Bien que rarissime, le cancer du cœur peut toutefois survenir, mais à certaines conditions très précises. En effet, les cellules cardiaques ont une particularité : elles ne se divisent pas. Comment se développe la tumeur du cœur ? Quel est le pronostic pour ce type de cancer ?

Cancer du cœur : pourquoi est-il si rare ?

La formation de tumeurs au sein de l’organisme résulte d’une prolifération anormale de cellules. Or, les cellules musculaires du cœur ne peuvent pas se diviser. Cette spécificité rend, de fait, leur multiplication impossible. Le cœur bénéficie ainsi d’une protection naturelle contre le développement d'un cancer. Néanmoins, le péricarde, lui, peut être le siège d’une tumeur cancéreuse puisque cette enveloppe qui entoure le muscle cardiaque n’est pas composée de cellules cardiaques, mais de tissus conjonctifs. Le cancer primitif du cœur est par conséquent très rare. Généralement, les tumeurs sont des métastases provenant d’un autre cancer.

Tumeurs bénignes et malignes du cœur

Les cancers cardiaques sont presque toujours bénins (dans au moins 75 % des cas).

A noter : les tumeurs cardiaques de l'enfant ou du nourrisson sont dans la majorité des cas bénignes mais peuvent être responsables de mort subite par troubles du rythme ou par obstacle mécanique à la circulation du sang.

Les rares tumeurs malignes cardiaques restantes sont retrouvées dans 2 à 18 % des cas au cours d'une autopsie. Ce sont :

  • soit des sarcomes ;
  • soit plus rarement des lymphomes cardiaques.

Des métastases cardiaques pourraient se retrouver dans 10 % des cancers ayant formé des métastases, les plus susceptibles de donner des métastases au cœur étant :

Cancer du cœur secondaire

Contrairement aux cancers du cœur primitifs, les cancers du cœur secondaires font leur apparition à la suite de la propagation de cellules cancéreuses provenant d’un autre cancer présent ailleurs dans l’organisme. Les cancers qui entraînent le plus souvent des métastases cardiaques sont les cancers des bronches, du sein, les mélanomes (cancers de la peau), les leucémies et les lymphomes (cancers du sang) ainsi que les sarcomes de Kaposi (dû à un virus herpès ou au sida).

Cancer du cœur : les symptômes

Il faut savoir que près de 70 % des tumeurs qui affectent le cœur sont bénignes (hémangiome, myxome, lipome, neurofibrome…). Les tumeurs malignes, quant à elles, peuvent être de deux ordres. Tout d’abord, les tumeurs sont dites primaires lorsqu’elles prennent naissance au sein des cellules cardiaques. Elles seront considérées comme secondaires si elles constituent les métastases d’un cancer développé au sein d’un autre organe et qui se propage jusqu’au cœur. Parmi les cancers susceptibles de proliférer jusqu’au muscle cardiaque, on retrouve le cancer du poumon, le cancer du rein, le cancer de l’œsophage ou les cancers gynécologiques. Dans la majorité des cas, cette maladie rarissime se manifeste par des douleurs thoraciques, une insuffisance cardiaque, des troubles du rythme cardiaque et des pertes de connaissance (syncopes).

Tumeurs cardiaques cancéreuses : diagnostic

Pour diagnostiquer les tumeurs cardiaques cancéreuses, des examens doivent être réalisés comme :

  • l’échocardiographie,
  • la tomodensitométrie (TDM),
  • l’imagerie par résonance magnétique (IRM).

Cancers cardiaques : quels traitements ?

La prise en charge du cancer du cœur va dépendre essentiellement de sa nature et de son stade d’évolution. Ainsi, les tumeurs primitives sont généralement enlevées par opération chirurgicale, tandis que les tumeurs secondaires feront plutôt l’objet d’un traitement radiothérapeutique ou chimiothérapeutique. Le recours à la chirurgie dans ce type de cancer métastatique est souvent compliqué à envisager. Il faut savoir que lorsqu’un cancer s’est développé jusqu’au cœur, les chances de survie du patient sont extrêmement faibles. La mise en œuvre d’un programme palliatif est alors proposée afin de soulager, en premier lieu, les souffrances du malade.

Cancer du cœur : quelle évolution ?

La plupart des tumeurs cardiaques primitives sont bénignes et sont retirées par chirurgie. Des séances de chimiothérapie sont parfois préconisées afin d’éliminer la totalité des cellules anormales et de réduire les risques de récidives. Ce n’est pas le cas, en revanche, lorsqu’il s’agit d’un cancer métastasé. Là, les chances de survie du patient s’avèrent moins favorables et le pronostic vital du patient peut être très rapidement engagé. La prise en charge portera alors essentiellement sur le cancer primitif à l’origine des métastases, ainsi que sur la mise en œuvre de soins palliatifs pour soulager les douleurs du malade.

Sources

Tumeurs cardiaques cancéreuses, Par Anupama K. Rao , MD, Rush University Medical Center, octobre 2019

Troubles du cœur, Société Canadienne du cancer

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