Vincent Lambert : un an après sa mort, sa mère s'exprime "On a supprimé mon fils"

Un an après la mort de son fils, la mère de Vincent Lambert s'avère inconsolable. Pour elle, on a tué son fils, alors "qu'il n'était pas en fin de vie".
Vincent Lambert : un an après sa mort, sa mère s'exprime © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia CommonsCreative Commons
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Le 11 juillet dernier, Vincent Lambert mourrait au CHU de Reims, après avoir passé 11 ans dans un état végétatif, suite à un grave accident de la route.

Une victoire pour Rachel Lambert, l'épouse du malade, qui considérait son maintien en vie comme de "l'acharnement thérapeutique".

À l'inverse, les parents de Vincent - fervents catholiques - étaient farouchement opposés à l'arrêt des soins, et considèrent cet acte comme un "crime d'État".

Viviane Lambert admet notamment "ne pas réussir à faire le deuil" de son fils. Elle se livre à ce sujet dans une interview accordée à France info.

"Jamais je n'accepterai qu'on ait tué mon enfant"

Après plus de dix ans de bataille judiciaire, la Cour de cassation avait tranché en faveur de la femme de Vincent Lambert, de son neveu et de la plupart de ses frères et sœurs, qui souhaitaient stopper les traitements.

Le 2 juillet 2019, l'établissement hospitalier avait alors placé le malade sous "sédation profonde et continue", cessant dans le même temps, et pour la troisième fois, de l'hydrater et l'alimenter.

Une décision, qui a profondément marqué les parents de Vincent Lambert.

On a vu notre fils agoniser pendant ces nombreux jours, on l'a vu râler, on l'a vu suffoquer et ça, c'est abominable, déplore Viviane Lambert à France info.

Elle ajoute en "rêver toutes les nuits" et se dit en dépression depuis la mort de son fils, assurant qu'on l'a supprimé alors "qu'il n'était pas en fin de vie", ni même en état de mort cérébrale.

Révoltée, elle précise que même s'il n'y avait pas d'amélioration, "on ne jette pas les gens comme un Kleenex !".

Toutefois, la mort de Vincent apporte une once d'apaisement aux parents, après des années d'une bataille judiciaire qui a déchiré sa famille.

Aujourd'hui, je me dis qu'il est parti dans un meilleur monde. J'ai la foi, je n'ai pas honte de le dire. On nous a assez critiqué parce qu'on avait la foi. On nous a traités d'intégristes, mais voyez, j'ai l'espérance.

Cette catholique pratiquante regrette toutefois la tournure qu'ont pris les événements, alors que leur famille était, par le passé, très unie. Elle et son mari, auraient préféré que "ça se passe beaucoup mieux".

Le couple Lambert souhaite renouer avec leurs proches

Profondément marqué par cette violente division avec leurs proches, le couple souhaite désormais renouer avec leurs enfants et petits-enfants.

La mère de Vincent Lambert se dit même prête "à leur pardonner, mais pour pardonner, il faut qu'on nous demande pardon aussi. Mais je suis prête, ma porte est ouverte (...) Je suis leur maman. Je les aime".

Elle espère les voir notamment "avant son dernier voyage, pour les embrasser tous et être comme avant avec eux".

En attendant, même si Vincent Lambert est décédé il y a déjà un an, l'affaire familiale n'est pas pour autant terminée sur un plan judiciaire.

Les parents, qui ont fait appel en janvier dernier, de la relaxe du Dr Sanchez, médecin de Vincent Lambert qu'ils poursuivaient pour "non-assistance à personne en danger".

D'après l'Agence France-Presse (AFP), le recours sera examiné le 11 septembre prochain par la Cour d'appel de Reims.

"Le Dr Sanchez ne peut plus être condamné pénalement mais il peut encore payer des dommages et intérêts", a précisé Mr Jean Paillot, l'un des deux avocats des parents Lambert.

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