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Tout a commencé par une simple discussion. "La copine de ma sœur a eu 3 fois le virus", nous explique une jeune mère de famille, Sophie. Trois fois, vraiment ? Est-ce possible d'attraper le coronavirus autant de fois ? "Oui, son corps n'arrive pas à s'en remettre. Elle est constamment en rechute...", ajoute la Parisienne.

Il ne nous en fallut pas plus pour appeler Stéphane Gayet et lui demander son avis sur la question...

Covid-19 : peut-on contracter trois fois le virus ?

La question est déroutante. Voire inquiétante. Alors que le monde entier parle d'immunité et d'anticorps (et que l'on a bon espoir de ne pas attraper le Covid-19, voire de ne l'avoir "qu'une" fois), il serait en réalité possible de retomber malade...

Selon The Lancet Infectious Diseases, cinq cas de réinfection ont ainsi déjà été reconnus dans le monde : à Hong Kong, en Belgique, aux Pays-Bas, en Équateur et dans l’État du Nevada aux États-Unis. Une vingtaine d'autres cas auraient été identifiés, notamment en Corée du Sud et en Israël.

Néanmoins, plusieurs cas de malades auraient été interprétés, à tort, comme des cas de réinfection. Les experts se veulent donc prudents face à ce sujet et ne souhaitent pas émettre de conclusions hâtives.

Rappelons en effet que le degré d'immunité, conférée par l'infection au coronavirus, est encore (malheureusement) inconnu. Il est donc difficile de mesurer le taux de réinfection des malades (est-ce que la maladie a "stagné" durant 1 mois puis a pris une tournure plus sévère ? Ou est-ce que le malade a véritablement guéri puis a fait une rechute ? Nul ne peut répondre actuellement...).

Néanmoins, grâce au Pr Gayet, à qui nous avons posé la question, il est possible d'y voir un peu plus clair.

La Covid-19 est une maladie immunisante. Bruno Lina, virologue membre du conseil scientifique, l'a affirmé. Mais il arrive rarement qu'une même personne s'infecte deux fois par le virus. C'est en principe lié à une faiblesse immunitaire, qui n'était pas forcément connue jusqu'alors. Cinq ou six cas ont été décrits dans le monde : des personnes qui ont fait deux fois la Covid-19, ce qui est extrêmement peu. Trois fois, cela me paraît beaucoup. Mais pourquoi pas ?, s'interroge le Pr Stéphane Gayet.

L'infectiologue n'exclut donc pas le fait qu'il soit possible de retomber malade plusieurs fois (1, 2 voire 3 fois...).

Réinfection : des cas rares et isolés

C'est un fait : les cas de réinfection ne sont pas nombreux. Et tant mieux.

Dans une étude publiée au sein de l'Institut national américain (NCBI), le D r Gideon Koren rappelle que, sur des dizaines de millions de personnes infectées depuis le début de l’épidémie, aucune réinfection n’avait été détectée avant août (des chercheurs de Hongkong avaient annoncé à ce moment avoir découvert le premier cas avéré au monde de réinfection par la Covid-19, ndlr).

Le Dr Koren souhaite donc rappeler la "rareté" du phénomène de réinfection.

Réinfection au Covid-19 : un système immunitaire trop fragile ?

Réinfection au Covid-19 : un système immunitaire trop fragile ?

Selon la revue JAMA Network Open, les personnes réinfectées souffrent peut-être d'un défaut de réponse immunitaire. Mais il faut encore prouver ce point.

En effet, les données disponibles suggèrent qu'une forme d'immunité (même minime) se met en place suite à un premier contact avec le virus.

Mais les chercheurs doivent encore déterminer combien de temps dure cette "protection" (d'après la dernière étude britannique portant sur ce sujet la présence d’anticorps s’estomperait sur une période de quatre à six mois, ndlr) et si celle-ci est universelle... ou existe seulement chez certains patients.

En attendant, les scientifiques travaillent d'arrache-pied sur les essais vaccinaux en cours.

L'objectif ? Identifier rapidement les profils dont le système immunitaire est le plus fragile... et qui est le plus susceptible d'être réinfecté.

Coronavirus : quelles sont les personnes les plus vulnérables ?

D'après le site Service-Public de la république française, les personnes considérées comme vulnérables sont les suivantes :

  • celles âgées de 65 ans et plus ;
  • celles ayant des antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • celles ayant un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
  • celles qui présentent une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale : bronchopneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;
  • celles qui présentent une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • celles atteintes d'un cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • celles atteintes d'obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm 2) ;
  • celles souffrant de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • celles présentant un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
  • celles enceintes (troisième trimestre de la grossesse.)
  • celles atteintes d'une immunodépression congénitale ou acquise :
    • médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
    • infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm 3 ;
    • consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
    • liée à une hémopathie maligne en cours de traitement.

Ces personnes, en moins bonne santé, ont plus de risques de développer une forme sévère du virus. Néanmoins, on ne sait pas encore si elles ont plus de chances d'être réinfectées.

Les anticorps disparaîtraient plus vite chez les individus de plus de 75 ans

Les anticorps disparaîtraient plus vite chez les individus de plus de 75 ans

Grande nouvelle. D'après une vaste étude britannique, publiée par l’Imperial College de Londres mardi 27 octobre, les anticorps disparaîtraient beaucoup plus vite chez les individus de plus de 75 ans (une baisse de près de 40 % du nombre de tests positifs sur trois mois) que chez les jeunes de moins de 25 ans.

"On s’y attendait et cela tient au fait que plus on vieillit, plus le système immunitaire est faible", affirme Jonathan Stoye, virologue et responsable de recherche au Francis Crick Institute de Londres, sur France 24.

Autres profils plus "fragiles" - les personnes asymptomatiques.

Elles auraient en effet une réponse immunitaire de plus courte durée que les malades ayant survécu à des formes plus sévères du virus.

En revanche, les personnels soignants conserveraient des anticorps à plus long terme (en moyenne).

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs britanniques ont évalué la persistance des anticorps dans le temps.

Ils ont recruté 365 104 volontaires qui, entre le 20 juin et le 28 septembre, ont effectué eux-mêmes un test sérologique pour détecter la présence d’anticorps.

Fin juin, soit plus de deux mois après le pic de la première vague au Royaume-Uni, les tests se sont révélés positifs pour 6 % de cet échantillon de la population. Trois mois plus tard, le nombre de résultats positifs n’était plus que de 4,4 %, soit une chute de 26,5 %.

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

Une quinzaine de cas de réinfection de Covid-19 repérés dans le monde, Libération.fr, 13 octobre 2020.

The first case of documented Covid-19 reinfection in Israel, NCBI, 2020.

Personnes vulnérables : retour à des critères plus étendus, Service-Public.fr

Declining prevalence of antibody positivity to SARS-CoV-2: a community study of 365,000 adults, Imperial.ac.uk.

Covid-19 : la fin du rêve de l’immunité collective ?, France 24, 27 octobre 2020.

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