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Le post-partum est classiquement défini comme la période qui fait suite à l’accouchement. Il s’étend jusqu'à ce que l’on appelle le "retour de couches", qui survient autour de six semaines après la naissance du nouveau-né. “Cette période inaugure de grands changements pour la mère, tant sur le plan psychologique que physique”, énonce le Dr Sébastien Garnero, docteur en psychologie et sexologue clinicien.

Cette phase d’adaptation peut être ressentie de façon encore plus intense pour les femmes qui viennent de mettre au monde leur premier enfant. Durant la grossesse, une symbiose s’est progressivement installée entre le bébé et la mère, donnant à cette dernière le sentiment qu’ils ne font qu’un. “Au moment de la délivrance, une césure nécessaire s’effectue”, précise le spécialiste. Fatiguée par l’accouchement, la jeune maman ressent aussi un besoin de récupération intense sur les plans physique et psychique, qui est parfaitement normal.

Baby blues : une phase de transition et d’adaptation

Durant les premières semaines qui suivent l’accouchement, environ la moitié des femmes traversent ce que l’on appelle le “baby blues”. Celui-ci se manifeste comme un grand « passage à vide », la jeune maman se sent particulièrement vulnérable, extrêmement fragile et fatiguée. “Elle subit également des changements d’humeur importants et une hypersensibilité émotionnelle”, décrypte Sébastien Garnero.

Parmi les principaux symptômes du baby-blues, qui varient en intensité et en fréquence d’une personne à l’autre, le psychologue cite :
des pleurs soudains et crises de larmes ;

  • un sentiment de tristesse ;
  • une humeur dysphorique et changeante ;
  • une irritabilité ;
  • une anxiété ;
  • une hypersensibilité exacerbée ;
  • des difficultés de concentration ;
  • des troubles du sommeil ;
  • une modification de l’appétit.

“Ces symptômes débutent le plus souvent entre le troisième et le cinquième jour après l’accouchement et durent entre dix et quinze jours, avant de se résorber d’eux-mêmes”, explique l’expert. Le baby blues n’est pas pathologique en soi, mais correspond plutôt à une phase de transition et d’adaptation au nouveau rôle maternel. “Bien entendu, l’écoute, le soutien du père, et des ressources familiales, les conseils des médecins obstétriciens et des sages-femmes, vont permettre un rétablissement plus rapide et rassurer la mère dans ses capacités à comprendre les appels de son bébé et à y répondre efficacement”.

Du baby blues à la dépression post-partum

Parfois, néanmoins, cette période perdure au-delà de 15 jours et peut même s’intensifier. “La vigilance est donc de mise, afin de pouvoir aider cette maman en difficulté psychique”, avertit le Dr Garnero. Car, pour 10 % des femmes environ (20 % si l’on élargit à la forme légère à mineure de ce trouble), une véritable dépression maternelle succède au baby blues. On la connaît sous le nom de dépression postnatale ou du post-partum.

“Contrairement au baby blues, la dépression du post-partum s’étale dans le temps, avec des symptômes qui durent plus de deux semaines, qui sont souvent plus sévères et vont interférer dans le quotidien de la mère et de son enfant”, indique le psychologue clinicien. Les principaux étant :

  • l’anxiété ;
  • la tristesse ;
  • les pleurs ;
  • l’humeur dysphorique ;
  • la mélancolie ;
  • les troubles du sommeil ;
  • les troubles de l’alimentation ;
  • la rumination ;
  • les obsessions ;
  • le sentiment d’inutilité et d’incompétence ;
  • les inquiétudes et angoisses permanentes autour de la santé physique du bébé.

Ce type de dépression du post-partum ne fait pas toujours directement suite au baby blues ; elle peut apparaître aux alentours du deuxième ou troisième mois, et même jusqu’à six mois après la naissance de l’enfant.

Psychose du post-partum : une pathologie rare, mais grave

“Une autre pathologie plus grave peut survenir de façon extrêmement rare : la psychose puerpérale ou psychose du post-partum. Elle concerne environ 1 femme sur 1000”, indique le Dr Garnero. Ce trouble psychiatrique se caractérise par des symptômes particulièrement intenses et très sévères, qui se manifestent soit directement après l’accouchement, soit dans le mois qui suit.

“Plusieurs phases se succèdent : phase d’extrême fatigue, phase de confusion mentale, phase de délire sur un versant paranoïde et/ou bipolaire le plus souvent”, détaille le spécialiste. Il s’agit d’une pathologie psychiatrique nécessitant une prise en charge hospitalière pour éviter tout risque de décompensations plus importants. Cela afin de protéger la mère et l’enfant d’éventuels passage à l’acte dans une phase délirante ou hallucinatoire”.

Dépression post-partum : quelles solutions ?

Comme il s’étend sur une période extrêmement brève, le baby blues n’entraîne aucune répercussion notable sur la mère ou l’enfant. La dépression post-partum, en revanche, peut altérer la relation entre les deux sujets. “La mère étant trop préoccupée par elle-même, du fait de ses symptômes anxio-dépressifs, tout l’enjeu sera de rétablir des interactions positives et de qualité entre elle et son bébé”, souligne Sébastien Garnero. Il est aussi très important qu’elle puisse prendre confiance en ses capacités à être une “bonne mère”.

Entre suivi psychologique et soutien familial

Le rétablissement passe par un suivi psychologique mère-enfant. "De même, associer le père au suivi, dans le cadre de consultations de "guidances parentales" assurées par un psychologue clinicien, est indispensable pour assurer cette continuité", insiste l’expert. Le rôle du père est d’ailleurs essentiel dans sa fonction d’étayage et de soutien, dans cette nouvelle configuration du foyer.

Bien entendu les ressources familiales et l’entourage amical représentent également des aides et un soutien tout aussi important que le suivi médical et psychologique. L’aide de l’entourage permettant de faciliter le quotidien des jeunes parents et l’installation du lien mère-enfant - et ce, dans tous les cas de figure, autrement dit, même en l’absence de dépression postnatale.

En cas de psychose, un traitement psychiatrique est nécessaire

“Pour le cas rarissime de la psychose puerpérale, il s’agira dans un premier temps d’assurer un suivi psychiatrique au sein d’une unité hospitalière spécialisée mère-enfant. Puis, après le rétablissement, une continuité de soins psychiques dispensée en ambulatoire par un psychiatre ou un psychologue clinicien spécialisé, sera une aide précieuse pour le couple et le tout petit dans cette phase de stabilisation de la famille”, conclut le thérapeute.

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Sources

Merci à Sébastien Garnero, DR Psychologie, Psychologue clinicien, Sexologue, Hypnothérapeute, Psychothérapeute, Enseignant à l'université de Paris 5. 

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