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Pour vous, les boissons alcoolisées riment avec volupté et convivialité ? Malheureusement, elles riment aussi avec décès. Au cours des deux dernières décennies, la consommation d’alcool par personne a augmenté de 8 % en moyenne, et le nombre de morts liées à ces breuvages a plus que doublé, révèle une étude du NIH, publiée dans Alcoholism: Clinical and Experimental Research.

Un million de décès liés à l’alcool aux USA, entre 1999 et 2017

Le nombre total de décès dus à l’alcool aux États-Unis a atteint 72 558 en 2017, contre 35 914 en 1999, indique un rapport du National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIH). En dix-huit ans, près d’un million de personnes ont ainsi perdu la vie. Environ un tiers de ces morts serait lié à une maladie du foie, et 18 % à une surdose. Au total, l’alcool représentait 2,6 % des causes de décès en 2017, aux USA.

Les décès sont plus nombreux chez les seniors, mais augmentent plus vite chez les jeunes

Ce sont les personnes âgées de 45 à 74 ans qui présentent le taux de décès liés à la boisson le plus élevé : celui-ci est quatre fois plus élevé que chez les plus jeunes. Mais au fil des ans, la mortalité chez les 25-34 ans augmente de plus en plus rapidement (+ 5,9 % par an). Chez ces derniers, les “morts de désespoir”, liées aux surdoses, aux cirrhoses et aux suicides sont particulièrement importants.

Entre 1999 et 2015, le nombre de passages aux urgences dus à l’alcool a augmenté de 76 %. Et il semblerait que les femmes sont plus nombreuses à s’être rendues à l’hôpital pour des maladies liées à la boisson - même si le rôle de l’alcool n’est pas toujours clair lorsqu’il s’agit de remplir un certificat de décès, ce qui rend difficile de mesurer l’impact total de la consommation d’alcool sur la mortalité.

Les décès liés à l’alcool ont augmenté de 85 % chez les femmes

Si les hommes sont encore les plus gros buveurs, la mortalité liée à l’alcool augmente néanmoins plus rapidement chez les femmes. Entre 1999 et 2017, celle-ci a grimpé de 85 % chez ces dernières, contre “seulement” 39 % chez les individus de sexe masculin, selon cette même étude.

Cette croissance semble exponentielle chez les femmes, puisqu’elle était de 2,1 % par an entre 1999 et 2010, avant de passer à 5,2 % par an entre 2010 et 2017. On constate également un rajeunissement de la population concernée. À l’époque, les décès étaient plus importants chez lez femmes âgées de 65 à 74 ans. Désormais, ce sont les 55-64 ans qui sont en tête, suivies de près par les 45-54 ans.

Maladies liées à l’alcool : les femmes sont plus à risque

“La hausse rapide des décès liés à l’alcool chez les femmes est troublante. Elle correspond à l’augmentation de la consommation d’alcool chez les femmes au cours des dernières décennies”, précise George Koob, directeur de l’Institut.

En effet, la prévalence de la consommation d’alcool a augmenté de 10,1 % chez les femmes, et celle de la consommation excessive d’alcool, de 23,3 % - alors qu’elles sont restées inchangées chez les hommes.

L'étude a également révélé que les femmes étaient plus à risque de développer une maladie cardiovasculaire, mais aussi certains cancers, des maladies hépatiques ou encore une insuffisance hépatique aiguë due à une consommation excessive d'alcool.

L’alcool : une charge supplémentaire pour la santé publique

L’alcool : une charge supplémentaire pour la santé publique© Istock

“Ce rapport est un signal d’alarme face à la menace croissante que représente l’alcool pour la santé publique”, affirme le Dr Koob, dans un communiqué. “Les décès liés à l’alcool, incluant les blessures, les surdoses et les maladies chroniques, augmentent dans une large frange de la population”.

Ces chiffres ont de quoi inquiéter, au regard de la croissance démographique annoncée. “Même si les taux de consommation d’alcool et de méfaits liés à l’alcool restent les mêmes, le nombre d’hospitalisations et de décès liés à la boisson pourraient croître considérablement, augmentant ainsi la charge globale de l’alcool sur la santé publique”, indiquent les auteurs de l’étude.

Les décès liés à l’alcool pourraient être encore plus nombreux

En outre, les scientifiques rappellent que des études antérieures ont montré que le rôle de l’alcool dans la mortalité était largement sous-estimé. Étant donné que la présente étude n’a examiné que les certificats de décès des patients, le nombre réel de décès liés la boisson en 2017 pourrait donc amplement dépasser les 72 558 indiqués dans le rapport.

Le Dr Koob précise : “Dans l’ensemble, les résultats de cette étude et d’autres travaux suggèrent que les méfaits liés à l’alcool augmentent sur plusieurs niveaux, qui vont des visites aux urgences et des hospitalisations jusqu’aux décès”.

“Nous savons que la responsabilité de l’alcool n’est pas toujours indiquée sur les certificats de décès. Une meilleure surveillance du rôle de la boisson dans la mortalité est essentielle pour mieux comprendre l’impact de l’alcool sur la santé publique, et y remédier”, conclut l’expert.

Les méfaits des drogues, en 2010

Les méfaits des drogues, en 2010© Creative Commons

© CC / Melikamp - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en

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Sources

Alcohol-related deaths increasing in the United States, National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, 8 janvier 2020. 

mots-clés : Décès prématuré
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