Rythme effréné, climat social anxiogène, travail exigeant… notre quotidien stressant conduit de plus en plus de personnes à se tourner vers la médiation. Et ce n’est loin d’être une mauvaise chose. Cette pratique millénaire n’apaise pas uniquement l'esprit, elle permettrait également au cerveau d’accélérer ses rouages.

Méditer modifie les schémas cérébraux

Une nouvelle étude du centre Thomas J. Watson College of Engineering and Applied Science de l'Université de Binghamton a découvert que méditer pendant 8 semaines rend le cerveau plus rapide.

Dans le cadre de cette recherche, George Weinschenk, conférencier au département des sciences informatiques dans l’établissement et co-auteur de l’étude, a enseigné à 10 étudiants comment méditer en 2017. Les participants avaient pour consigne de pratiquer cinq fois par semaine pendant 10 ou 15 minutes. Ils devaient également tenir un journal. Des IRM cérébrales ont été, en parallèle, réalisées pendant la durée de l’expérience, soit un semestre.

Les premiers résultats, récemment publiés dans la revue Scientific Reports, montrent que l'entraînement à la méditation a conduit à une commutation plus rapide entre les deux états de conscience du cerveau : le réseau du "mode par défaut" (il s’active quand on laisse libre cours à ses pensées) et le réseau attentionnel dorsal (il fonctionne lorsque qu’on effectue des tâches exigeantes). Selon les éléments recueillis, les personnes qui méditent depuis 8 semaines parviennent à passer plus rapidement d’un état à l’autre. Par ailleurs, le maintien de la vigilance est meilleur une fois dans l'état attentif.

"Les Tibétains ont un terme pour cette facilité de basculer entre les états - ils l'appellent la souplesse mentale, une capacité qui vous permet de façonner votre esprit", a expliqué George Weinschenk. Il précise ensuite "Ils considèrent également l'objectif de concentration comme l'un des principes fondamentaux de l'auto-amélioration."

La méditation pour réduire les signes d’Alzheimer ?

L’idée de cette recherche originale pour un département des sciences informatiques est née d’une conversation informelle entre George Weinschenk qui pratique la médiation et sa voisine de bureau la professeure adjointe Weiying Dai. L’expert se rappelle : "J'ai dit : Oui, la méditation peut vraiment avoir un effet transformateur sur le cerveau. Elle était un peu sceptique, surtout quant à savoir si un court laps de temps passé à apprendre à méditer suffisait à faire la différence. Elle a suggéré que nous pourrions peut-être quantifier une telle chose avec les nouvelles technologies".

Les premières conclusions semblent donner raison à l’adepte de cette pratique millénaire. Les deux collègues n’ayant pas fini d’analyser l’ensemble des données recueillies en 2017, ils n’ont pas encore effectué de mesures sur un groupe plus important. Toutefois, Weiying Dai prévoit de lancer des recherches sur des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autisme. En effet, des hypothèses avancent que ces troubles pourraient être provoqués par des problèmes sur le réseau attentionnel dorsal.

"Je veux un groupe de personnes âgées en bonne santé, puis un autre groupe avec une maladie d'Alzheimer précoce ou une déficience cognitive légère. Je veux voir si les changements dans le cerveau causés par la méditation peuvent améliorer les performances cognitives", explique la scientifique qui cherche actuellement des fonds pour sa nouvelle expérience.

Sources

8 weeks of meditation studies can make your brain quicker, Université de Binghamton, août 2021 

https://www.newswise.com/articles/8-weeks-of-meditation-studies-can-make-your-brain-quicker

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