicamenteux pourra être associé au travail psychique avec l’aide d’un psychiatre.

Covid-19 : les réactions biologiques de notre corps pour faire face au stress

Si (heureusement) tout le monde n’est pas devenu hypocondriaque, on ne peut nier les séquelles psychologiques de la pandémie sur les humains. Plusieurs recherches scientifiques, dont notamment un rapport publié par les Nations unies, suggèrent qu’il pourrait s’agir de réactions biologiques émises par le corps pour faire face au stress auquel nous sommes confrontés en permanence.

En réponse à ce stress, notre système biologique provoque des effets qui se répercutent dans le corps. On cite notamment les maux de têtes, douleurs digestives, perte de cheveux ou encore les mauvais rêves.

Faites défiler notre diaporama, pour savoir si vous aussi êtes concerné par l’hypocondrie.

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Sources

Merci à Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne

Losing Your Hair Can Be Another Consequence of the Pandemic, New York Times

"Mental health services are an essential part of all government responses to COVID-19", Nations unies, 13 mai 2020

COVID-19 pandemic: Disruptions in daily routine triggering spike in eating disorder cases - TheHealthSite.com- 16 septembre 2020

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