Alzheimer : votre conduite au volant pourrait alerter

Publié le 01 Août 2018 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Dans une récente étude, des chercheurs français ont observé que les personnes au stade léger de la maladie d'Alzheimer avaient un comportement particulièrement dangereux au volant, encourageant ainsi le développement de systèmes d'assistance à la conduite pour les aider.
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© IstockLa conduite est un exercice difficile car il sollicite bon nombre de compétences notamment cognitives, perceptives et motrices. Ainsi, une bonne mémoire, une attention rigoureuse et une bonne perception de l'espace sont autant de qualités requises pour prendre le volant mais également affectées chez les personnes atteintes d'Alzheimer. Un comportement dangereux en voiture pourrait alors être révélateur de la maladie, comme l'ont observé des chercheurs français au cours d'une étude publiée le 30 mai 2018 dans la revue Journal of Alzheimer's Disease.

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Malades d'Alzheimer au stade précoce : deux fois plus de chance de faire un accident au volant

L'étude consistait à analyser le comportement d'autorégulation au volant chez des individus au stade précoce de la maladie d'Alzheimer. Le panel était constitué de 20 patients ainsi que de 21 personnes en bonne santé. Des caméras ont été placées derrière le rétroviseur de chaque conducteur. Deux psychologues étaient en charge d'évaluer leurs performances au volant, c'est-à-dire leur capacité à adapter leur vitesse, le respect des distances de sécurité, les changements de voie ainsi que l'anticipation. Ils prêtaient par ailleurs une attention toute particulière aux éventuels accidents et accrochages.

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Les résultats sont probants : le comportement d'autorégulation en question s'est avéré moins bon chez les personnes malades, qui ont également eu deux fois plus d'accidents et d'accrochages que les individus sains. Sans surprise, ceux qui avaient le comportement le plus à risque au volant ont eu les accidents et les accrochages les plus graves.

Diagnostic de la maladie d'Alzheimer : être attentif au comportement au volant

Plus inquiétant encore, l'étude révèle que deux tiers de ces situations n'ont pas été vécus de manière consciente, ce qui signifie que le conducteur n'a eu aucune réaction au moment des faits. Bien que le panel soit restreint, les résultats sont assez significatifs pour que l'on puisse conseiller à l'entourage d'être attentif à la conduite d'une personne susceptible d'être atteinte par la maladie d'Alzheimer, qui touche quelque 900 000 personnes en France, et ainsi aider au diagnostic. Ces travaux mettent également en avant l'idée de développer des systèmes d'assistance à la conduite pour aider les conducteurs souffrant de troubles cognitifs légers.

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