Chaque jour, le bilan des personnes malades et des décès dus au coronavirus s'alourdit en France. Pourtant le pire n'est pas encore derrière nous, semble-t-il. Notre pays doit s'attendre à des "jours difficiles", a prédit le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, lors d'un de ses points de situation quotidien du 25 mars.

Dans ce contexte épidémique, plusieurs experts ont tenté de prédire le pic de l'épidémie, c'est-à-dire le moment où elle aura atteint son paroxysme. Pour cela, ils tiennent compte de l'évolution de la propagation du coronavirus, du nombre de personnes qu'un malade peut infecter, soit la vitesse de transmission de la maladie.

Il est néanmoins difficile de prévoir si le nombre de cas poursuivra son ascension, se stabilisera ou si au contraire, chutera. Le pic de l'épidémie pourrait être atteint entre le 25 et le 28 mars, signalait Jérôme Salomon lors de son point de situation du vendredi 20 mars.

En effet, l'évolution de l'épidémie en France semble suivre celle de l'Italie, avec un décalage de 8 jours. Comme le pic en Italie semble avoir été atteint aux alentours le 20 mars 2020 (les cas ont augmenté de 15% ce jour-là), le pic de l'épidémie en France aurait dû avoir lieu autour du 28-29 mars. Or, les prévisions des épidémiologistes portent à croire que le pic ne sera franchis que courant avril en France.

Coronavirus : le pic atteint d'ici le 15 avril ?

"Les prévisions des épidémiologistes nous laissent penser que d'ici le 15 avril, on va avoir encore avoir une augmentation du nombre de patients en réanimation, estime le Pr Jean-Daniel Chiche, chef adjoint du service de réanimation à l'hôpital Cochin (AP-HP) à Paris, interviewé par TF1. Après cette date, si les prévisions sont exactes, on devrait se retrouver sur une phase de 'plateau'. Ce qui ne veut pas dire que le nombre de patients en réanimation diminuera. On aura toujours autant de patients, car ces derniers nécessitent des soins pendant deux ou trois semaines".

Or, à l'issue de cette "phase plateau" (autrement dit le pi), décrite par le praticien, le nombre de cas devrait cesser d'augmenter, grâce aux mesures de confinement mises en place depuis le 16 mars dernier.

Photo : 4632 patients en réanimation au 29 mars 2020, soit 359 de plus que la veille

Photo : 4632 patients en réanimation au 29 mars 2020, soit 359 de plus que la veille

www.data.gouv.fr.

Photo : 2606 patients décédés à l'hôpital au 29 mars 2020, soit 292 de plus que la veille

Photo : 2606 patients décédés à l'hôpital au 29 mars 2020, soit 292 de plus que la veille

www.data.gouv.fr.

"Malheureusement, on ne ressent pas encore les effets du confinement. Les cas continuent d'augmenter, déplore le Pr Chiche. On est amenés à refuser des patients tous les jours et toutes les nuits. Mais d'ici la fin de la semaine, on devrait voir les effets positifs. Il faut donc continuer à renforcer ce message : le confinement est important".

Pic épidémique : pourquoi la date est-elle si difficile à prévoir ?

Le pic épidémique constitue le moment où le nombre de contaminations réduit d'un jour sur l'autre, et donc où la courbe s'infléchit. D'après Samuel Alizon, directeur de recherche CNRS au laboratoire Maladies Infectieuses et Vecteurs de l'Université de Montpellier, interviewé par France Culture, "on estimera probablement de source sûre la date du pic une fois qu'il sera passé".

Selon lui, le pic va dépendre de différents paramètres, notamment de la date de début de l'épidémie (qui reste assez floue en France), mais aussi de l'efficacité des mesures de confinement. Plus le confinement est efficace, plus le pic arrive tôt. "Mais là aussi, il est très difficile de calculer avec précision cette efficacité", soulève Samuel Alizon.

Coronavirus : la date du pic peut varier selon les régions

La date du pic épidémique peut différer en fonction des régions. Le bilan dans la région Grand Est a connu un bond vertigineux en milieu de semaine dernière (faisant 173 décès supplémentaires entre le 25-26 mars), ce qui semble indiquer que le pic de l'épidémie dans cette région pourrait être proche.

"C'est difficile de le dire, nous avons fait tellement de prédictions qui se sont avérées fausses que maintenant on se méfie. Mais je pense que d'ici huit jours on va voir le pic", estime sur LCI, le Pr Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à La Pitié-Salpêtrière (Paris).

D'autres régions, moins touchées, pourraient connaitre une poussée de cas à plus tardive. C'est par exemple le cas de la Normandie, où le pic est attendu la semaine prochaine selon Christine Gardel, directrice générale de l'Agence régionale de Santé. "Nous avons eu plus de temps pour nous préparer que d'autres régions qui ont connu un pic plus précoce", a-t-elle estimé auprès de France 3.

Dans le sud de la France, l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) attend, quant à elle, "une vague" de malades du coronavirus dans les prochains jours, avant un pic début avril, où la prise en charge en réanimation atteindra ses limites.

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