Tiques indigène d’Asie : l’insecte responsable de fièvre hémorragique

Publié le 14 Décembre 2018 par Claire Ménage, journaliste santé
Une nouvelle espèce de tique serait responsable de fièvres hémorragiques potentiellement mortelles, annonce les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) des Etats-Unis, dans un rapport publié le 30 novembre 2018. 
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Des chercheurs américains s'inquiètent de la présence grandissante d’une espèce de tique appelée "tique indigène d’Asie" jusqu'ici absente du territoire. Les résultats de ce rapport publié le 30 novembre 2018 par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC, Etats-Unis) révèlent qu’elle serait le vecteur de pathologies potentiellement mortelles. En Chine et au Japon où la tique était déjà implantée depuis quelques années, les scientifiques affirment qu’elle est responsable de la transmission du virus du syndrome de thrombocytopénie (SFTSV) qui provoque une fièvre hémorragique chez l'homme, et de celle de Rickettsia japonica, responsable de la fièvre jaune japonaise. Cette espèce est présente dans l'Est de la Chine, au Japon, en Corée et dans l'Est de la Russie. Elle s'est établie également en Australie, en Nouvelle Zélande et dans plusieurs îles du Pacifique. Cette tique a été plus récemment retrouvée accrochée à la peau d'un mouton en 2017 dans l'Etat du New-Jersey (USA), puis a été détectée depuis dans huit autres Etats (Connecticut, Maryland, New Jersey, New York, North Carolina, Pennsylvania, Virginia, West Virginia et Arkansas) sur des animaux domestiques, des animaux sauvages et même deux êtres humains. "Aucun transmission homme-animal n’a été décelée pour l’instant", indique le rapport du CDC.

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Capable de pondre 2 000 oeufs en une seule fois

"Les caractéristiques biologiques de cette espèce ne permettent qu’à seule une tique femelle introduite de générer une descendance sans accouplement. Ce qui entraîne une infestation massive de l’hôte" explique l’étude. Sachant qu’une femelle peut pondre jusqu’à 2 000 œufs en une fois. En Nouvelle-Zélande et en Australie, la tique peut engendrer une réduction de 25% de la production de bovins laitiers. Lyle Petersen, directeur du département des maladies vectorielles au CDC s’inquiète, "nous ne savons vraiment pas si cette tique va transmettre des maladies sur le sol américain, et si c’était le cas, dans quelle mesure. Mais il est très important que nous nous en rendions compte très vite". Il est encore impossible de savoir depuis combien de temps cette tique est entrée sur le territoire américain. Cependant, en 2017, elle avait été interceptée au moins 15 fois sur des animaux et du matériel importés. Elle a été à chaque fois identifiée soit d'après leurs caractéristiques morphologiques par les services vétérinaires du Département de l'Agriculture américain (USDA) soit par l'analyse de leur ADN.

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Les autres maladies que peuvent transmettre la tique Borrélia

En France, la tique la plus répandue est la tique Borrélia. Elle est également à l'orgine de la transmission de plusieurs maladies :

  • Maladie de Lyme ou "Borréliose de Lyme" si elles ont été infectées par la bactérie Borrélia. Dans le mois suivant la morsure, la personne remarque la présence d'une plaque rouge circulaire qui s'agrandit, on parle d'érythème migrant, d'une fièvre, de maux de tête ou encore d'une grande fatigue. Si l'érythème disparait ensuite, des complications neurologiques et rhumatologiques surviennent généralement au fil des années.
  • Méningo-encéphalite. Elle est surtout fréquente dans les pays nordiques mais existe en France. Des cas ont déjà été enregistrés dans les Vosges et en Lorraine. Cette maladie est due à un arbovirus qui affecte le système nerveux central. Il n'existe aucun traitement spécifique. Les symptômes ressemblent à une grippe au départ et il peut y avoir des complications neurologiques et psychiques. Dans 1 à 2% des cas, elle évolue vers la mort.
  • Fièvre boutonneuse. Ce sont les tiques Rhipicephalus (ou "tiques du chien") qui sont infectées par la bactérie Rickettsia conorii. La maladie est virale et particulièrement fréquente dans les zones périméditerranéennes. Elle se traduit par l'apparition de papules sur la peau. La guérison intervient 8 à 10 jours après la piqûre.
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