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Variole, Charbon : les risques du Bioterrorisme difficiles à évaluer

Variole, Charbon : les risques du Bioterrorisme difficiles à évaluerLa menace : En 2001, après l'envoi de lettres piégées au bacille responsable de la maladie du charbon (anthrax pour les Anglo-Saxons), le risque d'attaque terroriste avec arme bactériologique a été sérieusement envisagé.

Au point que la France a mis au point un plan d'alerte et d'organisation des secours sanitaires appelé BIOTOX.

Quels sont les risques réels ? "Une attaque bactériologique pourrait, certes, provoquer la panique. Mais elle ne serait très efficace sur le plan stratégique que si les terroristes pouvaient être eux-mêmes immunisés contre la maladie qu'ils déclenchent, ce qui pourrait être le cas de la variole : le vaccin existe (la vaccine) et le virus de la variole existe toujours dans les laboratoires. La maladie a été éradiquée grâce aux campagnes de vaccination et plus personne n’est vacciné…"

Grippe espagnole : pourrait-il y avoir une nouvelle pandémie ?

Grippe espagnole : pourrait-il y avoir une nouvelle pandémie ?La menace : "Tous les quatre-vingts ans environ, se déclare dans le monde une pandémie c'est-à-dire une épidémie qui touche tous les continents", explique le Dr Evelyne Moulin, virologue. "La dernière en date, l'épidémie de grippe espagnole, remonte aux années 1918 et a fait plus de morts que la Première Guerre mondiale."

Quels sont les risques réels ? "A cause de constatations statistiques, les autorités sanitaires internationales sont très vigilantes quant à l'émergence de nouvelles épidémies grippales." SRAS, grippe aviaire, grippe à virus H1N1, on voit bien en effet comment le branle-bas-de combat a été déclenché ces dernières années.

"Toutefois, grâce aux moyens de communication actuels qui permettent de rapidement mettre en place des mesures de prévention, on peut penser qu'une telle catastrophe sanitaire serait enrayée." explique le Dr Evelyne virologue.

SRAS : avons-nous échappé au pire ?

SRAS : avons-nous échappé au pire ?La menace : Le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) est un virus qui "est apparu fin 2002 en Chine. On a d'abord cru à une grippe aviaire passée chez l'homme", rappelle le Dr Evelyne Moulin, virologue. Finalement un autre animal est en cause : la civette, un petit mammifère vendu sur les marchés asiatique, mais le virus est maintenant connu grâce au travail en collaboration de virologues sur plusieurs continents (dont la France).

Quels sont les risques réels ? "En quelques mois, 8098 cas ont été recensés dans 27 pays à travers le monde et 774 décès ont été comptabilisés."

"Toutefois, la pandémie aurait pu être beaucoup plus méchante sans les moyens de communication et de coordinations mis en place entre les autorités sanitaires des différents Etats". Nous ne sommes donc pas à l’abri.

Les fièvres hémorragiques : un fléau?

Les fièvres hémorragiques : un fléau?La menace : "Les fièvres hémorragiques peuvent être des maladies graves, parfois mortelles (entre 10% et 80% de mortalité selon les virus en cause) ; d’autres sont bénignes. Elles provoquent des saignements au niveau de la peau, des douleurs musculaires, des atteintes méningées ou des syndromes rénaux", explique le Dr Evelyne Moulin, virologue.

Parmi elles, on trouve : la dengue, la fièvre de la vallée du Rift, la fièvre à virus Ebola, la fièvre du bûcheron ou fièvre à virus Puumala, la fièvre de Lassa.

Quels sont les risques réels ? Les virus qui les provoquent sont transmis à l'homme soit par des piqûres de tiques ou de moustiques infectés, soit par voies respiratoires via les sols souillés par les déjections de rongeurs porteurs du virus (virus Puumala à l'origine d'épidémie dans le Nord-Est de la France). "Les plus redoutables sont cantonnées à certaines régions du monde à climat chaud et humide comme en Guyanne par exemple (dengue)."

Virus du Nil occidental et chikungunya : des risques en France ?

Virus du Nil occidental et chikungunya : des risques en France ?La menace : Entre 1999 et 2003, le virus du Nil, connu jusqu'alors en Afrique, au Moyen Orient, en Inde et relativement peu en Europe, s'est propagé sur tout le continent Nord Américain puis au Mexique, tuant environ 300 personnes.

"En 2003 on a observé trois cas chez les chevaux et deux chez les humains, dans le Sud de la France", souligne le Dr Evelyne Moulin, virologue.

Quels sont les risques réels ? Le virus est transmis par des moustiques de type Culex qui le contractent en se nourrissant de sang d'oiseaux infectés. Pour le virus du chikungunya, un premier cas autochtone, probablement transmis par un moustique tigre, a été détecté dans le Var en 2010.

Ces types de contamination restent exceptionnels et peuvent être facilement maîtrisés en métropole grâce aux mesures de prévention contre les moustiques.

La tuberculose ultra résistante inquiète l'OMS

La tuberculose ultra résistante inquiète l'OMSLa menace : "Chaque année dans le monde, 424 000 personnes développent une tuberculose multi résistante, une forme de tuberculose qui ne répond pas au traitement standard", écrit l'OMS (Organisation mondiale de la santé) dans le Plan d'intervention mondial Tuberculose UR (ultra résistance) et MR (multirésistante) 2007-2008.


Quels sont les risques réels ? "Le bacille de Koch, à l'origine de la tuberculose, s'introduit très profondément dans les tissus bronchiques et s'entoure d'une coque. Il est très difficile à atteindre, de sorte que les traitements sont très longs, entre 3 et 6 mois.

Or, dans les pays en voie de développement, les gens n'ont pas forcément la possibilité de se soigner si longtemps. Ils prennent des antibiotiques quelques temps puis arrêtent. Pendant ce temps, la bactérie a eu le temps de développer une résistance contre l'antibiotique et devient extrêmement difficile à soigner", explique le Dr Evelyne Moulin, virologue. Un plan de l'OMS est actuellement mis en place pour lutter contre ces nouvelles formes de tuberculose.

Virus : une arme bactériologique?

Virus : une arme bactériologique?Le menace : Fabriquer un virus inconnu par génie génétique et en même temps son vaccin pour que certains puissent être immunisés et pas les autres. Voici un scénario largement exploité par le cinéma.

Quels sont les risques réels ? Mais qu'en est-il dans la réalité ? "C'est aujourd'hui de la science fiction et cela va le demeurer encore longtemps", répond le Dr Evelyne Moulin, virologue.

"Nous n'avons pas les moyens techniques de mettre au point un virus conçu de toutes pièces, à moins d’emprunter différents morceaux de virus existants. Mais pourquoi faire ? Il existe des virus mortel, pas besoin d’en inventer ! "

Maladies encore inconnues : le poids du Changement climatique

Maladies encore inconnues : le poids du Changement climatiqueLa menace : "Beaucoup de virus sont très sensibles à la température ambiante", souligne le Dr Evelyne Moulin, virologue. "Ce qui signifie qu'un réchauffement climatique pourrait en effet s'accompagner d'émergence de virus là où ils n'existaient pas."

"De même, la déforestation force des animaux, vecteurs de certaines maladies inconnue chez l'homme, à sortir de leur habitat naturel ; ce qui crée des occasions de contacts avec les humains et des donc des possibilités de contamination."

Quel sont les risques réels ? "Toutefois, en matière de dangers liés aux modifications écologiques, le risque viral reste malgré tout infiniment moins important que les problèmes d'eau potable ou d'approvisionnement en nourriture."

Peste : faut-il craindre de nouvelles épidémies ?

Peste : faut-il craindre de nouvelles épidémies ?La menace : En juillet 2010, 17 cas de peste se sont déclarés au Pérou, 12 de peste buboniques (provoquant une infection des ganglions lymphatiques), 4 de peste pulmonaire (propagation aux poumons) et 1 de peste septicémique (le bacille passe dans la circulation sanguine provoquant une infection généralisée).

En 2009, une épidémie avait également été signalée en Lybie.

Quels sont les risques réels ? En réalité, cette maladie due au bacille Yersinia pestis, transmise par les piqûres, les morsures de rats ou par inhalation, n'a jamais totalement disparue.

En 2003, l'OMS recensait 2118 cas dont 182 mortels. Elle se soigne par antibiothérapie mais de bonnes conditions d'hygiène permettent de l'éviter.

Sida, et autres virus :la prévention reste la meilleure arme

Sida, et autres virus :la prévention reste la meilleure armeLa menace "Contre les bactéries, il existe des traitements comme les antibiotiques, contres les virus, il n'y en a pas", souligne le Dr Evelyne Moulin, virologue. "Dans certains cas, on peut empêcher le virus d'infecter de nouvelles cellules, comme dans le traitement du sida avec l'AZT. Dans d'autres cas comme la grippe ou les fièvres hémorragiques, on peut traiter les symptômes mais on reste impuissant face au virus.

En revanche, des mesures de prévention peuvent suffire à s'en protéger. Pour le VIH qui ne survit qu'à la température corporelle et meurt à l'air libre, le préservatif est un vrai rempart.

Pour certaines, comme l'influenza à l'origine de la grippe, de simples principes d'hygiène, comme le lavage des mains, le fait de ne pas cracher, de se servir de mouchoir en papier jetables ou de mettre sa main devant son visage lorsque l'on éternue, suffisent à éviter la propagation.

Pour les virus transmis par les moustiques : une moustiquaire, un répulsif antimoustique, le port de vêtements longs et la suppression des eaux stagnantes (vases, vieux pneus), sont de bons moyen de lutte. "

Pour en savoir plus

"Les Virus", de Evelyne Moulin, collection Idée reçue, éditions Le Cavalier bleu.

Le site de l'OMS

Le site de l'Institut Pasteur

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