Une activité très bénéfique pour le cerveau

D’après les scientifiques, lire pouvait réveiller de nouvelles zones intellectuelles, ce qui permettrait au cerveau de rester en pleine forme jusqu'à un âge avancé.

"Si l'on acquiert la capacité de lire et d'écrire, cela permet d’avoir des activités stimulantes sur le plan cognitif", a déclaré Miguel Arce Renteria, du centre médical universitaire de Columbia.

Ainsi, selon les chercheurs, cette activité serait très bénéfique pour le cerveau et permettrait de s’instruire à faible coût. Mieux encore, lire régulièrement “pourrait conférer une protection au cerveau et atténuer ainsi les effets de la démence.”

Ces travaux, publiés dans la revue Neurology, se sont basés sur l’étude de 983 personnes âgées. Tous avaient plus de 65 ans et avaient été scolarisés pendant moins de 4 ans.

Deux groupes ont été formés : le premier constitué de 237 sujets ne sachant ni lire ni écrire, et le second, de 746 personnes alphabétisées.

Au début de l'étude, 35% des analphabètes (82 sur 238) étaient atteints de démence, contre 18% (137 sur 743) des participants alphabètes.

Après deux ans de suivi, des examens médicaux et des tests de mémoire réguliers, les auteurs ont observé que les participants ne sachant ni lire ni écrire avaient plus de risques de développer une démence que les autres (48% contre 27%).

À la fin de l’étude, les participants illettrés étaient trois fois plus susceptibles de présenter une démence que les participants alphabétisés.

Toutefois, il est impossible de dire avec certitude que l'alphabétisation élimine la démence. Cependant, le Dr Arce Renteria a déclaré que “ces résultats fournissent une preuve du lien fort qui existe entre la lecture et la prévention d'Alzheimer”.

“De nombreuses recherches montrent déjà que plusieurs années d’éducation (école, études…) protègent les personnes contre le développement de la démence”, a-t-il ajouté.

"Des résultats similaires suggèrent que des niveaux de lecture plus élevés pourraient peut-être avoir un avantage."

Alzheimer : qu’est-ce-que c’est ?

Rare avant 65 ans, la maladie d’Alzheimer se manifeste d’abord par des pertes de mémoires, suivies au cours des années par des troubles cognitifs plus généraux et handicapants.

Parmi les cas survenant chez les moins de 65 ans, 10% concernent des personnes atteintes de formes familiales héréditaires de la maladie.

Après cet âge, la fréquence de la maladie s’élève à 2 à 4% de la population générale. Elle augmente rapidement pour atteindre 15% de la population à 80 ans.

Ainsi, environ 900 000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer aujourd'hui en France. Elles devraient être 1,3 million en 2020, compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie.

Les femmes âgées semblent plus exposée s puisque, sur 25 malades, 10 sont des hommes et 15 des femmes, mais cette différence pourrait être liée aux écarts d’espérance de vie.

Les facteurs de risque de la maladie

Le principal facteur de risque de maladie d’Alzheimer est l’âge : l’incidence de la maladie augmente après 65 ans et explose après 80 ans.

L’environnement joue également un rôle important. Des facteurs de risque cardiovasculaires (diabète, hypertension, hyperlipidémie) non pris en charge à l’âge moyen de la vie sont par exemple associés à une survenue plus fréquente de la maladie, sans que l’on sache encore par quels mécanismes.

La sédentarité est un autre facteur de risque, ainsi que les microtraumatismes crâniens constatés chez certains sportifs ou encore des anesthésies répétées.

À l’inverse, le fait d’avoir fait des études et d’avoir eu une activité professionnelle stimulante ainsi qu’une vie sociale active, semble retarder l’apparition des premiers symptômes et leur sévérité.

Dans ces conditions, le cerveau bénéficierait d’une "réserve cognitive" qui permet de compenser, au moins pour un temps, la fonction des neurones perdus. Cet effet serait lié à la plasticité cérébrale, un phénomène qui traduit l’adaptabilité permanente de notre cerveau.

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