Pandemie : 8 cauchemars frequents et leurs significations

Depuis le début de l’épidémie du Covid-19, notre vie toute entière a été bouleversée. À commencer par nos nuits. Difficultés à s’endormir, réveils nocturnes et cauchemars sont donc désormais le lot de nombreux Français.

Une équipe du Centre de recherche en neurosciences de Lyon a lancé une vaste étude en avril 2020 pour observer les conséquences de l'épidémie de Covid-19 sur le sommeil et les rêves. Le projet se poursuit (questionnaire disponible ici si vous voulez participer), mais les résultats préliminaires sont sans appel : la pandémie a bel et bien un impact sur notre vie onirique.

"Beaucoup de personnes font des rêves angoissants en ce moment, avec le contexte actuel précis en toile de fond ou alors, avec des distorsions. Les grands thèmes sont : peur de la contagion, angoisse de mort, invasion, état de siège ou claustrophobie", nous explique Tristan-Frédéric Moir, spécialiste du langage du rêve, psychanalyste, et onirologue.

Vous êtes nombreux à vous demander ce que peuvent bien représenter vos rêves. Et ces interrogations s’accentuent en cette époque de pandémie. Vos cauchemars, sont-ils simplement le reflet de l’actualité ou dissimulent-ils autre chose ? Vont-ils disparaître en même temps que le coronavirus ou persister ? Entretien avec Tristan-Frédéric Moir.

Pandémie : pourquoi les cauchemars sont plus intenses ?

Avant toute chose, sachez que "tous les rêves ont du sens, que ce soient des cauchemars ou des rêves agréables, note le spécialiste du langage du rêve. A partir du moment où l’on se souvient d’un rêve, c’est qu’il n’est pas anodin. Cela signifie que notre inconscient envoie un message à notre conscient pour lui faire comprendre quelque chose. Aucun rêve n’arrive sans raison. Il faut savoir l’interpréter".

Il se trouve que la pandémie a rendu nos rêves plus intenses, plus effrayants. "Comme le disait le Pr Didier Raoult, nous vivons dans une société où le seuil de tolérance à la mort est à zéro. Pour beaucoup, c’est un choc psychologique que d’être confronté à la menace d’une épidémie, détaille Tristan-Frédéric Moir. Pour tous ceux qui sont nés après la seconde guerre mondiale, en France et dans beaucoup de pays occidentaux, personne n’a été confronté à des situations de menace, de crise, de confinement et de précarité. Pour beaucoup, cette situation est vécue comme un traumatisme, même si chez certains il peut y avoir un processus de déni ; face à cette réalité nouvelle et anxiogène, le cerveau n’a pas les circuits logiques pour traiter l’information".

"Par le biais du rêve, le cerveau va devoir gérer ces données inédites pour que la connexion conscient/inconscient puisse se faire. Le rêve est un moment important de gestion de nos émotions".

En outre, selon le psychanalyste, si vous êtes nombreux à vous souvenir de vos rêves depuis le début de la pandémie, c’est aussi parce que votre esprit était plus "disponible". En effet, le contexte actuel a généré une cessation d’activité pour beaucoup d’entre vous. "Si vous faites partie de ces personnes, vous n’avez plus d’impératif, plus de réveil qui sonne le matin et surtout davantage de temps libre, note le spécialiste. Vous avez donc plus le temps de vous souvenir de vos rêves". La tête étant moins encombrée de préoccupations professionnelles.

Cauchemars : ils peuvent être associés à des vécus qui vous ont traumatisé autrefois

"Chez l’adulte, les cauchemars sont, généralement, un phénomène de résurgence d’événements négatifs refoulés, poursuit le psychanalyste. Ce sont des vécus qui l'ont traumatisé autrefois, un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur qui tente de faire remonter à la surface consciente ce qui a été refoulé et qui est en écho avec le présent du rêveur. De façon générale, le phénomène du rêve est souvent un processus de résonance ; le climat anxiogène actuel peut réveiller de vieilles angoisses ou terreurs inconscientes, des souvenirs enfouis".

En d’autres termes, un rêve peut faire écho avec des angoisses qu’on avait pendant l’enfance.

Pour tenter de comprendre vos cauchemars, faites défiler notre diaporama. Avec l’aide de Tristan-Frédéric Moir, on décrypte les rêves les plus fréquents.

Sachez toutefois, que dans les cas de traumatisme individuel (attentat, perte violente d’un proche, etc.), "il est important de verbaliser en racontant l’événement ou les cauchemars qui en découlent dans un cadre psy", préconise l’expert.

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

Merci à Tristan-Frédéric Moir, Spécialiste du langage du rêve, Psychanalyste, Onirologue, Onirothérapeute, interviewé par Medisite le 13 mai 2020

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.