L'ANSM alerte sur ce médicament : attention au dosage quand vous le prenez à la maison

Publié par Edouard Korvaul
le 18/04/2026
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L’Agence nationale de sécurité du médicament alerte cette semaine sur le Mektovi, un anticancéreux dont la coexistence de deux dosages expose les patients à un risque grave de surdosage à domicile.

Le Mektovi (binimétinib) est un traitement ciblé prescrit pour lutter contre certains mélanomes et cancers bronchopulmonaires non à petites cellules. Les autorités sanitaires ont constaté une augmentation inquiétante des confusions lors de la prise de ce médicament chez soi et publié un bulletin d’alerte le 16 avril visant à rappeler les bonnes pratiques pour sécuriser les soins.

Mektovi : un nouveau dosage source d'erreurs

L'alerte officielle émise par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vise spécifiquement le binimétinib, commercialisé sous le nom de Mektovi. Historiquement, ce traitement de pointe prescrit aux adultes était uniquement disponible sous un dosage de 15 mg. Or, une nouvelle présentation trois fois plus concentrée, dosée à 45 mg, a été introduite sur le marché. Depuis cette récente commercialisation, les autorités sanitaires recensent au moins 7 cas d’erreurs médicamenteuses inquiétantes. Ces incidents documentés proviennent soit d'une mauvaise délivrance initiale au comptoir de la pharmacie, soit d'une confusion directe du malade concernant le nombre exact de pilules à avaler chaque jour. Face à ces signalements, le laboratoire fabricant insère désormais un courrier d'alerte dans les cartons livrés aux officines pour forcer une double vérification systématique.

Comprendre le risque de surdosage

La posologie standard recommandée pour combattre efficacement la maladie est fixée à 90 mg par jour. Toutefois, le mode d'administration quotidien varie radicalement selon la boîte qui vous est délivrée. Avec le format initial de 15 mg, le schéma thérapeutique impose une discipline stricte : il faut prendre 3 comprimés le matin et 3 comprimés le soir. À l'inverse, la nouvelle version de 45 mg allège cette routine puisqu'elle nécessite d'avaler un seul comprimé le matin et un seul le soir. Le danger d'intoxication survient lors d'une substitution mal expliquée ou mal comprise. Si une personne maintient sa vieille habitude d'ingérer trois pilules à chaque prise mais avec le nouveau dosage, elle absorbe une dose massivement toxique pour son métabolisme, multipliant par trois la quantité prescrite.

Surdosage : les conséquences graves sur l'organisme

Avaler une dose excessive de ce principe actif entraîne de lourdes complications médicales très rapidement. L'ANSM met particulièrement en garde contre des atteintes hépatiques et pancréatiques sévères. Une erreur de prise déclenche parfois une cytolyse hépatique, c'est-à-dire une destruction accélérée et anormale des cellules du foie. Le système digestif subit aussi une violente inflammation du pancréas, souvent détectable par une hausse soudaine du taux de lipase dans le sang. Par ailleurs, les malades s'exposent à des troubles visuels majeurs, notamment le décollement séreux rétinien. Cette grave accumulation de liquide sous la rétine altère le fond de l'œil et provoque une vision irrémédiablement floue ou déformée. De fortes nausées persistantes ainsi qu'une fatigue extrême font également partie des signaux physiques qui doivent vous alerter lors de ces intoxications involontaires.

Cancer : comment sécuriser la prise de votre traitement ?

Pour limiter ces graves accidents domestiques, vous pouvez différencier rapidement les comprimés dans le pilulier : les anciennes pilules de 15 mg sont jaunes, tandis que le nouveau dosage de 45 mg affiche une couleur blanche très nette. Lors de votre renouvellement d'ordonnance en officine, prenez le temps de demander au pharmacien de confirmer la quantité exacte à ingérer. Les professionnels de santé ont d'ailleurs la consigne d'inscrire la posologie de manière très lisible sur l'emballage en carton. Surtout, ils ne doivent jamais modifier le dosage initial sans un accord formel et direct du médecin prescripteur. Si vous observez une anomalie chromatique ou numérique dans votre traitement, ne modifiez jamais la prise vous-même. Mettez la boîte de côté et consultez immédiatement votre équipe soignante au moindre doute.

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