Patient en ALD : fin du 100 % pour certains médicaments

Publié par Edouard Korvaul
le 24/04/2026
pharmacie
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Un décret publié ce 17 avril réduit drastiquement le remboursement de certains médicaments, y compris pour les personnes en ALD (affection longue durée). Jusqu’ici remboursés à 100 %, ces médicaments ne seront pris en charge qu’à hauteur de 15 % dans quelques mois.

Dès le 1er octobre 2026, le remboursement intégral des médicaments à service médical rendu faible prend fin pour les patients en affection de longue durée. Actée par un décret publié au printemps 2026, cette réorganisation du système de santé modifie en profondeur la couverture des malades chroniques. Cette décision réglementaire redéfinit les contours de la prise en charge pour les traitements jugés les moins indispensables, ce qui impose une nouvelle réalité financière aux assurés sociaux pour leurs dépenses pharmaceutiques quotidiennes.

Le décret du 17 avril 2026 : une rupture pour les patients en ALD

Historiquement, les personnes souffrant d'une Affection de Longue Durée (ALD) bénéficiaient d'une prise en charge totale couvrant l'ensemble des soins inhérents à leur pathologie. Qu'il s'agisse de consultations, d'examens biologiques ou de produits de santé, l'exonération du ticket modérateur garantissait un accès aux soins sans barrière financière. Cette sécurité se termine définitivement le 1er octobre 2026 pour une catégorie spécifique de traitements. À partir de cette échéance, les médicaments dont le service médical rendu (SMR) est officiellement qualifié de "faible" voient leur taux de couverture chuter drastiquement à 15 %.

Selon le décret paru au Journal officiel, cette disposition replace les malades chroniques dans le droit commun pour ces prescriptions précises, autrement dit, ils sont soumis aux mêmes remboursements que les autres assurés. L'Assurance Maladie supprime ainsi l'avantage protecteur du 100 %. Cette modification n'est pas anecdotique, puisqu'elle impacte directement près de 14 millions de Français actuellement inscrits dans le dispositif des ALD.

Service médical rendu "faible" : quels médicaments sont concernés ?

La Commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) évalue l'utilité clinique de chaque molécule en examinant son efficacité réelle, ses effets indésirables potentiels et son intérêt global pour la santé publique. Les traitements ciblés par cette baisse de remboursement englobent principalement les produits dits de confort ou à efficacité thérapeutique modérée. Sont notamment visés des médicaments très courants, à l'image des antispasmodiques comme le Spasfon®, des antiacides pour les brûlures d'estomac tels que le Gaviscon®, ou encore des crèmes émollientes largement prescrites pour les affections cutanées comme le Dexeryl®.

D'autres classes thérapeutiques figurent dans ce périmètre restrictif. Les veinotoniques recommandés pour les troubles circulatoires, certains sirops antitussifs et des traitements ciblant des troubles digestifs légers entrent pleinement dans cette catégorie. Le texte gouvernemental préserve néanmoins la gratuité pour les autres médicaments : les traitements de fond dotés d'un SMR majeur ou important conservent leur prise en charge à 100 %. Le paracétamol, médicament le plus prescrit en France, maintient un taux supérieur en raison de son utilité clinique démontrée au quotidien.

Conséquences pour le budget des malades : un nouveau reste à charge

La réduction de la part couverte par la Sécurité sociale engendre une augmentation inévitable des frais de santé réguliers. Pour chaque boîte délivrée en officine, 85 % du prix repose dorénavant sur les épaules de l'assuré ou de sa complémentaire santé. Or, les mutuelles n'absorbent pas systématiquement le ticket modérateur des médicaments remboursés à 15 %, jadis identifiables par leur vignette orange. Ce désengagement fréquent des contrats de santé expose les patients à régler l'intégralité du produit de leur poche.

Bien que le tarif unitaire de ces spécialités pharmaceutiques oscille généralement entre 2 et 6 euros, la répétition des prescriptions pèse lourdement sur les finances des patients polypathologiques. Ces malades consomment fréquemment plusieurs de ces traitements d'appoint chaque mois, générant un surcoût mensuel pénalisant. Dénonçant cette nouvelle politique, l'organisation France Assos Santé s'alarme d'une mesure qui "cible les assurés présentant des besoins d'accompagnement les plus importants". Les malades devront désormais solliciter leur médecin traitant pour identifier des alternatives bénéficiant d'un meilleur taux de remboursement.

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