Coronavirus : la pollution de l'air, est-elle un danger ?

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Des chercheurs italiens ont mis en évidence la relation entre les concentrations en particules fines et la rapidité avec laquelle l’épidémie de Covid-19 s’est diffusée dans le nord de l’Italie. Et si la pollution accélérait la prolifération du coronavirus ?
Coronavirus : la pollution de l'air, est-elle un danger ?Istock

Une étude italienne avançait fin mars que la pollution, et plus précisément les particules fines dans l’air, pourraient transporter le virus du Covid-19. Cette recherche a été menée par douze chercheurs issus des universités de Bologne, Bari, Milan et Trieste. Pour arriver à leurs conclusions, ces derniers ont recoupé les chiffres de l’Agence pour la protection de l’environnement et ceux de la Protection civile. Les chercheurs ont voulu expliquer la rapidité avec laquelle l'épidémie du coronavirus s'est propagée au nord de l'Italie. Selon l'étude, la pollution aurait joué son rôle.

Pour les scientifiques italiens, il y aurait une corrélation directe entre les pics d’infection et les jours où la pollution aux particules fines augmente. Des résultats à prendre avec prudence. Ce n'est pour l'instant qu'une hypothèse.

Des travaux scientifiques plus récents semblent confirmer cette théorie. Le coronavirus aurait été détecté sur des particules de pollution atmosphérique par des scientifiques qui ont cherché à savoir si cela pouvait permettre de le transporter sur de plus longues distances et d'augmenter le nombre de personnes infectées.

Les scientifiques italiens ont utilisé des techniques pour collecter des échantillons de pollution de l'air extérieur, à la fois sur un site urbain et sur un site industriel au sein de la province de Bergame. Les chercheurs ont identifié un gène hautement spécifique au Covid-19 dans plusieurs échantillons.

Lombardie : les phases d'impulsion du virus concorderaient avec les pics de pollution

Les particules fines, dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, sont émises par la pollution. Ces poussières sont considérées comme particulièrement toxiques car elles pénètrent profondément les poumons et l'arbre bronchique. Les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, les malades souffrant de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires, de diabète et d'obésité y sont relativement sensibles.

Les scientifiques italiens ont croisé les chiffres de l’Agence pour la protection de l’environnement sur les concentrations en particules fines et ceux de la Protection civile sur les malades du Covid-19 entre les 10 et 29 février. Dans leurs résultats, il apparaît que les phases d’"impulsion" ou d’"accélération" sont "concomitantes à la présence de fortes concentrations de particules atmosphériques", en particulier en Lombardie, région "caractérisée par trois périodes de dépassements des concentrations de PM 10 [les particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres, ndlr] bien au-delà des limites". Les particules atmosphériques ont pu jouer un rôle de boost, écrivent-ils.

Les particules fines permettraient au virus de rester dans l'air plusieurs jours...

Les particules fines sont considérées comme le polluant atmosphérique le plus nocif pour la santé humaine par l’Agence européenne de l’environnement. En pénétrant dans les voies respiratoires, elles peuvent entraîner cancer, asthme, allergies, maladies respiratoires et cardio-vasculaires.

Ces particules fines "constituent un vecteur efficace pour le transport, la propagation et la prolifération des infections virales", rapporte l’étude.

Dans le cadre du coronavirus, l’effet a été doublement négatif. "En plus d’être un vecteur de l’épidémie, les particules fines constituent un substrat qui permet au virus de rester dans l’air dans des conditions viables pendant plusieurs heures voire plusieurs jours", estiment les chercheurs italiens. Selon eux, la forte pollution atmosphérique pourrait expliquer pourquoi l’épidémie a flambé "dans la plaine du Pô (région naturelle située en Italie septentrionale) plus que dans d’autres régions d'Italie".

Le confinement ne suffirait pas selon les chercheurs

Cette découverte nous pousse à faire le lien avec un récent communiqué relayé par Airparif[organisme français agréé par le ministère de l'Environnement pour la surveillance de la qualité de l'air en région Île-de-France, ndlr] disant que le confinement a permis une nette amélioration de la qualité de l’air dans l’agglomération parisienne.

Airparif a démontré une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 à 30 % dans l’agglomération parisienne, consécutive à une baisse des émissions de plus de 60 % pour les oxydes d’azote.

Mais malheureusement, selon les chercheurs italiens, le confinement ne suffirait pas à endiguer le virus. Ces derniers appellent à des mesures restrictives pour contenir la pollution.

Enfin, selon les scientifiques, des études antérieures avaient montré que les particules de pollution atmosphérique avaient probablement contribué à transporter les virus responsables de la grippe aviaire et de la rougeole sur des distances "considérables".

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