3 millions de seniors subissent un AVC silencieux après une opération, chaque année

Chaque année, jusqu’à trois millions de personnes de 65 ans et plus pourraient subir un AVC silencieux suite à une opération. Un problème qui augmente le risque de déclin cognitif dans les années qui suivent.

Se faire opérer n’est pas sans risque. Mais si l’on est souvent conscient des dangers potentiels d’une anesthésie générale, on ne pense pas toujours aux conséquences qui surviennent après la chirurgie.

Ainsi, trois millions de personnes âgées de plus de 65 ans subiraient chaque année un AVC silencieux, suite à leur passage au bloc. Souvent non-diagnostiqué, celui-ci peut faire des dégâts…

1 patient sur 14 a subi un AVC silencieux post-opératoire

Des chercheurs canadiens ont analysé 1 114 personnes, originaires d’Amérique du Nord et du Sud, d’Europe, d’Asie et de Nouvelle Zélande, devant subir une chirurgie non-cardiaque entre mars 2014 et juillet 2017. Résultat : un patient sur quatorze a subi un AVC silencieux post-opératoire.

D’après les scientifiques, ce type d’accident vasculaire cérébral, sans symptôme apparent, serait plus courant que les AVC classiques. “Nous avons constaté que les accidents vasculaires cérébraux ‘silencieux’ sont en réalité plus fréquents que les accidents vasculaires cérébraux manifestes chez les personnes âgées de 65 ans ou plus, qui subissent une chirurgie”, indique le Dr PJ Devereaux, co-chercheur principal de l’étude.

Mais s’il s’agit d’une attaque “silencieuse”, comment les chercheurs ont-ils pu aboutir à ces conclusions ? Dans les neuf jours suivant leur chirurgie, chaque participant à l’étude a fait une IRM, afin de rechercher des preuves d’un AVC silencieux. L’imagerie cérébrale permet, en effet, de le révéler. Ces analyses leur ont permis de découvrir que 7 % des patients - 78 sujets - ont effectivement eu une attaque.

Subir un AVC augmente les risques de déclin cognitif

L’équipe de scientifiques a ensuite suivi les patients pendant un an après leur chirurgie, afin d’évaluer leurs capacités cognitives. Ils ont découvert que, parmi les personnes ayant eu un AVC, 13 % étaient plus susceptibles de présenter un déclin cognitif, de faire un AVC classique ou un “mini-AVC” au cours de cette année. Des troubles qui pourraient être dus à une perturbation temporaire du flux sanguin dans le cerveau.

“L’étude NeuroVISION (nom donné à cette étude, ndlr) fournit des informations importantes sur l’évolution des lésions cérébrales vasculaires après une chirurgie et ajoute aux preuves, de plus en plus nombreuses, de l’importance de la santé vasculaire sur le déclin cognitif”, souligne le Dr Brian Rowe, directeur scientifique de l’Institute of Circulatory and Respiratory Health, Canadian Institutes of Health Research.

Ce dernier estime que ces résultats sont d’une grande importance, et “représentent une découverte significative qui facilitera la résolution du problème de déclin cognitif après une chirurgie”.

L’étude NeuroVISION a été menée par le Population Health Research Institute of Hamilton Health Sciences et par la McMaster University in Hamilton, et publiée dans le journal médical The Lancet.

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