Les personnes qui ont développé un covid long se plaignent de brouillard mental, d’une grande fatigue, de maux de tête, de tachycardie et même pour certains de troubles digestifs. Pour tenter d’identifier l’origine de ces multiples symptômes, une équipe de l’Université Western Ontario (Canada) a fait passer des IRM fonctionnelles à des patients touchés par cette forme de la covid-19.

COVID long : des anomalies dans lors de l’oxygénation du sang

Pour cette étude, les chercheurs ont recruté des patients souffraient d’un essoufflement persistant plus de six semaines après une infection au coronavirus dans deux hôpitaux de London en Ontario : la clinique de soins urgents COVID-19 du London Health Sciences Centre et le programme COVID-19 post-aigu de St. Joseph's Health Care London. Dans le détail, ils ont réuni 34 patients : 12 avaient été hospitalisées lors de leur maladie et 22 non. Certains participants étaient encore symptomatiques 35 semaines après avoir été contaminés.

Les scientifiques ont demandé à ces individus d'inhaler du xénon polarisé à l'intérieur d’un IRM. Ce procédé leur a permis de voir en temps réel le fonctionnement des 300 à 500 millions de minuscules sacs alvéolaires présents dans les poumons. Ces petites cavités sont responsables de l'apport d'oxygène dans le sang.

"Avec notre technique d'IRM, nous pouvons observer en temps réel l'air se déplaçant à travers la membrane alvéolaire et jusqu'aux cellules sanguines. Nous pouvons réellement voir le rôle des minuscules sacs alvéolaires dans les poumons", a expliqué la Pr Grace Parraga de l’Université Western Ontario, auteur principal de la recherche parue dans la revue Radiology. "Ce que nous avons vu sur l'IRM, c'est que la transition de l'oxygène dans les globules rouges était amoindrie chez ces patients symptomatiques qui avaient eu la COVID-19, par rapport aux volontaires sains", a-t-elle-ajouté.

COVID long : des troubles d’oxygénation même chez les patients non hospitalisés

Des examens supplémentaires ont mis en évidence une "coupe anormale" de l'arbre vasculaire, indiquant un impact sur les minuscules vaisseaux sanguins qui acheminent les globules rouges vers les alvéoles pour qu'elles soient oxygénées.

Les 34 participants présentaient des problèmes de niveau d'oxygène absorbé par leurs globules rouges. Ils ont par ailleurs tous eu le même résultat, quelle que soit la gravité de leurs symptômes ou s'ils avaient été hospitalisés pour COVID-19.

“Pour ceux qui sont symptomatiques post-COVID, même s'ils n'avaient pas eu une infection suffisamment grave pour être hospitalisés, nous constatons cette anomalie dans l'échange d'oxygène à travers la membrane alvéolaire dans les globules rouges", a confirmé l’experte.

Le champion olympique canadien Alex Kopacz qui a été un des participants atteint du covid long de l’étude, a rappelé l’importance de comprendre cette maladie. "J'étais sous oxygène pendant près de deux mois après la COVID-19, et il m'a fallu près de trois mois pour arriver au moment où je pouvais me promener sans haleter", a expliqué le sportif. "Le message à retenir pour moi est qu'il faut se rappeler que ce virus peut avoir des conséquences très graves à long terme, qui ne sont pas anodines. Dans mon cas, avant de tomber malade, je ne pensais pas que cela m'affecterait vraiment".

L’équipe scientifique estime de son côté qu’identifier la cause des symptômes du covid long aidera à mieux identifier les traitements possibles.

Sources

https://medicalxpress.com/news/2022-06-lung-imaging-technique-covid-symptoms.html

https://globalnews.ca/news/8950820/long-covid-canadian-researchers-causes-study/

https://pubs.rsna.org/doi/10.1148/radiol.220492

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